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Ces EUROpéens qui vivent à Maurice
Et si Maurice était un stade ? Non pas pour permettre de courir après le ballon ou se livrer à un autre sport, mais pour y bâtir une vie ? Depuis plusieurs années, notre île est devenue un carrefour incontournable pour les expatriés. Français, Britanniques, Italiens, Suédois? autant d?Européens qui ont mis le cap sur notre île. Qu?est-ce qui les pousse vers nos horizons ? « Je suis venue à Maurice après m?être mariée à un Mauricien. L?île offre plusieurs possibilités aux expatriés. Par exemple, si ces derniers ont une certaine expérience dans un domaine, ils peuvent aisément trouver un travail ou même fonder une entreprise et s?adapter ici », soutient Georgina Ragaven, qui est Chypriote-Grecque, et qui vit à Maurice depuis 15 ans.
Comme elle, d?autres Européens se sont embarqués pour Maurice, après avoir épousé l?un de nos compatriotes ou pour les différentes ouvertures dont notre île dispose. « J?étais venu en vacances pendant deux semaines. Puis, j?ai appris qu?il y avait une école hôtelière à Maurice et je m?y suis inscrit. Après trois ans d?études, il y a eu des débouchés professionnels pour moi dans le milieu de la restauration et en hôtellerie », confie Anthony Schmitt, d?origine française.
Pour Claire Lelay, directrice de Bao Communications et secrétaire de l?Union des Français de l?étranger de l?île Maurice, l?île est une belle destination pour les expatriés. « Car c?est avant tout un pays doté d?une stabilité politique qui favorise donc les investissements étrangers. Les Européens choisissent Maurice, car ils croient en ce potentiel économique que possède le pays. » Ses propos sont rejoints par Claudia Wiedey, Ambassador de la Délégation de la commission éuropéenne à Maurice : « Maurice est certainement un pays qui attire les Européens, pas seulement pour sa beauté naturelle et son climat. Il y a un nombre croissant d?Européens qui viennent y vivre soit pour y travailler, pour les liens familiaux, l?éducation ou d?autres activités. »
Certes, les Européens trouvent avec ce crochet par Maurice, une destination leur permettant de s?épanouir académiquement et professionnellement dans un nouvel eldorado qui s?offre à eux. Outre les facteurs économiques, Maurice a aussi la cote auprès des Européens pour sa diversité culturelle. « Les langues anglaise et française sont couramment parlées ici. Aussi les Européens peuvent facilement s?intégrer. Il n?y a pas de souci également avec la culture, car les étrangers peuvent aisément s?y adapter», indique Claudia Wiedey.
En s?adaptant justement, beaucoup d?entre eux perpétuent leurs traditions natales en préservant un décor, des objets, ou une cuisine, propres à leur pays. Mais ils vont aussi à la découverte des traditions mauriciennes. Et cette fusion des cultures permet à ces Européens de mener une nouvelle vie? à la mauricienne.
Manuel Mota, du Portugal
« Si Adam n?a pas ti manze pomme »? Dans son accent portugais, Manuel Mota pousse la chansonnette en créole. Il vient de lancer son album avec la complicité de Claudio Cassimally. Marié à Simla, une Mauricienne, Manuel Mota, surnommé le Portugais Mauricien, se fond dans la culture mauricienne et maîtrise non seulement le créole, mais aussi le bhojpuri. Né au Portugal, il part en France et commence à y travailler très jeune dans le domaine de l?électromécanique. Mais après un accident de travail, il se voit contraint de mettre un terme à toute activité professionnelle. Aussi, il s?embarque pour La Réunion et y vit pendant quatre ans. En 2004, il vient visiter Maurice et en tombe amoureux. Après quelque temps, il rencontre son épouse, ainsi que Claudio Cassimally. Chantant en amateur, il décide de s?y mettre sérieusement et sort ensuite son album.
« Je chante en portugais, en français et en créole. J?ai aussi créé mon site Web ? www.myspace.com/ manumota. Là, je me perfectionne en bhojpuri afin de poursuivre dans la chanson ».
