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Camps de la honte : toujours là...

6 avril 2006, 00:00

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?Le camp sucrier d?Union-Ducray est une honte pour le pays. L?Etat doit impérativement intervenir pour reloger les habitants qui vivent dans des conditions inhumaines. Le local qui s?y trouve, vide, ouvert 24 sur 24, squatté par des chiens et des rats, suffirait pour décrire lendroit?. Un constat accablant fait par Jean-Paul Chrétien, conseiller du village de Saint-Aubin et vice-président du conseil des districts de Grand-Port-Savanne.

Il se bat depuis plusieurs années pour sortir les habitants de ces bâtiments délabrés, véritables paniers percés en temps pluvieux.

Selon le conseiller, le nombre de personnes affectées dans ce camp sucrier par le chikungunya pourrait être lié à l?état insalubre des lieux. La quarantaine de familles qui vivent dans ce hameau, au milieu des champs de cannes et des ruelles non asphaltées, sont fatiguées de faire appel aux autorité pour que leurs doléances soient prises en considération. Les habitants vivent toujours dans ces maisons aux murs fissurés, avec le plafond défoncé et des vitres brisées. Les maisons s?affaissent chaque jour et les toits laissent voir les barres de fer. Elles représentent un danger pour les enfants surtout, sans compter les fissures qui facilitent la pénétration de l?eau à l?intérieur.

<B>Une vie amère</B>

Pour Jean-Paul Chrétien, l?absence d?infrastructures sociales dignes de ce nom, d?une boutique et d?une école maternelle, fait que la vie de ces gens reste amère. Il y a longtemps qu?ils auraient dû être relogés ailleurs et goûter enfin à une vie meilleure.

Certains d?entre eux ont passé presque la moitié de leur vie à travailler dur sur cet établissement sucrier d?Union-Ducray, près d?Union-St-Aubin. Au lieu de les récompenser, on les culpabilise, on leur fait de fausses promesses.

Jean-Paul fait allusion à l?initiative prise dans le passé par les autorités gouvernementales pour construire de nouvelles maisons pour eux. Certains avaient même fait le déplacement à Mapou pour voir un type de maison qui devait servir de modèle. ?Mais ziska ler zot encor pe atane?, déplore-t-il.

Avec le temps, quelques habitants ont quitté le camp mais ceux qui ne peuvent se permettre d?aller ailleurs, sont condamnés à vivre au milieu des champs de cannes. Une agglomération où les bus ne passent pas.où les taxis refusent d?emprunter les sentiers rocheux et boueux.

Ces ouvriers ne méritent pas d?être traités comme si on vivait à l?ère coloniale. L?Etat doit intervenir au plus vite : ces gens ont le droit d?avoir une maison décente, d?élever leurs enfants dans un environnement convenable.

Quel devrait être le rôle des élus de cette circonscription face à cette grande misère humaine ?

?Aller sur place pour évaluer la situation et forcer les personnes concernées à assumer leur responsabilité?, insiste Jean-Paul Chrétien.

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