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Ces morts abandonnés?

20 janvier 2008, 00:00

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Ces morts abandonnés?

Cela fait douze jours que le corps de Guy-Michel Antoine, 67 ans, gît dans un tiroir maintenu à 4 °C, à la morgue de l?hôpital SSRN à Pamplemousses. Le cadavre de cet habitant de la Cité CHA, à Terre-Rouge, a été découvert à son domicile, dans un stade avancé de décomposition. Après l?autopsie, la police a lancé un appel pour que ses proches viennent le récupérer. Mais à ce jour, personne en vue.

Le vieil homme vivait seul dans sa modeste maison. Ses voisins se souviennent qu?il faisait de menus travaux pour subvenir à ses besoins. Il était tour à tour marchand ambulant au marché central, et veilleur de nuit temporaire dans une entreprise de concassage.

Les autorités ne savent plus quoi faire, et le corps risque de représenter un danger pour la santé publique dans pas longtemps. Même s?il n?y a aucune loi précisant jusqu?à quand la dépouille sera conservée à la morgue, c?est un fait que l?on ne peut occulter. Les tiroirs conservent les corps à 4 °C, mais cela ne signifie pas qu?ils ne se décomposent pas. Et s?il y a une panne d?électricité, ce processus s?accélérera. Si bien que des annonces pour retrouver les proches du défunt se multiplient mais restent? lettre morte.

Le Chief Police Medical Officer, le Dr Satish Boolell, affirme qu?il existe plusieurs raisons pour expliquer qu?on ne vienne pas récupérer le corps d?un parent. « Certaines personnes étaient des SDF qui avaient coupé tout contact avec leurs proches. Elles sont parfois sans papiers, ce qui rend leur identification difficile. » Et pour Guy-Michel Antoine, s?agissait-il d?un homme qui n?avait aucune famille ?

Dans ce cas, c?est l?État qui se chargera de ses funérailles lorsque le corps ne pourra plus être conservé. Il sera alors enterré au cimetière de Bois-Marchand.

« L?année dernière, l?État a effectué plusieurs enterrements de ce genre et ce n?est pas donné », confirme un policier. Certains estiment que les proches ne se manifestent pas en raison des coûts prohibitifs des funérailles. « Ils laissent alors l?État prendre en charge cette dépense onéreuse dont ils se passeraient bien », explique un fin observateur.

Mais dans certains cas, la famille surgit comme par enchantement, surtout quand le défunt a laissé un compte en banque bien garni. « Il y a eu un cas où personne ne réclamait le corps d?un homme d?un certain âge. Puis, l?enquête a révélé que le défunt avait Rs 100 000 sur son compte. Ce qui a attiré des proches qui se sont alors présentés à la morgue pour prendre le corps et plus tard, partager le pactole », se souvient le Dr Boolell.

On se demande encore ce qu?il adviendra de Guy-Michel Antoine? Pourra-t-il bientôt reposer en paix ?

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