Et le foot ? « Je suis un mordu du ballon rond, car je jouais au foot quand j?étais plus jeune. Je suis très heureux que le Portugal se soit qualifié pour les quart de finale, et je pense que cette équipe peut aller très loin. Mais il y a d?autres bonnes équipes comme celle des Pays-Bas, de l?Allemagne et de l?Espagne ! »
Juan Gonzalez, de l?Espagne
Des affiches de toréadors en passant par des condiments utilisés dans sa cuisine, baignée dans des couleurs jaune, rouge et orange? On respire l?Espagne chez Juan Gonzalez. « C?est mon petit soleil espagnol à moi à Maurice », indique-t-il. Né à Malaga, en Espagne, en 1955, il a crapahuté à travers le monde pour exercer dans la gastronomie. « J?ai été cuisinier dans une quinzaine de pays dont le Maroc, la République Dominicaine, le Portugal, la France, la Suisse, l?Italie, entre autres. Puis, j?ai également exercé comme maître d?hôtel au Mexique où j?ai rencontré ma femme, Danielle, une Mauricienne, qui était directrice des finances au Club Med. »
Après le mariage, Juan Gonzalez vient vivre à Maurice. Spécialiste de la gastronomie mexicaine et espagnole, il décide de se lancer dans le service de cuisine à domicile. Avec sa batterie de cuisine, ses ingrédients, il mitonne donc sous vos yeux des plats savoureux? Paella marinière, tacos, nachos, chili cone carne, entre autres spécialités n?ont pas de secret pour le chef qui a lancé ce service depuis un an. « Les Mauriciens sont friands de ces cuisines, car elles se rapprochent de ce qu?ils consomment habituellement comme le riz, les faratas, entre autres », ajoute-t-il.
D?ici 2009, il envisage de fonder une petite entreprise dans ce domaine. Et le foot ? Bien qu?il avoue ne pas être un grand fan de foot, Juan Gonzalez était scotché à son poste mardi dernier. Car l?Espagne se livrait à un beau match contre la Russie. « Je vais regarder quelques matches et supporter l?Espagne. C?est mon pays ! », dit-il en souriant.
Janina Moutou, de la Suède
« Je suis née à Stockholm, la capitale de la Suède. J?y ai rencontré mon époux, Lewis, alors que j?étais étudiante au lycée. Nous nous sommes mariés jeunes », confie Janina Moutou. Après leur union, le couple a alors vécu dans plusieurs pays, notamment à Londres et en Afrique. Par la suite, Janina Moutou est venue à Maurice pour s?y installer définitivement avec son époux qui est avocat ! Travaillant comme traductrice, elle a réalisé quelques travaux avant de se consacrer à une autre activité : la location de bungalows aux touristes d?origines scandinaves qui sont de passage à Maurice. « Bien sûr, parfois je pense à la Suède, mais j?aime bien Maurice. Je me considère comme une citoyenne du monde », ajoute-t-elle.
Et le foot ? « Je regarde les matches avec mon époux. Je suis contente que la Suède fasse partie de la sélection de l?Euro 2008. Malheureusement, c?est une équipe qui ne va jamais très loin dans cette compétition.
C?est bien qu?elle ait remporté la rencontre les opposant à la Grèce, mais je n?ai pas grand espoir quant à une éventuelle victoire de la Coupe d?Europe? »
Maren Müller, de l?Allemagne
Elle a sillonné la Suisse, la Grèce, la Côte d?Ivoire, les Caraïbes, la Sicile, entre autres pays du monde, avant de bifurquer sur notre île. D?abord destinée à une formation pour devenir professeur, Maren Müller, Allemande établie à Maurice, changera d?orientation. « Je suis née en Allemagne de l?Est. J?y ai vécu jusqu?à la réunification avant de poursuivre mes études. Je voulais être professeur de russe et de français », indique-t-elle.
Après les changements politiques, elle part en France et se spécialise en science franco-allemande. Après sa maîtrise, elle décide de partir à la découverte du monde. « J?ai travaillé au Club Med avec les enfants, puis je me suis chargée des excursions », raconte-t-elle. Ainsi, Maren Müller parcourt les continents où elle travaille toujours pour l?établissement hôtelier. C?est d?ailleurs dans l?enceinte du Club Med qu?elle rencontre Kadam, son mari, un Mauricien qui était alors chef de bar. Elle se marie et vient ensuite vivre à Maurice. Exerçant comme guide free-lance au pays, elle décide ensuite de lancer un salon de thé à Grand-Baie. Bien vite, la petite entreprise gagne en popularité et étoffe ses services avec une bibliothèque d?ouvrages allemands, des sandwichs et des spécialités comme le Strudel aux pommes et des buffets.
Et le foot ? « Je ne suis pas très foot, car je suis plutôt fatiguée pour regarder les matchs le soir. Mais j?espère quand même que les Allemands remporteront cette Coupe d?Europe. »
Olga Ivanova, de la Russie
La voie diplomatique? voilà le domaine de prédilection d?Olga Ivanova. Cette dernière, originaire de Moscou, a une riche carrière au sein du ministère des Affaires étrangères et de l?Institut des relations internationales de Moscou. Spécialiste du Proche-Orient, Olga Ivanova a assumé plusieurs missions diplomatiques à Bagdad, en Iraq et à Paris avec une délégation de l?UNESCO. Retournant dans son pays après chaque mission diplomatique, Olga Ivanova arrive à Maurice en avril 2004 pour assumer le poste d?ambassadrice de la Russie. Jeudi dernier, elle célébrait la fête nationale russe lors d?une réception. « Cette année, nous célébrons les quarante ans de l?Indépendance de Maurice, mais également le 40e anniversaire des relations entre Maurice et la Russie. Nous avons aussi promu diverses activités culturelles, comme le spectacle du Ballet de Bolshoi, mais aussi éducatives à travers les bourses pour des études supérieures », indique Olga Ivanova.
