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Certificats de moralité : attente prolongée, public excédé
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Certificats de moralité : attente prolongée, public excédé
La colère gronde au deuxième étage du NPF Building à Port-Louis. L?attente pour l?obtention d?un certificat de moralité se prolonge et les demandeurs n?en peuvent plus. Ils se disent pénalisés en raison de la lenteur administrative. Un certain énervement a ainsi gagné le public. Des officiers de police ont même été postés devant les locaux par mesure de sécurité. Une situation qui contraste avec les promesses de réforme de l?Attorney General, Rama Valayden.
Pooloogadoo Narain Swamy, agent de sécurité d?une société de gardiennage, explique être sous le coup d?une suspension de cinq mois pour n?avoir pas produit de certificat de moralité à son employeur. Pourtant, sur son reçu, la date du 31 octobre est indiquée comme celle à laquelle il doit venir prendre ledit document.
Mais à jeudi dernier, il attendait toujours qu?on le lui délivre. Une attente qui dure depuis plus de sept mois maintenant, la demande ayant été faite le 8 octobre 2007. C?est d?autant plus embêtant, poursuit-il, qu?il n?habite pas la porte à côté. «J?habite à Rivière-du-Rempart et je dois faire le déplacement jusqu?à Port-Louis à chaque fois, mais ce n?est toujours pas prêt.»
Comme lui, de nombreuses autres personnes se plaignent du trop long délai nécessaire à l?obtention d?un certificat de moralité. Parmi elles, Noorjaan Kheedeer, 41 ans. Cette mère de cinq enfants est à la recherche d?un emploi mais elle explique qu?il lui faut pour cela obtenir ce document. Celui-ci se fait attendre.
Nazeerah Jumka, une ancienne enseignante, relate, elle aussi, qu?elle a dû attendre de longues semaines pour un certificat de moralité pour sa fille qui entreprend des cours universitaires en Afrique du Sud.
Face aux cris du public, un nouveau responsable a été dépêché en vue de remédier à la situation. Il s?agit d?Anil Ujoodha. Auparavant affecté au Human Rights Centre, il est, depuis trois semaines, le Higher Executive Officer du département chargé de livrer les certificats de moralité. Ce département tombe sous la tutelle de l?Attorney General?s Office.
<B>3000 dossiers en retard</B>
«J?étais au Human Rights Centre et il y a tellement eu de plaintes du public qu?on m?a demandé de prendre en charge ce département-ci. Un certificat de moralité est un certificat qui atteste du caractère de l?individu. Si un postulant a eu des condamnations pour des délits, cela sera mentionné sur son certificat de moralité, sauf si les condamnations datent de plus de dix ans avant que la demande ne soit faite», explique Anil Ujoodha.
Ce dernier attribue la longue attente tant décriée à une demande croissante, mais aussi à l?administration précédente qui n?a, dit-il, pas accordé suffisamment d?importance à ce travail qui s?est accumulé, résultant en un retard (backlog) de 3 000 dossiers.
Il fait ressortir que ce document est requis par un nombre beaucoup plus important d?employeurs, tous secteurs confondus, notamment les entreprises privées et le secteur touristique. «Même les videurs doivent maintenant détenir un certificat de moralité.» Les employeurs, dit-il, sont maintenant beaucoup plus sensibles au caractère de leurs employés.
«Chaque jour, nous recevons 200 demandes qui doivent être compilées et envoyées par voie électronique au Crime Record Office (CRO) des Casernes centrales. Les noms des demandeurs sont ensuite communiqués aux police prosecutors des tribunaux qui, après enquête, communiquent les renseignements au CRO. Les employés affectés à ce bureau vont, à leur tour, expédier les détails de leurs recherches au département de moralité. Certains demandeurs sont priés de remettre leurs empreintes aux Casernes centrales avant de prendre livraison de leur certificat de moralité», souligne Anil Ujoodha.
Le fait que les certificats de moralité doivent être signés du Directeur des poursuites publiques, ou de certains Principal State Counsels est, dit-il, un autre problème. «Ce n?est pas une tâche facile car ces avocats sont souvent pris dans les procès.»
Contacté, Rama Valayden défend la reforme. Pour lui, «il incombe aux postulants de ne pas attendre la dernière heure. Il y a un fast track mis sur pied pour entretenir les demandes urgentes comme celles des gens qui doivent quitter le pays. Mais pour cela, ils doivent produire certains documents et nous nous devons de vérifier si ces personnes n?ont pas commis de délits dans un autre pays et cachent ce détail pour se voir remettre un certificat de moralité impeccable.»
Le délai pour obtenir un certificat, ajoute l?Attorney General, passera bientôt à trois semaines. «Auparavant, cela prenait 16 semaines pour obtenir un certificat de moralité. Avec la réforme et l?informatisation du système, nous allons livrer ces certificats dans un délai de trois semaines à partir du 23 juin. De plus, nous délivrons 200 certificats par jour contre 50 auparavant.»
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