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Ces Mauriciens professeurs d?anglais pour des Français
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Ces Mauriciens professeurs d?anglais pour des Français
Quatre-Bornes. 11 h 50. Et pourtant, l?horloge au bas de l?écran d?ordinateur d?Elizabeth Tam indique, lui, 08 h 50. Non pas que l?ordinateur débloque. Juste que l?heure française rythme les journées d?Elizabeth depuis plus d?un an maintenant. Depuis que la jeune fille donne des cours d?anglais en ligne pour le compte de World Wide Speaking, filiale du N°1 français de l'enseignement des langues en entreprises.
Ses élèves ? Des français justement. Jeunes et moins jeunes pour qui la langue de Shakespeare est un outil de travail. Des français avec qui, si pour les besoins d?explications, Elizabeth peut converser en français. «L?avantage de Maurice, c?est qu?on y trouve des profs bilingues: c'est idéal pour les débutants francophones», avance Brenda Simms, la responsable de recrutement et de la formation des professeurs. Les cours durent trente de minutes à raison de deux ou trois cours hebdomadaires. Le professeur et l?élève communiquent au téléphone. L?élève a la possibilité de suivre les directives sur internet également. Le nombre d?heures du programme dépend du niveau actuel de l?élève et du niveau qu?il veut atteindre.
Chez World Wide Speaking, pour enseigner, le diplôme est indispensable. En plus, il faut avoir un «très bon niveau d?anglais», un accent neutre, anglais ou américain, être ponctuel, savoir manier l?outil informatique et de passer une batterie de tests. D?abord un test en ligne qui permet de «valider leurs compétences linguistiques». «Après un entretien avec moi et un autre avec Frédéric Maire, le directeur exécutif de World Wide Speaking à Maurice, les postulants doivent également passer un test avec un responsable pédagogique en France pour vérifier leur syntaxe, etc.», explique Brenda Simms.
Ces tests, Elizabeth Tam, 22 ans, les a passés haut la main. Car pour avoir étudié pendant deux ans aux Etats-Unis, Elizabeth n?a aucun mal à s?exprimer en anglais. Aujourd?hui, la jeune fille est un professeur très demandé. Efficace aussi, Elizabeth enchaîne les cours. Alors que les professeurs donnent en moyenne une douzaine de cours par jour, Elizabeth, elle, en donne plus d?une quinzaine. «Cela fait beaucoup mais j?adore mon travail. J?y ai appris l?endurance et la patience. Et puis, c?est plutôt bien payé donc cela me permet de payer mes études.» La jeune quatrebornaise qui poursuit des études en astronomie par correspondance, soutient que même si elle devait changer d?emploi, elle continuerait à donner des cours à temps partiel et éventuellement de chez elle.
En effet, si pour le moment, la vingtaine de professeurs employés par World Wide Speaking travaille à plein temps, ceux qui le désirent pourront le faire à temps partiel? de chez eux en télétravail ! Ou même faire davantage d?heures parce qu?ils ne perdront pas plus de deux heures chaque jour dans les embouteillages. La portlouisienne Reezwana Yadallee sera la première à tenter l?aventure. Plus d?un an que cette mère de famille attend ce moment. «J?ai trois enfants en bas âge. En ce moment, je dois quitter le bureau vers 17 heures tous les jours. Je pourrai travailler à la maison, après que mes enfants sont couchés, je pourrai donner encore quelques cours. Et puis, comme je ne perdrai pas de temps dans les embouteillages, je pourrai mieux gérer mon temps», explique-t-elle.
Reezwana n?a jamais rêvé d?un autre métier que celui de professeur. Elle complète d?ailleurs sa licence en anglais en septembre. Ce métier, on l?envisage d?ordinaire avec des horaires peu contraignants et des congés plutôt conséquents. Un professeur en général, excluant les leçons particulières, ne travaille pas après 15 heures, alors, donner des cours en ligne de10 heures à 17 heures ou 19 heures, est-ce le meilleur choix ? «Ici, c?est plus flexible. Nous pouvons gérer notre temps et nous le pourrons davantage quand nous travaillons de chez nous», explique Reezwana.
Anju Rajkoomar, 51 ans, confirme. De retour à Maurice après plusieurs années passées en Angleterre, elle s?est essayée à l?enseignement privé à temps partiel pendant quelques mois avant de prendre de l?emploi il y a un peu moins de deux mois chez World Wide Speaking. «Depuis, j?ai eu des offres pour travailler dans ces écoles mais j?ai refusé. Je me plais ici. C?est très relax», soutient Anju Rajkoo-mar. Et pourtant, au début, elle était «un peu apprehensive». «J?avais l?habitude d?être dans une salle de classe, de voir mes élèves. Finalement, je trouve ce système de one to one très intéressant. Et le fait de ne pas voir l?élève et que l?élève ne nous voit pas fait que nous sommes tous les deux plus attentifs.»
Autre fait non négligeable : lorsqu?elle quitte le bureau, elle n?y pense plus. Pas de copies à corriger. Pas de travail à préparer. Et aussi : «pas de parents sur votre dos constamment.» D?ici la fin de l?année, World Wide Speaking compte embaucher près de 100 professeurs supplémentaires. Toujours pour enseigner l?anglais mais éventuellement s?ils trouvent des personnes compétentes, pour l?enseigner à des espagnols ou des allemands et pourquoi pas, enseigner l?espagnol ou l?allemand à des français ou autres. Car chez World Wide Speaking, on n?enseigne pas moins de 18 langues.
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