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Casino de Curepipe : les jeux sont faits...
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Casino de Curepipe : les jeux sont faits...
Sa ?tente bazar? à ses pieds, elle compte frénétiquement ses jetons avant de se concentrer sur la machine à sous. En habits tout simples, cette ménagère d?une cinquantaine d?années n?a pas l?air de la flambeuse type. Pourtant elle fréquente assidûment le casino de Curepipe depuis plusieurs années.
A ses côtés, une femme d?une trentaine d?années grille une cigarette en espérant que le bandit manchot accouchera du jackpot. Il n?est que midi et déjà une quarantaine de personnes s?affairent auprès des machines à sous. Elles sont de tous âges et de toutes les couches sociales. Ce sont des jeunes, des mères de famille, des retraités?
Le soulagement se lit sur leurs visages. Après dix jours de fermeture, la salle de jeux du royaume des flambeurs mauriciens a rouvert ses portes hier matin. L?effondrement du faux plafond le 6 août dernier avait fait 13 blessés. Les joueurs ne semblent toutefois pas manifester d?intérêt pour le plafond. Quand ils lèvent les yeux, c?est pour prier que le jackpot tombe au prochain essai. Et si une machine ne leur plaît pas, ils peuvent se tourner vers les 120 autres bandits manchots que compte l?établissement.
Le casino de Curepipe est une véritable légende pour les joueurs mauriciens. C?est la première maison de jeux officielle du pays, ouverte le 18 septembre 1970. Ses jours sont maintenant comptés. Presque 34 ans après son inauguration, le lieu fétiche des ?zougadères? n?a plus d?avenir : il sera complètement rasé d?ici la fin de l?année pour servir de parking à son successeur : le casino de Lakepoint qui se trouve à quelques mètres.
?Lakepoint comptera 175 machines à sous issues de la dernière technologie, soit avec des écrans plats et une série de nouveaux gadgets qui plairont aux clients?, explique un haut cadre de la State Investment Corporation.
Les joueurs salivent déjà. Entre 300 et 500 personnes fréquentent le casino de Curepipe chaque jour. L?établissement accueille ses premiers clients dès 10 heures du matin. Seule la salle des machines à sous est opérationnelle à cette heure. Les autres salles de jeux ouvrent à 20 heures. Les ?jusqu?au-boutistes? sont forcés de quitter les lieux à 4 heures du matin, au grand soulagement des 120 employés.
La dépendance aux jeux de hasard se lit sur le visage des joueurs. Il n?est que midi mais les regards sont déjà crispés. Certains sont impatients, grillant cigarette sur cigarette. Une odeur de tabac se répand graduellement dans la salle, malgré l?extracteur d?air et une climatisation qui marche à fond. L?atmosphère est contagieuse. Elle incite au vice.
Quelques heureux, beaucoup de malheureux
?C?est la première fois que je viens ici. Je ne m?y connais pas trop??, lance un jeune habillé à la manière des acteurs bollywoodiens. Pour un débutant, il semble bien s?y connaître. Il partage ses pièces entre deux machines, suivant de près la tendance et gardant un ?il sur le jackpot qui ne cesse de gonfler.
En pleine journée, la clientèle du casino de Curepipe peut surprendre le néophyte. Ici, il n?y aucun homme en costume, aucune femme en habits B.C.B.G., personne n?a les doigts garnis de bijoux... On est loin des clichés de Maverick, de Casino ou des grosses productions hollywoodiennes. La majorité des clients sont issus de la classe moyenne. Certains viennent visiblement du bas de l?échelle sociale.
Dans la soirée, alors que les autres salles de jeux ouvrent leurs portes, la clientèle devient plus hétérogène. On peut alors voir des cadres, des chefs d?entreprises et ceux qui travaillent dans la journée. Ils partagent tous la même passion mais aussi et surtout le même rêve : décrocher le gros lot.
A mesure que les heures passent, l?adrénaline monte. Les lumières des machines éblouissent, le son des pièces attise les passions et l?envie de gagner atteint son apogée. Mais les jeux de hasard sont très avares. Ils gardent toujours plus qu?ils n?en donnent. Au fil des années, le casino de Curepipe a fait quelques heureux et beaucoup de malheureux. Dans la maison de jeux, le véritable gagnant est le propriétaire.
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