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Ces gaz à deux visages?
Connaissez-vous la pierre qui brûle ? C?est une expression désuète dont les Anglais ont conservé l?équivalent brimstone. Il s?agit du soufre. Cette pierre jaune se consume en exhalant une flamme bleue. Pour cette vaporisation elle s?unit à l?oxygène et faire naître un gaz aux vertus diverses. Par exemple, il détruit les microbes et préserve les boissons vendues au supermarché.
Avec l?aide d?encore plus d?oxygène escorté d?eau, ce gaz se mue en molécule dont le nom fait trembler des gagneuses craignant leurs protecteurs. Car il s?agit du vitriol lancé à la figure de donzelles qui se rebellent. Les gens d?autres milieux ne connaissent que ses avantages. L?automobiliste sait que, sans lui, il n?y aurait pas de batterie et l?industriel le chérit pour d?autres contributions. Ce vitriol, alias acide sulfurique, figure dans nombre de transformations comme la fabrication de fertilisants ou du papier. On dit même que sa consommation mesure l?activité industrielle d?une nation.
L?union de divers métaux à cet acide est source de vieux remèdes. Par exemple, l?eau d?Alibour ou le bloc d?alun qui crie halte au sang quand le rasoir transforme un bouton en boutonnière.
En partenariat avec un unique élément, le soufre fait des sulfures qui ont, comme Janus, deux visages. Un côté méchant se révèle quand le compère est hydrogène. L?association se signale par une odeur fétide. Ce relent remonte quand on remue du sable noirâtre près de la mer. Car là le milieu est riche de matières en décomposition qui soupirent ainsi leur sort. Un autre sulfure est un faux frère dont le métal est le fer. Il est jaune et brille comme de l?or tandis que le nom même, pyrite, sonne un peu comme pépite. Mais les paillettes dorées ne trompent que Gribouille et sont dites fools? gold. Plus gracieux le plomb, bien que lourdaud, donne un sulfure aux activités subtiles, dit galène. Aux jours héroïques de la TSF elle extrayait les messages des ondes porteuses.
Le groupe d?éléments issus de la Terre que nous allons maintenant rencontrer porte un nom qui suggère la lumière mais à tort. Son nom, halogène, n?a aucun rapport avec quelque halo mais signifie simplement sel. Il groupe un quatuor très réactif. En premier vient le fluor, gaz dont le nom signifie écoulement. Suit un autre gaz, le chlore, dont le nom se traduit teinte verte. Le brome qui succède est liquide. Son étiquette souligne la mauvaise odeur tandis que l?iode laisse s?échapper des vapeurs violettes trahies par le nom.
Usage modéré
Le fluor est le plus actif du lot. Un peu comme ces coureurs qui reluquent tous les jupons, il s?allie à grand nombre d?éléments. Le public le connaît par les réclames pour pâtes dentifrices. Leur principe actif protège de plusieurs façons. Par exemple il remet en état des dents décalcifiées. Ou encore il remplace une molécule (hydroxyapatite) par un composé fluoré plus résistant. Toutefois un excès se montre nocif et, comme l?a dit le sage chinois, la modération s?impose.
Avec d?autres partenaires le fluor fait le fréon qui circule dans les réfrigérateurs ou les aérosols. Comme il cause des dommages à la couche d?ozone on prêche son remplacement. Autre molécule utile, le téflon garnit les poêles où les préparations n?attachent pas. Enfin ce fluor enrichit divers lubrifiants.
Le chlore un peu moins coureur est surtout connu comme destructeur de microbes dans l?eau potable ou celle des piscines. Là toutefois, divers composés azotés comme la sueur ou autres liquides issus de participants sans-gêne attirent des bactéries qui le transforment en composés aminés. Ils animent l?irritation des yeux. S?envolant de l?eau ces aminés ennemis polluent l?atmosphère des piscines fermées et provoquent des crises d?asthme.
Gaz de combat pour le militaire, le chlore est pour la ménagère contenu dans l?eau de Javel. Et aussi dans des comprimés qui rendent l?eau potable.
Moins connu est l?acide issu d?hydrogène et de chlore bien qu?il soit sécrété par l?estomac. Le sel de cuisine contient aussi cet élément. Au cours de nos jeunes années, des potaches venant de l?apprendre demandaient du chlorure de sodium à divers épiciers avec des résultats dignes des séries humoristiques de la télé. Le chlore est si utile qu?un site Internet citant ses bienfaits s?intitule the house that chlorine built. Il s?extasie sur les tuyaux en PVC et cite d?autres molécules mais elles comprennent le chloroforme qui pourrait endormir le lecteur.
Le brome fait les bromures ayant la réputation de calmer les ardeurs de mâles condamnés au célibat. Zola parle de leur emploi comme somnifères, mais ils sont plus utiles pour des papiers sensibles en photographie.
Le dernier élément fait cette solution, dite teinture d?iode, bien connue de la pharmacie familiale d?hier. Il est encore recommandé pour soigner les ongles et se révèle indispensable à la thyroïde où il agit discrètement. Si vous préférez l?iode en vedette tournez-vous vers des lampes halogènes où il fait mieux briller le filament et prolonge sa vie.
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