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Ce qui a changé après le 1er Mai

6 mai 2007, 00:00

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<B>MMM : se préparer à l?alternance</B>

«Nous sommes au septième ciel. » Tels sont les propos d?un apparatchik mauve. Et pour cause. Au MMM, c?est la sérénité retrouvée. Les dirigeants du parti se réjouissent du succès de leur meeting et se voient déjà mettre le cap sur l?hôtel du gouvernement « C?est le fruit d?un travail assidu sur le terrain. L?année dernière, quand nous disions que le MMM était le parti le plus fort, certains essayaient d?escamoter cette réalité. Le MMM l?a prouvé cette année par cette mobilisation extraordinaire, et a voulu rappeler à certains ce fait indéniable depuis notre meeting du 1er Mai. La phase de consolidation se poursuit et, ce, avec l?apport des militants de calibre comme Vishnu Lutchmeenaraidoo, Vijay Makhan, Surendra Bissoondoyal, Swaley Kassenally et Prem Nababsingh. Je voudrais aussi mettre l?emphase sur l?arrivée de jeunes professionnels qui se sont joints au parti., notamment Jenny Moteealoo, Raj Ramsaha, Areff Salauroo pour ne citer qu?eux.

C?est réconfortant de voir tant d?énergies qui se mettent au service du parti et du pays », a déclaré le secrétaire général des mauves, Rajesh Bhagwan.

Le processus de consolidation se poursuit et ira en s?amplifiant.

Même si le 1er Mai est considéré comme un tournant dans la situation politique actuelle, selon les dirigeants du parti, ce n?est pas pour autant que les mauves comptent dormir sur leurs lauriers. Déjà, le parti, se prépare à organiser une grande réunion des jeunes, probablement en août.

« Nous sommes résolument tournés vers l?avenir. Le MMM est crédible et demeure le parti le plus fort dans ce pays. Paul Bérenger est incontournable et il assumera les responsabilités qui sont à la mesure de la qualité de son leadership. Il demeure le leader du MMM d?aujourd?hui comme il l?a été pendant de longues années. Nous connaissons notre force électorale, car nous sommes un parti structuré et discipliné », a poursuivi Rajesh Bhagwan. Dans les rangs du parti mauve, revigoré après le succès de leur meeting, on affiche une détermination sans limites. Ainsi les mots de Paul Bérenger ont procuré une immense satisfaction.

« Pa bizin trakase, gard lespoir », résonnent comme un appel à ne pas baisser les bras.

Quant à la stratégie politique, le MMM voudrait bien une réunification des forces de l?opposition. Toutefois, les autres composantes, en l?occurrence le MSM et l?Union nationale, doivent se rallier à la locomotive mauve.

À défaut, le MMM pourrait se présenter seul aux élections, avec Paul Bérenger ou tout autre dirigeant, selon la décision de ce parti, se présentant comme le Premier ministre de l?alternance. Si, à ce stade, la direction du parti, ne reste pas insensible à l?appel du pied du MSM, c?est sur la bonne formule que les débats risquent de s?enliser. En tout cas, en ce qui concerne le PTr, il n?est pas question de lui faire de cadeau. Fort de cette symbiose des villes et des villages, et de l?enthousiasme retrouvé, le MMM, selon Rajesh Bhagwan, va s?employer à consolider l?unité nationale, mise en péril, selon lui, par la politique anti-travailleurs menée par le gouvernement. La prochaine action du MMM, sera d?empêcher le démantèlement des tripartites et le parti sera aux côtés des syndicats, dans leurs revendications salariales.

<B>Alliance sociale : diviser pour régner</B>

L?Alliance sociale (AS) savoure une petite victoire. Mardi, le défi à relever était celui de la mobilisation. Et elle semble avoir été réussi. Du coup le Parti travailliste (PTr) et ses alliés en tirent une principale conclusion : malgré la cote de popularité faiblissante du gouvernement, et sans grande campagne de mobilisation préalable, l?Alliance sociale arrive toujours à attirer une foule tout à fait honorable.

