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Ces maisons qui piquent du nez
Rivière-des-Anguilles redoute les grosses averses. Dans ce petit village du sud, les pluies font trembler les habitants dont les maisons sont juchées sur la corniche qui surplombe la rivière du même nom. Ils craignent de les voir un jour s?effondrer dans le vide.
Les maisons se rapprochent, en effet, dangereusement du ravin. Cette situation est le résultat de l?érosion progressive du terrain. Les grosses pluies entraînent la disparition graduelle de la terre. Les racines à l?air, les arbustes, du moins ce qu?il en reste, risquent de se retrouver trente mètres plus bas.
Un éboulement est aussi à craindre d?autant plus que la végétation est dispersée. Presque plus rien n?est retenu sur les pentes, mis à part quelques lianes parasites et des touffes de bambous éparses. On peut imaginer les dégâts qu?une chute de pierres pourrait causer en tombant sur la route principale où convergent des centaines de véhicules par jour.
Sur ce terrain bien fragile s?alignent une trentaine de maisons dont les fondations sont mises à rude épreuve. Chez Seetam Balloo, 65 ans, les murs se sont lézardés de haut en bas. La sexagénaire est impuissante devant l?eau qui s?infiltre à travers les fentes. Veeren Balloo raconte les misères de sa vieille mère. « Lacaze-là finn craqué. Dernier gros cyclone, ti fer boucoup dégâts. La pli ti fouille la terre et ti éna ene gros trou zisse enbas lacaze. Dimounes ti pé peur pou guette sa parski zot ti éna l?impression ki lacaze ti pé tini dans vide. » La famille a dû consolider les fondations.
Siven Callinghee partage le même sort. Il confie avoir dépensé Rs 125 000 pour consolider sa maison. Il est l?un des premiers habitants à avoir construit une partie de sa maison sur des pilotis pour la soutenir. Une mesure de sécurité qui ne le rassure qu?à moitié. Chaque jour, il doit emprunter un sentier jusqu?aux soubassements pour s?assurer que les pilotis tiennent le coup.
« Avant, il y avait des arbres et des bambous pour retenir la terre. De la rue principale, on ne pouvait s?imaginer qu?il y avait des maisons perchées là-haut », se souvient-il. Pour lui, la présence de la digue ne fait qu?empirer les choses. « Lorsque la rivière grossit, l?eau creuse la terre qui entraîne tout dans sa chute », confie-t-il. Il voit l?avenir d?un ?il sombre. « Mo pas donne dix ans létemps tou pou fini allé. »
Malgré le danger, Sitama Ramdoo est obligée de vivre dans la maison qu?elle occupe avec les quatre membres de sa famille. « Ki pou fer, kot pou allé ? Mo bonhomme ine mort », dit-elle d?une voix lasse. Elle ne voit presque plus les murs lézardés, ni les sols fissurés.
Voilà près de vingt-cinq ans qu?elle a appris à dompter sa phobie de la hauteur. Telle une funambule, elle se déplace sur son balcon qui se situe presque à l?extrémité d?un précipice ! De cet endroit, on a une vue plongeante sur l?autoroute d?où monte le ronronnement perpétuel des moteurs.
Malgré les améliorations et les consolidations apportées à la maison familiale elle doit plier bagage à chaque avertissement de cyclone, pour se réfugier au centre communautaire. « Pas conné ki capave arrivé. Nou gagne peur tention lacaze allé », soupire-t-elle.
Plus loin, chez les Natchoo, le glissement de terrain est flagrant. Un débarras en tôle et en bois, des cages à poules ainsi qu?un bric-à-brac entreposé sur la pente semblent sur le point de s?écrouler. La maison est heureusement située plus haut, loin du danger, mais pour combien de temps encore ?
Les habitants disent avoir écrit aux autorités pour remédier à cette situation. « Banne dimounes-là, zot ine marké, zot ine allé. Après pas fine tende zot ditout », disent-ils. Pour eux, l?idéal serait de construire un mur de soutènement pour stopper l?érosion et le glissement de terrain.
