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Ces étrangers qui dérangent?
Un aller simple. Le cadeau de Noël concocté par les syndicats d?Airports of Mauritius Limited (AML) pour Philip Cash, leur chief operating officer, n?a rien d?original. Les hauts cadres étrangers dérangent. Philip Cash rejoint le club des mal-aimés qui a aussi comme membres Bill Duff, le commissaire des prisons, et Bert Cunningham, le no 1 de la douane, entre autres.
L?origine de la guerre de tranchées à l?aéroport est une augmentation de salaires promise par l?Executive Chairman, Vijay Poonoosamy mais que Philip Cash ne veut pas honorer. Le gouvernement semble avoir le talent de caser Vijay Poonoosamy dans des situations délicates. En tant que Chief Executive d?Air Mauritius, il avait à lutter ferme contre les tentacules de Sir Harry Tirvengadum, alors président du Board. Revirement de situation chez AML : Le Chairman Poonoosamy se mêle au travail du Chief Operating Officer.
Le conflit AML démontre un problème répétitif : la contestation des réformes apportées par les hauts cadres étrangers. Pourtant, ces professionnels sont justement recrutés parce qu?ils disposent de compétences introuvables à Maurice. Et leur expertise est sollicitée pour effectuer des changements profonds dans des secteurs clés. A l?aéroport, Philip Cash refuse d?augmenter aveuglément les salaires car il veut introduire un nouveau type de fonctionnement basé sur les normes et pratiques internationales de gestion. A la prison, Bill Duff change les règles afin de mettre fin à la crise qui n?a que trop duré.
Si ces professionnels dérangent, c?est parce qu?ils ont une perspective différente, une ouverture d?esprit qui fait défaut à ceux qui n?ont pas les compétences requises, notamment les syndicalistes. Ils se laissent rarement manipuler et ne font pas le jeu des politiques. Leur rôle n?est pas de savoir manier communautés et castes mais d?atteindre les objectifs fixés dans le contrat d?embauche. Au-delà du conflit interne à l?AML se dessine aussi une forme de xénophobie : l?hostilité systématique à l?encontre des hauts cadres étrangers. Aux prisons, la nomination de Bill Duff était contestée à cause de sa nationalité. Dans la fonction publique, les hauts gradés insistent pour que les promotions soient automatiques. Ils ne réalisent pas que le monde a changé. L?heure est à la méritocratie et non la séniorité.
L?état d?esprit des Mauriciens par rapport à l?embauche de professionnels étrangers est inquiétant. Ils craignent tous une invasion de ces « outsiders » qui viendront leur voler emplois et terres?sans réaliser que la population mauricienne est loin d?être autochtone. Les Mauriciens sont obligés de se débarrasser de cette xénophobie. Les barrières disparaissent dans le nouvel ordre mondial. Singapour et Dubayy ont démontré que l?embauche des meilleures matières grises mondiales mènent à une croissance phénoménale. La crise à Plaisance ne doit pas être traitée comme un autre problème. L?aéroport est idéal pour un nouveau départ. Ces Mauriciens n?ont vraiment plus le choix. Il est grand temps de s?ouvrir davantage.
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