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Candidat Serge Maurice petit neveu de Willy Dupré

4 juin 2007, 00:00

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Une des grandes satisfactions de la campagne électorale se terminant le 10 juin 1982 est de redécouvrir que le candidat du PAN (PTr plus groupuscules et satellites) Serge Maurice est le petit neveu du Dr Willy Dupré. Cela nous vaut des souvenirs médico-politiques sympathiques, émouvants même.

La recherche d?une société mauricienne saine entre 1976 et 1982 incite le Dr Serge Maurice à se porter candidat aux législatives du 11 juin 1982 (25 ans lundi prochain). Il explique à Alain Gordon-Gentil pourquoi s?intéresse-t-il autant à la politique qu?à la médecine. Il attribue à son grand-oncle, le Dr William Dupré, l?inoculation en lui du virus politique. Il s?avoue grandement influencé par le successeur de Guy Rozemont comme député de Port-Louis (en 1956) et député de Port-Louis Ouest en 1959 (avec 52,26% de voix) mais aussi candidat malheureux en 1963 (avec 45.90% de voix), battu qu?il est par Raymond Devienne et candidat battu travailliste du No 1 en 1967 (avec 40,85% des voix) par le trio PMSD Duval, Fakira et Moignac. Serge Maurice se souvient. Quand le grand oncle député débarque chez ses parents, l?adolescent, qu?il est alors, n?a pas d?oreilles assez grandes pour entendre et faire siennes toutes les doctes paroles proférées par un tel oracle.

Il lui attribue aussi sa vocation médicale. Il conviendrait mieux de parler ici de vocation politico-médicale car chez Serge Maurice, comme chez le grand oncle Willy, il n?y a pas de bistouri pouvant séparer le médecin du politicien. Et pourtant les mots sont à la politique ce qu?est le bistouri en chirurgie, Serge Maurice dixit. Bref le candidat, malheureusement éphémère, Serge Maurice se complaît, autant que l?oncle Willy, du mélange médico-politique qui ne sommeille jamais en lui.

Il faut dire que les études de médecine en Ecosse n?ont en rien dissipé la double vocation du médecin-politicien Serge Maurice. Les Ecossais sont par nature nationalistes, autonomistes même, sinon indépendantistes et donc politiciens dans l?âme. De récentes élections l?ont douloureusement rappelé au gouvernement Blair toujours à la solde de la Busherie en Irak.

Sur ce, Serge Maurice s?engage dans la Royal Air Force. L?armée, soutient-il, est autant une formation politique que militaire. On reçoit aussi une conscience politique. L?intérêt pour la res publica se réveille en lui.

De retour à Maurice, en 1976, après ses études et son service militaire, un douloureux paradoxe lui saute aux yeux : un développement incontestable ne parvient toutefois pas à dissimuler tout à fait de sordides et tenaces poches de pauvreté. La coalition PTr-PMSD, conclue en catimini, grâce entre autres à une mystérieuse et ramgoolamienne suspension du décompte des voix, le 22 décembre 1976, dans la circonscription No 5, l?attriste et le déçoit. Il estime que la vieille garde de ces deux partis aurait été mieux inspirée en laissant le pouvoir aux néophytes du MMM. Ne disposant même pas d?une majorité parlementaire, ces derniers auraient disposé alors d?un champ de man?uvres des plus limités et auraient eu à prouver à tous leur habilité à gouverner dans les conditions les plus difficiles, sans pouvoir mettre en pratique aucun de leurs projets de changement révolutionnaires, dangereux même pour l?économie et pour la renommée de Maurice (l?île) au-delà du Bell Buoy. Les Mauriciens auraient vite réalisé que les militants ne peuvent faire mieux que les politiciens chevronnés du PTr et du PMSD, tout comme les conseillers municipaux mauves ont été, exception faite de BB-RH, l?ombre de ce qu?ont été ceux du PMSD des années 1960/70. Serge Maurice estime qu?on aurait dû, en décembre 1976, permettre au MMM de prendre le pouvoir et donner ainsi à la moitié de l?électorat mauricien la possibilité de constater de visu la qualité mauve de cette alternance du pouvoir qu?elle réclamait de tous ses v?ux. Pour sûr, estime-t-il, elle aurait été moins nombreuse, un lustre plus tard, pour renouveler une expérience aussi malheureuse pour le pays.

Pour Serge Maurice, son parti, le RPL, apporte un changement radical dans la qualité des candidats se présentant devant l?électorat. Le manifeste électoral du RPL propose aussi un plus grand nombre de changements radicaux et bénéfiques que celui du MMM/PSM. Ce dernier n?est qu?une pâle copie censurée et adoucie de son programme gouvernemental de 1976. Et ce n?est pas Lalit qui contredira Serge Maurice sur ce point.

Serge Maurice s?étend aussi sur le paradoxe que présentent les services de santé publique mauriciens. Le meilleur côtoie allègrement le pire. Le même hôpital présente, aux regards du visiteur, un bazar central, en guise de salle d?urgences, et des soins médicaux de pointe, au niveau des services spécialisés. Des chirurgiens réussissent, dans un environnement sanitaire douteux, des opérations qui feraient pâlir d?envie les meilleurs spécialistes européens.

Ça c?est l?île Maurice, Dr Serge Maurice.

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