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Cadeaux de fin d?année : on se serre la ceinture
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Cadeaux de fin d?année : on se serre la ceinture
Un calendrier de votre banque, une bouteille de whisky de l?agence de voyages où votre entreprise a l?habitude d?acheter ses billets, un agenda de votre assurance. En cette fin d?année, les petits cadeaux pleuvent? Mais pas autant qu?avant. