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Ces jeunes qui cachent un trésor

5 août 2005, 20:00

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«Noun vini pou gagn koup.» Kevin, 15 ans, a mis toutes les chances de son côté. Son pote Jérémie lance : «Tansion to gagn zis lamans.» Mais Kevin se voit en vainqueur. Il a tout prévu. Nelly, sa s?ur aînée, restée à la maison à cause d?une méchante grippe, a été enrôlée pour chercher, au besoin, des réponses sur Internet.

Comme Kevin, ils étaient 526 inscrits au rallye national des jeunes. Partis à l?aventure, c?est en eux-mêmes que ces jeunes ont trouvé un trésor de bonne volonté.

10 h 25, briefing. Impatients de commencer, les collégiens écoutent les consignes de Rajen Dookheet, Principal Youth Officer. «Faites attention quand vous traversez la rue. Répartissez le travail entre vous. Utilisez tous les moyens de communication à votre disposition.»

Toute menue dans son T-shirt rose bonbon, Sarahjane Moura mâchouille un chewing-gum. Debout depuis 8 heures, elle bâille déjà, ce qui ne l?empêche pas de prendre au sérieux son rôle de capitaine.

Formule du rallye : des équipes de six lancées à la découverte de Curepipe et de Vacoas à travers trois questionnaires. Délai de soumission : 12 h 15 pour le premier, 14 h 30 pour le dernier questionnaire. Le tracé : l?hôtel de ville, le Trou-aux-Cerfs, les Casernes, le marché de Vacoas, pour finir au Gymkhana.

Première étape : baptiser l?équipe. Dans l?hilarité générale, celle de Sarahjane se décide pour Hamtaro. «Li enn tikomik sa», explique Samuel Geroflé. Avec Allan Georgette, il est l?une des pièces maîtresses de Hamtaro.

«Nou bizin ena enn kri de guer», propose-t-il. Un cri noyé dans la ruée vers les questionnaires.

Ceux-ci s?ouvrent sur : «en quelle année la station de télévision nationale s?est-elle installée à la rue Pasteur?» Du coup, les occupants d?un véhicule de la MBC, garé à proximité, seront littéralement pris d?assaut.

Le plus drôle est à venir. Dernière question : «quelle est la distance entre la statue de SGD et la SBM ? La course d?Allan et Sarahjane s?arrête pile en face du collège Royal. Ils abordent des policiers ? deux jeunes recrues ? l?un qui règle la circulation, l?autre qui dresse une contravention. «SGD la ki ete sa ?», demande Allan. Le regard un peu vague, l?homme en uniforme demande à voir le questionnaire. Le lit à haute voix, consulte son collègue. Indique du doigt la direction de la banque et les dirige vers? le Centre culturel d?expression française.

Allan y court. D?autres, plus fûtés, frappent à la porte du maire, Jayen Teeroovengadum, qui se prête au jeu de bonne grâce. «Il y en a même qui m?ont demandé: ?C?est pas vous qui avez participé à Questions pour un champion?? Vous devez connaître les réponses.»

Marchandage et échanges

SGD ayant enfin pris du sens pour Hamtaro, le clou du spectacle est de s?amuser des techniques de chacun pour mesurer la distance entre ce buste érigé dans la cour de la municipalité et la banque, soit une soixantaine de mètres. Quelques forts en gueule avancent, après un bref coup d??il : «li fer 400 met sa.»

Les plus ingénieux se procurent un mètre auprès des employés municipaux. Plus patients, certains mesurent la distance avec un morceau de raphia rose censé représenter 100 cm. La plupart marchent soit à grands pas, soit en mettant soigneusement un pied devant l?autre.

Les questionnaires demandent aussi de trouver divers objets. Cela va de la pièce de monnaie étrangère ou le dépliant d?une galerie d?art à une fleur Latana camara (nom scientifique de la vieille fille) et un caput serpentis. En aparté, Rajen Dookheet nous confie : «Ena pou amenn kapot.» Clé du mystère : c?est le nom scientifique d?une «koki boner».

Entre eux, les participants sont impitoyables. Marchandage des réponses. On se les échange contre l?un des objets de la liste. L?intox est reine. On embellit la vérité, on se nargue, on se donne de fausses indications, histoire de se moquer et de ricaner un peu.

Arrivés à bout des 10 premières questions, place au problème logistique. Comment se rendre, de l?hôtel de ville au Trou-aux-Cerfs ? Les courageux font la route à pied et atteignent le volcan endormi, sur les rotules. D?autres cotisent pour se payer un taxi : Rs 100 pour l?aller-retour. Hamtaro convaincra un chauffeur de camion de les emmener. «Zame mo pa ti koir mo pou fer sa», dira plus tard une Sarahjane essoufflée mais ravie de l?expérience.

EN CHERCHANT BIEN?

Voici une sélection des questions posées aux participants. Amusez-vous autant que les collégiens. Vous verrez, elles ne sont pas toutes aussi simples qu?on le croit.

  1. En quelle année la station de télévision nationale s?est-elle installée à la rue Pasteur ?

  2. Le 28 décembre 1965, Sookdeo Bissoondoyal, alors ministre des Administrations régionales, effectua la pose de la première pierre d?un bâtiment très connu à Curepipe. Lequel ?

  3. Oeuvre du sculpteur Prosper d?Epinay, ce monument illustre une légende vante de Maurice. De quel monument s?agit-il ?

  4. Quel bâtiment historique abrite la salle Robert d?Unienville ?

  5. Qui occupe les stalles 9 et 10 au marché de Curepipe?

  6. Nommez ce bâtiment construit en 1917 grâce à un don d?une fondation de New York.

  7. En quelle année le dernier train a -t-il quitté la gare de Curepipe?

  8. Où se trouve la promenade Hervé Masson inaugurée le 17 juin 2005?

  9. La gare Jan Palach nous rappelle ce patriote qui s?est brûlé vif pour protester contre la présence des troupes soviétiques dans son pays. De quel pays s?agit-il?

  10. Le Trou-aux-Cerfs était autrefois connu comme??

  11. Quand a été inauguré le quartier général de la SMF?

  12. Nommez «l?héroïne de la lutte quotidienne» dont le monument a été dévoilé le 26 novembre 1986 par Sir Veerasamy Ringadoo.

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