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Ces arômes qui nous mènent par le bout du nez
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Ces arômes qui nous mènent par le bout du nez
On en a assez du stress ! Vous savez bien, cet état de fébrilité qui vous tenaille dès le réveil. Avant même d?ouvrir l??il, votre cerveau embrumé fait déjà des heures sup. Toute une montagne de choses à faire, de gens à voir, de problèmes à régler, de factures impayées. Pour ne pas craquer, nos nerfs font semblant de chercher une solution. Armé d? un faux air de champion de l?organisation, ils classent, rangent et éliminent le trop plein d?informations. Rien n?y fait. L?effort ne sert qu?à nous rappeler que décidément, il n?y a que 24 heures dans une journée.
Le pire, c?est quand une âme bien intentionnée nous réveille en sursaut. La veille, nous avions oublié de réduire au silence le portable. D?habitude c?est le genre de geste indispensable que nous ne manquons pas de faire. Car il y va de notre nuit. Ces quelques minutes précieuses, où le monde peut enfin tourner sans nous. Secondes réparatrices pour notre esprit fourbu.
Face à l?indélicatesse, pas question de céder à des envies de meurtre. Justement, n?avons-nous pas reconnu que nous en avions marre d?être stressée. Succombons plutôt à un besoin de douceur. Ne nous raccrochons pas à une tranquillité chimique et éphémère. Optons pour un doux nuage de bien-être sans effets secondaires. Tel celui que vaporise la distillerie du Domaine de l?Ylang-Ylang.
Niché à flanc de montagne, le domaine fleure bon la sérénité entre sa petite rivière qui clapote et son tapis de verdure. La distillerie située à Vieux-Grand-Port nous mène par le bout du nez. Elle accroche nos sens grâce à sa simplicité. Sous le toit en tôle profilée, l?alambic occupe toute la largeur du hangar. C?est jour de camphre. Cela tombe bien, il s?agit de repousser les mauvaises ondes. Qui sait, peut-être aussi de «pouss diab.»
Huit heures à bouillir sur le feu nourri au bois noir. Branches et feuilles sont dans une étuve. Place à la magie de la chaleur, celle du foyer qui pour le moment produit une fumée un peu âcre. Pamela, qui nous sert de guide, nous explique que cette fumée est causée par l?impossibilité de ferme la porte du foyer dans l?immédiat. Les bûches dépassent largement la longueur du four.
Décor rustique pour élaborer des huiles essentielles qui sauront apporter une touche spéciale aux massages et aux bains. «Il faut des quantités énormes de plantes pour obtenir quelques gouttes de produit. Pour le camphre, il nous faut 50 kilos de branches et de feuilles pour un litre d?huile. Les branches sont mélangées à un tiers d?eau.» Un bouillon qui est recouvert avant d?être porté à ébullition. Il parcourra alors un circuit de tuyaux en aluminium avant d?arriver à la cuve réfrigérante.
«C?est l?étape cruciale de la condensation. L?eau et l?huile sont mélangés. Comme l?huile est plus légère que l?eau, la pression aidant, elle va remonter à la surface. C?est comme cela que nous récupérons l?huile.» Le domaine, qui existe depuis une quinzaine d?années déjà distille cinq types de plantes, toutes ayant des vertus soit curatives, soit apaisantes.
La première d?entre elles, celle qui donne son nom au domaine est l?ylang- ylang. Fleur jaune au nom philippin. Son essence nécessite pas moins de 24 heures de distillation. «Les autres plantes : le camphre, la citronnelle, le poivre rouge ou baie rose, l?eucalyptus, demandent huit à neuf heures d?exposition à la chaleur du foyer.»
Dans le hangar du domaine, les vestiges de deux autres alambics sont autant de rappels du passé. «A chaque fois que nous débutons une nouvelle distillation, il faut tout brosser. Le matériel doit être impeccable, même si nous allons travailler avec la même plante.»
La saison de la cueillette de l?ylang- ylang c?est l?été. Les mois brûlés de soleil font jaunir la fleur dans l?arbre aux branches torturées. Après la distillerie, nous suivons Pamela dans le jardin attenant. «Les arbres peuvent atteindre jusqu?à 15 mètres de hauteur, mais ils sont taillés à 1m 50. C?est parce que les fleurs ne sont cueillies que par des femmes. Elles ont le doigté.» Pamela, tout à l?heure un peu austère et académique, nous regarde droit dans les yeux pendant un petit moment. Vient enfin un grand sourire et un clin d??il complice. « Je ne dis pas cela parce que je suis une femme, mais je crois que c?est vrai.» Sa paume se tend vers une branche qui, penchée par le vent, semble se mettre d?elle-même à la portée de Pamela. «Il ne faut prendre que les fleurs, pas le reste.» Si toute la plante y passe dans le cas de la citronnelle, c?est uniquement la fleur qui sera traitée dans le cas de l?ylang- ylang.
Nous imitons le geste de Pamela. A leur tour, nos doigts se referment sur la fleur jaune pour libérer son parfum. Résultat immédiat : un arôme à fois sucré et sensuel, doux, léger et attachant agit sur nous. Debout, là au milieu du jardin du domaine de l?Ylang-Ylang, c?est comme si tous les soucis s?étaient envolés. Entre le vacarme des réacteurs des avions qui volent à basse altitude au-dessus de Vieux-Grand-Port, le calme des lieux s?incruste dans nos pores. Vite, une autre bouffée de la fleur d?ylang-ylang fraîchement pressée entre nos doigts.
La magie réapparaît. Les montagnes de soucis sont devenues des collines basaltiques où courent des rangées de cannes coupées. Non plus menaçantes et imposantes, ces montagnes ont l?air de protéger notre fragile équilibre retrouvé.
L?essentiel c?est l?huile
L?ylang-ylang se caractérise par sa fragrance suave, chaude et sucrée. Les croyances populaires prêtent à son huile la vertu de chasser les idées noires. Cette huile essentielle calme les nerfs. Elle a une action tonique sur la peau et les cheveux. Elle soulage également les maux de nature psychique.
Que dire de l?huile essentielle, sinon qu?elle est un concentré des bienfaits de la plante, obtenue par distillation de plantes aromatiques. La citronnelle, la baie rose, l?eucalyptus sont connus pour leurs effets sur les douleurs musculaires. Ces huiles peuvent être utilisées lors de massages. Il faut au préalable diluer avec de l?huile d?amande douce. Ces huiles peuvent aussi être utilisées sur les pots-pourris ou dans un brûle-parfum. Une huile peut se conserver jusqu?à cinq ans.
Au Domaine de l?Ylang-Ylang, les pots-pourris sont entre Rs 120 et Rs 255. Les fioles d?huile de 10 ml sont à Rs 230, 50 ml à Rs 845 et 100 ml à Rs 1580. Mode d?emploi : trois à quatre gouttes pour une inhalation, six à dix gouttes sur les pots-pourris, six à dix gouttes dans les brûle-parfums.
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