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Centres d?appels : on recrute
S?IL Y a un secteur où les mots ?perte d?emplois? et ?chômage? sont bannis, c?est bien celui des centres d?appels. Ici, le message est clair : on recrute et vite. Environ un millier d?emplois est à pourvoir dans ce secteur d?ici la fin de l?année. ?Nous recrutons tous les mois depuis un an et demi. Le business des centres d?appels, c?est le bon créneau, au bon endroit et au bon moment. La preuve, tout le monde engage ? , déclare Gilles Guerre, président-directeur-général de Prophony.
Cette compagnie, entièrement dédiée au marché français, enregistre une croissance mensuelle de 25 % de son chiffre d?affaires. Un chiffre qui ferait rêver tout entrepreneur normalement constitué. D?ici la fin de l?année, Prophony espère recruter encore au moins 150 personnes pour son centre d?appels.
La raison de cette croissance formidable est simple. De plus en plus, les compagnies européennes et américaines préfèrent délocaliser et sous-contracter dans les pays en voie de développement. Le service clientèle et les activités liées au secrétariat en font partie. Maurice est un territoire propice à ce genre d?activités de par sa stabilité économique et le tempérament de ses citoyens.
?Depuis plusieurs mois, la majorité des compagnies du secteur recrute. Avec l?implantation de nouvelles entreprises étrangères, le recrutement devrait aisément atteindre les 1 000 emplois d?ici la fin de l?année?, souligne une source du ministère du Travail et de l?Emploi.
Chez Infinity, groupe franco-mauricien, c?est le même son de cloche. Cette compagnie, qui loue un étage à la cybertour d?Ebène, compte recruter 500 personnes en peu de temps. Elle est déjà à la recherche de dizaines d?employés pour commencer ses opérations.
Answer Plus, multinationale avec des filiales à Londres, en Afrique du Sud et à Maurice, vient de débuter une grande campagne de recrutement de télé-agents à Maurice. Là aussi, plusieurs dizaines de personnes sont recherchées.
Attirer les clients européens
Au niveau de l?externalisation (Business Process Outsourcing ? BPO), les compagnies arborent également bonne mine. Accenture, un des leaders mondiaux du secteur, recrutera ?une centaine de personnes dans les prochains mois? pour sa filiale de Bell-Village, selon son directeur, Sylvain Deslandes. Ceredian Centrefile, leader des services de ?payroll? et de ressources humaines en Angleterre, recrutera également 60 personnes dans les mois à venir.
L?avenir du secteur est si prometteur que plusieurs compagnies mauriciennes viennent de se lancer dans l?aventure. C?est le cas de Customer & Contact et de Data Communications Ltd (DCL) qui a inauguré son centre d?appels officiellement en obtenant sa licence, il y a quelques semaines, avec comme objectif d?attirer des clients européens. Si tout va comme prévu, il y aura aussi de l?embauche au niveau de ces deux compagnies.
Activeline, filiale de Harel Mallac, a aussi fait son entrée dans le secteur international en janvier. Les perspectives font sourire son directeur général, Didier Sam Fat. ?Nous aurons besoin de 80 personnes d?ici la fin de juillet. Le marché est en pleine éclosion et Maurice commence à jouir d?une bonne réputation dans ce secteur sur la scène mondiale.?
Cependant, des compagnies commencent à éprouver des difficultés à trouver des télé-agents avec les compétences requises. ?Pour l?instant ça va. Nous commençons cependant à regarder vers d?autres pays puisque le marché de l?emploi risque d?être saturé dans deux ans alors que le secteur sera encore en pleine croissance?, explique Gilles Guerre.
Le problème ne se situe pas toutefois pas au niveau des diplômes. Les recruteurs commencent à éprouver des difficultés à trouver des personnes avec un certain profil spécifique. Si le Mauricien s?adapte bien et peut être vite formé, en revanche, on lui reproche de ne pas avoir assez de tempérament. Des centres d?appels se plaignent que les Mauriciens ?ne sont pas assez agressifs en télémarketing?.
Hésitation des compagnies étrangères
Certains songent même à se tourner vers d?autres pays d?ici quelques années à cause de la difficulté de trouver une main-d??uvre qualifiée. Cet aspect est d?ailleurs un problème qui fait hésiter certaines compagnies à s?installer sous le soleil mauricien, même si le secteur est en plein boom.
Selon les statistiques de l?International Telecommunications Union (ITU), le BPO, dont font partie les activités de centres d?appels, a engendré un chiffre d?affaires mondial de plus de Rs 2,24 milliards en 2002. D?ici 2007, ce chiffre dépassera les Rs 3,3 milliards. Selon une enquête menée par le magazine américain Fortune, 40 % des 1 000 plus grandes entreprises du monde n?ont pas encore recours à des activités de BPO.
Pas surprenant donc que Maurice fasse les yeux doux pour continuer à attirer les spécialistes du secteur à Maurice.
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