Publicité
Cehl Meeah raconte
Le 4 décembre 2000, accompagné de mon avocat, Me Imteeaz Mamoojee, je suis allé au bureau du chef du Central CID. Il était près de 11 heures lorsqu?on m?a invité m?installer dans un bureau attenant, en attendant d?être interrogé. Comme les enquêteurs tardaient, mon avocat est parti. Cinq minutes après, l?équipe de l?inspecteur Raddhoa a voulu m?emmener de force. Comme je résistais, les policiers m?ont insulté et m?ont embarqué dans un véhicule par une porte de service. On est d?abord allé à la CID de Curepipe avant de se diriger vers les locaux de la Special Mobile Force. Il était aux alentours de 16 h 30. Là, dans un restricted area, l?officier Raimbert a commencé à me gifler sur les deux oreilles. Il me donnait des coups sur la tête, à l?estomac et dans la poitrine. Cela faisait huit jours que je jeûnais à cause du Ramadan. Il voulait que je confirme la déposition de Toorab Bissessur selon laquelle j?avais demandé à l?escadron de la mort de descendre Babal Joomun en octobre 1996. En me brutalisant, ils me disaient qu?ici, c?était l?abattoir de Raddhoa, qu?il ne fallait rien nier mais répondre aux questions par l?affirmative. Je leur répondais que je ne pouvais confirmer des mensonges, que je voulais voir mon avocat. L?officier Raimbert m?a envoyé son poing dans les parties intimes. Je suis tombé de ma chaise sous les coups. Deux hommes m?ont maintenu pendant que Raimbert me frappait dans le ventre et au visage. Il disait qu?il y avait plusieurs rafales, qui allaient de 1 à 5? Ils m?ont laissé en paix pendant quelques instants au moment de la prière. Puis Raddhoa est venu. Il m?a dit que c?était dans mon intérêt de parler et qu?il ne serait pas responsable de ce qui allait m?arriver si je gardais le silence. Ils disaient qu?il fallait me rafraîchir la mémoire. Deux officiers me secouaient en me tenant chacun par les oreilles. Je me suis évanoui. Ils m?ont réveillé en me jetant de l?eau au visage. Raddhoa m?a emmené dans un coin de la pièce et il m?a dit que tout était négociable, qu?il avait reçu des instructions pour me faire parler même s?il fallait me tuer pour cela. Je lui ai dit que je n?avais rien à voir avec l?escadron de la mort. Vers 21 heures, j?ai été emmené à Alcatraz. Le lendemain, en cour de Moka, j?ai déclaré au magistrat que j?avais été victime de brutalité policière. Ce dernier a demandé que je sois examiné par un médecin. En sortant de chez ce dernier, j?ai voulu rencontrer mes avocats, mais les hommes de Raddhoa m?ont kidnappé une deuxième fois. Ils m?ont dit que j?allais maintenant savoir ce que c?était que la brutalité policière, que j?avais intérêt à parler. Ils m?ont menotté les mains derrière le dos, avant de me pousser sur le sol. Deux hommes m?ont écarté les jambes et m?ont frappé la plante des pieds avec un rotin. Un troisième me susurrait à l?oreille que je pouvais mettre fin à ces souffrances en signant des papiers blancs qu?ils allaient ensuite remplir. J?ai réclamé mes avocats de nouveau. Deux autres m?ont fouetté les jambes avec du fil de fer. Je me
suis évanoui. En me réveillant, ils me disaient que j?utilise la religion pour duper monde et que je ne méritais pas de vivre. Raimbert m?a mis sous une chaise, il s?est assis dessus et m?a frappé avec son talon à l?épaule et au bas ventre.
J?ai même eu les côtes fracturées. Puisils m?ont déshabillé, ils m?ont attaché le sexe avec une corde en nylon avant de tirer dessus. Ils m?ont aussi mis un engin vibratoire dans l?anus et m?ont blessé en me tapant à coups de pieds à cet endroit? Je dirais davantage sur ces actes de barbarie dans le meeting à la Plaine-Verte le 28 novembre prochain?
Publicité
Publicité
Les plus récents