« Cette campagne s?est faite sans la publicité habituelle et nous voulions voir comment cela allait se passer », explique un dirigeant rouge.

Certes, certains députés et ministres ont été vertement tancés par la direction du Parti travailliste pour n?avoir pas su mobiliser davantage, mais dans l?ensemble, l?Alliance sociale sort du 1er Mai en rassurée. Reste à savoir ce qu?elle compte faire avec cette confiance retrouvée. Les stratégies de l?Alliance sociale se décident à son plus haut sommet, par son Leader, Navin Ramgoolam. Et pour l?heure, les dirigeants de l?AS n?entrevoient aucun fléchissement dans la stratégie de Ramgoolam. L?AS et ses composantes restent une équipe qui se prépare à aller ensemble aux élections générales de 2010 en rangs serrés. En attendant, le PTr, poursuit la consolidation de ses assises en tablant sur ses Constituency Labour Party. Mais même si, officiellement, aucune alliance ou réagencement au sein de l?AS n?est à l?ordre du jou, chacun analyse et commente la moindre petite phrase ou attitude de Ramgoolam à l?égard des deux partis de l?opposition. « Sur le plan des alliances possibles, toutes les options sont ouvertes, MMM ou MSM. Mais la question ne se pose pas dans l?immédiat », a affirmé Deva Virahsawmy le secrétaire général du PTr. C?est surtout l?attitude de Ramgoolam vis-à-vis du MSM qui intrigue ces derniers temps. Ainsi une fois de plus, mardi, Ramgoolam s?en est sévèrement pris au MMM, tout en ménageant soigneusement toute attaque contre Pravind Jugnauth, le leader du MSM. Il s?est même permis, en abordant le sujet des émeutes après la mort de Kaya en 1999, de rendre un subtil hommage à sir Anerood Jugnauth qui avait lancé un appel au calme. Les moins naïfs au sein du Parti travailliste font toutefois remarquer que Ramgoolam maintient de bonnes relations avec certains membres du MMM.

Tout en se permettant d?en fustiger d?autres au Parlement.

Navin Ramgoolam souffle le chaud et le froid en alternance sur les partis d?opposition. D?aucuns, au sein même de l?AS, estiment que la stratégie est parfaitement claire.

Il s?agit de donner l?impression d?une certaine proximité, tout à tour, avec l?un ou l?autre des partis d?opposition. Afin d?empêcher toute dynamique pouvant mener à une réunion des forces de l?opposition. Qui bien mobilisées, pourraient cette fois-ci contrer efficacement le gouvernement et constituer une menace électorale réelle pour l?Alliance sociale.

<B>MSM : à la recherche du partenaire idéal</B>

Pravind Jugnauth, le leader du MSM, a donc choisi de faire un appel aux « partis de l?opposition sérieux » lors de son meeting du 1er Mai à Cure-pipe. Pour expliciter son propos, il a précisé, le lendemain, que c?est bien au MMM qu?il pensait en tenant de tels propos. Voilà donc ce que souhaite le MSM. Et on peut en comprendre la logique.

La majorité des cadres du MSM et du MMM avouent volontiers que l?entente entre eux est plutôt bonne. Et que, somme toute, la collaboration a été réelle et cordiale pendant les cinq années où ces deux partis étaient conjointement au pouvoir. Mais on ne fait pas d?alliance ou de plans de conquête sur la seule base de l?affinité.

Si le MSM dit publiquement vouloir se « rabibocher » avec le MMM, c?est qu?il a de bonnes raisons. D?abord de clientélisme électoral.

Ceux qui ont scruté attentivement la foule que le MSM a attiré mardi ont remarqué deux choses. D?abord, qu?elle était essentiellement composée de militants MSM conquis. Mais elle était aussi relativement hétérogène, certes constituée majoritairement de personnes en provenance du vivier électoral rural et traditionnel du parti du soleil, mais aussi d?une partie de militants provenant des villes.

À vrai dire, le MSM et le MMM se complètent. L?un ayant une certaine assise rurale, l?autre étant populaire en ville et ayant une capacité certaine d?attirer les composantes minoritaires du pays. La bonne recette, sur le papier, pour obtenir un succès électoral. Tout devrait donc concorder au renouement de l?alliance rompue fin 2005 avec le MMM.

