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Ces mauriciens en or 1/2

6 septembre 2003, 20:00

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Les jeunes prodiges

Le stress est intense du côté de l?équipe féminine de badminton mauricien, ce 2 septembre au gymnase de Beau-Bassin. Maurice est à égalité face aux Seychelles. Pour obtenir la médaille d?or, la paire Anusha Dajee et Karen Foo Kune doivent absolument remporter ce dernier match. Mais les craintes des uns et des autres sont vite effacées. Elles donnent alors un jeu superbe et ne font qu?une bouchée de la paire Shirley Étienne et Daniella Jupiter. Anusha Dajee n?a pas le temps de réaliser ce qui se passe lorsqu?un tonnerre d?applaudissements la submerge. « C?était magique », dit-elle les yeux rêveurs. Celle qui n?a jamais pleuré, qu?elle perde ou qu?elle gagne un match, ne peut retenir ses larmes. « Lorsque Shama (Aboobakar) m?a serrée contre elle en pleurant, j?ai craqué? » L?équipe féminine de badminton, composée de Martine Hennequin, Shama Aboobakar, Amrita Sawaram, Anusha Dajee, Karen Foo Kune et Priscilla Pillay, vient d?arracher sa place sur la plus haute marche du podium. Les yeux rieurs de Shama Aboobakar, pétillent quand elle se remémore ces instants. L?euphorie des proches, les applaudissements, les larmes de soulagement des joueuses et cette joie indescriptible lorsque le quadricolore est hissé au sommet, c?est quelque chose de fabuleux. « Je n?oublierai pas de sitôt ces moments-là », souligne-t-elle. Pour son plus grand bonheur, une seconde médaille d?or est venue la récompenser pour sa performance en double dames avec Martine Hennequin. Shaheen Aboobakar, sa mère est comblée. « Tous ces sacrifices ont finalement payé. Nous étions toujours là pour l?encourager? » Chez les Dajee, la satisfaction est certes au rendez-vous, mais elle est teintée d?amertume. « Je suis très heureux qu?Anusha ait décroché l?or par équipe, mais déçu qu?elle n?ait pas été retenue pour le double-mixte », souligne Annirao, son père.

Maintenant un autre défi attend les deux jeunes femmes : celui de réussir leurs examens de fin d?année. Respectivement étudiantes en psychologie et informatique à la DCDM Business School et en informatique à l?université de Maurice, Shama et Anusha auront à bosser dur pour rattraper le retard accumulé à cause des Jeux. Et ce n?est pas sans appréhension qu?elles abordent ce « retour à la réalité ». « C?est difficile de redescendre sur terre et revenir à la vie normale. » La fin des Jeux signifie aussi mettre un frein à ce régime alimentaire strict que la gourmande Shama s?était imposé pour être au sommet de sa forme. « À moi les briyanis, les boulettes et les mines ! », rigole-t-elle. Maintenant que la pression est tombée, Anusha avoue en avoir bavé pendant l?année de préparation. Une des raisons qui explique son souhait de prendre un peu de distance par rapport au badminton. « J?ai négligé la famille, les études, les amis. Il faut maintenant que je me rattrape? »

Les dieux du stade

Une promenade de santé ! C?est ainsi que Stéphan Buckland qualifie, sans fausse modestie, sa performance à l?épreuve du 100 m où il a récolté une médaille d?or. Cette course revêt en plus un aspect particulier. Notre champion international avait une revanche à

prendre sur son adversaire, le Réunionnais Alexandre Vallon-Hoareau. Celui-ci lui avait fait mordre la poussière aux Jeux des îles de 98. À quelques foulées de la ligne d?arrivée, Stéphan lance un regard de victoire à son concurrent. « Dans ma tête, j?ai revécu la finale de 98. Ce n?est pas par méchanceté que je l?ai regardé ainsi. Je tiens d?ailleurs à le féliciter pour sa deuxième place. » Dans les gradins, c?est l?explosion de joie. Parmi ses supporters, Jacques Dudal, dont la présence lui a fait « vraiment plaisir ». « Je lui dédie d?ailleurs ma victoire. » Au 4 x 100 m Stéphan contribue encore une fois, avec Fernando Augustin, David Victoire et Éric Milazar, à la victoire de Maurice.

Est-il conscient d?être un héros pour ses compatriotes ? « J?en suis conscient. Je veux aussi qu?ils sachent que si je peux le faire, eux aussi en sont capables. Je vise une troisième médaille au 200 m (qui sera disputé samedi), car je veux rendre aux Mauriciens le bonheur qu?ils me procurent. C?est zot ki fine fer nou la force. » Après les Jeux, pas le temps de souffler. Direction Paris où il participera à la Golden League, l?un des plus importants meetings d?athlétisme du monde. Quant à Éric Milazar, il a été royal au 400 m, vendredi, malgré la fatigue et le vent. Il s?est payé le luxe d?améliorer le record des Jeux en établissant un chrono de 45 secondes 78. C?est la deuxième fois que Milazar court cette distance en 45 secondes sur le sol mauricien.

Médaillé de bronze aux derniers Jeux du Commonwealth en 2002, troisième au Championnat d?Afrique à cinq reprises et médaillé d?or aux Jeux, Antonio Félicité incarne la force tranquille. Mais sur le tatami, le champion des plus de 100 kg et en toutes catégories est un fin tacticien. Il sait jouer de sa force physique et mentale pour gravir la plus haute marche. Il avoue pourtant ne pas avoir fait beaucoup de compétitions avant les Jeux. Le colosse rodriguais n?était pas non plus au top de sa forme pour la finale. Il ne s?était pas totalement remis de sa blessure au genou reçue lors du tournoi international en Afrique du Sud. Mais son expérience a finalement payé. Il ne met pas longtemps avant de mettre un terme aux espoirs de ses adversaires. Comment se sent-il ? « C?est une grande fierté. Je remercie Guy André pour ses précieux conseils et mes partenaires d?entraînement pour leurs encouragements », explique le champion qui est aussi Coach Adviser au ministère des Sports. Pas question de se reposer sur ses lauriers, notre champion affûte ses armes pour les prochains Jeux d?Afrique en octobre.

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