<B>« Trouver une solution n?est pas facile »</B>
Ananda Rajoo, conseiller au ministère de l?Environnement, affirme être conscient du problème qui existe à Rivière-des-Anguilles. « Nous comprenons les préoccupations des habitants. Mais trouver une solution n?est pas facile. Il faudrait initier des investigations techniques afin de trouver une solution adaptée et chiffrer les coûts que cela implique. Nous garderons contact avec les autorités concernées à cet effet. »
<B>MISE AU POINT</B>
Dear Sir,
I refer to the article on the conditions of the workers accommodation in Cyber City published in your issue of 18/04/04.
The article is in extremely poor taste and malicious with intent to present an erroneous picture of living conditions. Your team did not deign to take our consent before visiting the camp. When invited to my chambers, I had personally explained to them for 20 minutes on the various welfare measures taken by us and discuss the problems faced by them. It is most regrettable that you have chosen to ignore whatever I said and reported just one remark. Your team did not bother to ask my comments on the views reported by them in the article. This is contrary to the ethics of fair journalism followed by reputed newspapers all over the free world.
For the record (and I do hope that you will set the record straight by publishing my reply), I would like to state :
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All our workers are paid as per the laws of Mauritius and several of them are income tax payees.
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Nobody, and I repeat nobody, is retained in Mauritius against his will. Both India and Mauritius are free democracies where citizens are well aware of their rights. We are answerable to both governments.
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We have built dormitories to the highest standards but we do not lecture our workers on how to arrange their clothes and other belongings.
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the photo of the dining hall was taken immediately after the tea break and before our cleaning took place.
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Wandering dogs and cats, putrid odours, muddy surroundings are all figments of an active imagination. We invite your team to a joint inspection with us. They are welcome to include « Mr Ramu » whom we are not aware of.
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Many of the workers have volountarily transferred to our new project at Domaine Les Pailles.
Cyber Tower is the product of a collaboration between two countries who share a warm affectionate relationship. Mauritius is reputed for its genuine hospitality and warmth to visitors. All Indians have real affection for Mauritius and pray for its well-being not the least because of blood, historical and ancestral ties.
Your biased article would tend to give an impression contrary to the above. You are welcome to report on our project but when you do, please present both sides of the coin and not just the views of your reporter and one individual who does not exist in our records.
U. Mukesh Rao Dy. Project Manager L&TSPJV, Ebene
<B>NOTRE RÉPONSE</B>
Au départ, l?objet de notre visite était de voir s?il y avait des cas de malaria parmi les 350 travailleurs indiens recrutés pour la construction de la cybertour. À cet effet, nous avons rencontré Mukesh Rao, le Project Manager de Larsen & Toubro Ltd Shapoorji Pallonji Co. Ltd. Comme nous étions sur le site et que nous avions eu un aperçu des baraquements, nous avons voulu avoir des précisions sur les conditions de vie des travailleurs. L?hésitation de M. Rao à nous laisser rencontrer les ouvriers a éveillé nos soupçons. C?est alors que nous avons constaté la situation des travailleurs indiens. Notre métier n?est pas seulement d?informer mais aussi de dénoncer éventuellement les dysfonctionnements et les injustices de la société.
Nous répondons aux points mentionnés :
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Nous ne mettons nullement en doute le fait que les ouvriers sont payés selon les lois mauriciennes. D?ailleurs ce n?était pas l?objet de notre article.
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Nous n?avons jamais insinué que les ouvriers sont retenus contre leur gré. Nous avons seulement noté qu?ils n?étaient pas satisfaits de leurs conditions de vie.
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Avec 32 lits superposés, un espace étroit entre les lits, des étagères de fortune qui menacent de tomber à tout moment, des vêtements suspendus à des cordes à linge, ces dortoirs ne répondent pas, à notre avis, aux normes les plus rigoureuses.
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La salle à manger n?a rien à voir avec un lieu où on se restaure. Prise vers 18 h 30, la photo montrait des morceaux de pain jonchant les tables. Mais quid de la boue qui macule le sol ?
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M. Rao devrait se rendre plus souvent près des baraquements et ouvrir les yeux sur les conditions de vie des travailleurs. Il serait étonné?
Pour préserver l?anonymat de notre interlocuteur, nous lui avions donné un nom fictif. D?ailleurs, aucun des ouvriers interrogés n?a voulu révéler leurs noms. Est-ce par crainte de représailles ?
- Nous n?en doutons pas.
C?est justement à cause des liens d?amitié que nous partageons avec l?Inde et du respect que nous inspirent ces travailleurs que nous avons dénoncé une telle situation.
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