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Canu : “Un problème psychologique”
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Canu : “Un problème psychologique”
• Quels sont les grands enseignements à tirer de ces Jeux olympiques pour le judo français ?
Nous avons complètement raté notre compétition, il ne faut pas se voiler la face. C’est un problème psychologique. Le judo est un sport de combat qui nécessite de la motivation, de la combativité. Ce sont des qualités qui ont manqué. Aux JO, le manque d’engagement, ça ne pardonne pas.
• Le fiasco des derniers championnats d’Europe n’avaient-ils pas été négligés par l’encadrement ?
Je pensais que la sélection française pouvait se montrer à la hauteur à Athènes. J’avais davantage à l’esprit les Mondiaux d’Osaka l’an passé. Nous y avions obtenu cinq médailles, ce qui m’avait rassuré sur l’engagement des judokas français dans une grande compétition. Nous nous étions investis corps et âme pour préparer ces Jeux. Je pense que nous avons surtout négligé l’aspect mental. Il faut redonner aux judokas la culture du combat.
• L’absence de leaders charismatiques, comme David Douillet ou Marie-Claire Restoux , a-t-elle pesé ?
Ce n’est pas l’explication principale, mais, effectivement, la présence d’un leader nous aurait sans doute donné le petit coup de pouce que nous n’avons pas eu. On est un peu actuellement à la croisée des chemins. Il y a une passation de témoin qui a du mal à se faire.
• Comment analysez-vous la razzia du Japon ?
Il y a un véritable phénomène de mondialisation du judo actuellement 94 pays étaient présents à Athènes, ce qui ne s’était jamais vu. Ce sport connaît un développement exceptionnel. Quant au Japon, il est un peu au judo ce que le demi-fond est au Kenya. Le judo est un sport de souplesse, adapté à la morphologie des Japonais, et qui est, d’autre part, pratiqué dans toutes les écoles là-bas. D’autre part, le Japon a su faire évoluer ses méthodes.
• Comment la France va-t-elle justement faire pour rebondir à son tour ?
Cela passe davantage par un changement de méthodes que par un changement d’hommes, car l’encadrement a fait du bon travail. Hormis Bendoudaoud, la plupart des judokas vont continuer en équipe de France jusqu’à 2007. Il est illusoire de se dire qu’on peut obtenir 6 ou 7 médailles comme à Barcelone, Atlanta ou Sydney. Mais on doit s’en sortir.
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