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Carnaval anti-violence : mieux qu?un discours
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Carnaval anti-violence : mieux qu?un discours
Un diable, une fée, une mariée, un téléphone portable. Les rues de Rose-Hill ont été, samedi, le théâtre d?un fourmillement d?enfants et d?adolescents rivalisant d?ingéniosité pour le grand carnaval sur la non-violence.
En tête, un char transformé en Budi, personnage populaire auprès des jeunes, on retrouve Shirin Aumeeruddy-Cziffra, l?Ombudsperson for Children, très satisfaite : ?Nous ne nous attendions qu?à un millier de jeunes. Nous sommes bien au-delà de nos espérances. On peut faire ressortir ce fléau de la société qu?est la violence à travers divers modes d?expression. Ce carnaval et le spectacle qui suit permettent aux jeunes d?exorciser leur souffrance et de sensibiliser l?opinion?.
Toutes les régions étaient représentées à travers des organisations non gouvernementales et des associations telles que SOS Village, CEDEM, Le Serin du Cap, les scouts. Des adolescents, bâillonnés et encerclés d?une chaîne attirent le regard dans des costumes noir et rouge. Camille, de la Craft Academy de Quatres-Bornes, enlève son morceau d?étoffe rouge de sa bouche : ?Cela signifie que n?avons pas le droit à la liberté d?expression.Beaucoup de choses ne sont pas respectées pour les enfants, qui se retrouvent dans un engrenage, ?emprisonnés? bien qu?ils soient dans la vraie vie. L?oiseau que nous tenons à la main symbolise l?idéal de l?espoir, de la liberté. On a voulu faire un contraste saisissant.? Pari réussi.
Les nombreux enfants et adolescents présents ont été épaulés par Véronique Pompon, professeur de dessin, attelée à réaliser de petites ?uvres sur les visages. Quant à Florence Drachler, styliste et costumière, arborant elle-même une jolie panoplie d?abeille, a travaillé en amont avec les participants sur des thèmes particuliers. Prendre un peu de distance par rapport à une cause grave tout en l?interprétant dans une énergie d?ambiance de carnaval. Ainsi avons-nous pu voir Mélissa criant à tue-tête, ?Non à la prostitution?, portant un large chapeau de sa composition illustrant une scène de prostitution : une poupée Barbie et un réverbère en carton pâte sont collés dessus. Steve, du centre St-Luc de la Cité-Kennedy, habillé en détenu et portant un chapeau en forme de grille de prison, souhaite que ?la société soit dépourvue de violence, de détournement de mineurs, de pédophilie. Tout cela mène à la prison. Je trouve que les jeunes ont une formidable porte de sortie avec la musique. C?est mon cas.? Les petits, déguisés en Bugs Bunny, Chaperon rouge ou papillon faisaient aussi entendre leur voix en scandant des ?Mo lekor pou mwa?, ?Aret lalcol ek la drog?, ?Pa fer zenfan mizer? à l?instar de Maigie, 4 ans.
Une fête haute en couleur bien plus percutante que les plus grands discours. Le message effectivement passe. La foule agglutinée le long des rues veut faire partie de cet élan de solidarité. Le cortège grossit avant d?arriver au Stade Sir Gaëtan Duval. Lors du spectacle qui s?y est déroulé, les jeunes ont préféré communiquer l?essence de leur démarche par des chansons engagées, des danses et des sketches. Un parterre de personnalités, très attentif, était là : du président de la République Sir Anerood Jugnauth et Lady Sarojini Jugnauth, à Aase Smedler, resident coordinator du Programme des Nations unies pour le développement et Mariam Gopaul de l?Observatoire des droits de l?enfant de l?océan Indien. Indira Seebun, ministre de la Femme, a reçu des mains des jeunes une Charte des droits fondamentaux des enfants.
La violence, sous toutes ses formes, a été dénoncée lors de ces manifestations organisées par la mairie de Beau-Bassin-Rose-Hill et l?Ombudsperson pour que cesse enfin cette blessure qui passe de génération en génération.
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