Et le foot ? « J?ai regardé le match opposant l?Espagne à la Russie cette semaine. Cet échec m?a attristée, mais je suis patriote et je soutiens la Russie quand même. »
Tadeisz Kud, de la Pologne
Au départ, il rêvait d?être médecin. Tadeisz Kud, originaire d?une région située non loin de Cracovie, fait des études de psychologie et de psychiatrie. Mais après quatre ans, il change de cap. Très encadré par les prêtres de sa paroisse où il était également enfant de c?ur, il intègre la congrégation du St-Esprit. Après des études et sa formation, il fait son ordination en 1991 et officie pendant cinq ans dans son pays natal. Puis, en 1996, il est dépêché à Maurice.
A son arrivée au pays en 1996, Tadeisz Kud est touché. Touché par l?accueil et la gentillesse des Mauriciens. Au départ, il devait se rendre en Afrique. « A cause des problèmes de sécurité qui prévalaient en Afrique. J?ai été bien accueilli et j?ai commencé un stage pastorale de quatre mois à la cure de Ste-Hélène, avant d?officier à Pamplemousses pendant un an et demi », confie-t-il. Puis en 1998, il sera dépêché à la paroisse de St-Jean où il officie jusqu?à présent.
Et le foot ? « Je regarde tous les matches. C?est dommage que la Pologne ait perdu son premier match et qu?elle ait fait un nul contre l?Autriche. C?est une équipe jeune qui doit encore travailler. Il y a plusieurs bonnes équipes, par exemple, les Pays-Bas, ou encore le Portugal. Que la meilleure équipe gagne. »
Maurizio Liboutti, de l?Italie
« Je suis né à Milan. C?est la ville où j?ai grandi et j?ai fait mes études à l?université avec comme spécialisation la gestion d?entreprise », déclare Maurizio Libbutti, Italien. Celui-ci est le Managing Director de Total Mauritius Ltd. Après avoir occupé plusieurs fonctions au sein du groupe Total depuis 1994, c?est-à-dire depuis ses 28 ans, Maurizio est arrivé à Maurice dans le cadre de sa profession.
« Je dirige la filiale de distribution mauricienne du groupe depuis 2005. J?adore mon pays et j?adore Maurice. Les deux pays ont d?ailleurs beaucoup de similitudes : un accueil sincère, une ouverture vers le monde, une diversité et une multiculturalité qui est synonyme de grande richesse.
Vivre à Maurice comme en Italie est un privilège de vie », ajoute-t-il.
Et le foot ? « Ahioo !!! Le démarrage de l?équipe italienne n?a pas été des plus performants. Mais pour rester dans le langage ?pétrolier?, nous sommes comme des moteurs diesels? ça prend quelques matches pour nous chauffer. Le Portugal est le meilleur candidat au titre de champion d?Europe. Mon joueur préféré est le pilier de la défense italienne, Fabio Cannavaro. C?est grâce à lui que l?Italie est championne du monde et sa blessure à l?Euro n?arrange pas les choses pour la Squadra Azzura ».
Ida Coombes, des Pays-Bas
« Je connaissais Maurice de tout temps car n?oublions que c?étaient les premiers à avoir foulé l?île », dit-elle en riant. Ida Coombes est née à Amsterdam. Cinq ans après sa naissance, ses parents émigrent en Australie.
« J?y ai fait mes études. Après l?université, j?ai exercé comme enseignante. Ensuite, je suis repartie en Europe où j?ai poursuivi dans le professorat en Angleterre. Je suis rentrée aux Pays-Bas où j?ai poursuivi ma carrière », raconte-t-elle. En 1975, elle débarque à Maurice et elle épouse Lloyd Coombes, un Mauricien, en 1977. Fidèle à sa vocation pour l?éducation, elle dirige l?International Preparatory School et s?occupe de plus de 350 petites têtes brunes.
Et le foot ? Fan de l?Euro, Ida Coombes se gave de matches. « Les Pays-Bas ont fait un superbe match contre l?Italie. Les joueurs évoluent sur le terrain en équipe, ce qui fait leur force. Mon joueur préféré c?est Robbens. On a de grandes chances de remporter l?Euro. »
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