Mais c?est sans compter avec les ambitions premierministérielles de Pravind Jugnauth. Ce dernier n?envisage nullement d?être le numéro deux d?une alliance ayant Paul Bérenger pour leader et qui partagerait le mandat du Premier ministre en deux périodes de deux ans et demi. Cette idée fixe agace certains membres du bureau politique du parti.

L?un d?entre eux confiait récemment qu?Anerood Jugnauth, Paul Bérenger ou Navin Ramgoolam avaient conquis la crédibilité pour assumer la fonction suprême en faisant leurs preuves en tant que leaders pugnaces de l?opposition.

« Pravind n?a malheureusement pas encore conquis cette crédibilité-là », affirmait notre interlocuteur. D?aucuns expliquent que la priorité de Pravind Jugnauth est justement de refaire son entrée au Parlement. En mettant toutes les chances de son coté si jamais l?élection d?Ashock Jugnauth à Moka-Quar-tier-Militaire est définitivement invalidée.

En attendant cette étape, l?intransigeance du MMM à céder du terrain sur les condi-tions d?alliance contraint le parti du soleil à envisager d?autres possibilités. Comme aller seul aux élections générales de 2010. Une décision qui pourrait coûter très cher au parti, car il risque potentiellement de ne faire élire qu?une poignée de députés, pour ne pas dire aucun, lors d?une joute à trois.

Ce qui amène certains cadres du MSM à envisager, en petit comité, la possibilité d?entrer en alliance, en tant que partenaire minoritaire, avec un poste de vice-Premier ministre pour Pravind Jugnauth, dans un gouvernement dirigé par Navin Ramgoolam. Car après tout, le Premier ministre se montre étonnamment bienveillant envers le MSM ces derniers temps. Pravind Jugnauth dit même croire que le Premier ministre « apprécie » le « comportement » des membres de son parti. Et si cette « appréciation » n?était que toute tactique ?

UNION NATIONALE

<B>Objectif : Consolidation</B>

Pour le parti d?Ashock Jugnauth, le temps n?est plus à un retour au MSM. Tous les liens sont coupés et le congrès anniversaire de l?Union nationale (UN), dans le cadre des activités du 1er Mai, aura permis à Ashock Jugnauth d?expliquer les dé-boires subis au sein de son ancien parti Ainsi, dit-il , il n?aurait pu prendre la parole dans aucun meeting du MSM : « Ti am-pess moi koze. Ti ekzil moi dans no 8. »

Et le leader de l?UN a voulu démontrer qu?il a des assises dans le pays. La plate-forme idéale , il l?a trouvée avec le lancement de son parti. L?objectif de l?UN, c?est de s?installer dans le paysage politique, comme un parti important de l?opposition. Son ambition actuelle, c?est de se consolider davantage après les acquis d?une année de travail assidu sur le terrain.

Ashock Jugnauth avait misé sur le succès de son congrès afin de se positionner sur l?échiquier politique. L?UN a voulu démontrer qu?elle est un parti national. « Quelle que soit la date des élections, l?Union nationale souhaite qu?elles soient organisées au plus tôt, vu les scandales politico-financiers qui se profilent et les passe-droits qui sont inacceptables dans une démocratie. Le pouvoir dit retourner au peuple », a déclaré le secrétaire général du parti, Anil Gayan. Et l?UN mise beaucoup sur son action sur le terrain auprès des jeunes et des femmes. Sur le plan des alliances possibles, même si au sein de ce parti on estime que le moment n?est pas venu pour en discuter avec d?autres partenaires, Ashock Jugnauth, se félicite qu?il y ait une ligne de communication avec Paul Bérenger. Le dilemme pourrait se poser si le leader des mauves et Pravind Jugnauth se donnaient la main aux prochaines élections, comme certains pourraient le penser. Ce que Paul Bérenger pourrait pousser Ashock Jugnauth à accepter finalement. Mais il n?en est pas encore là.

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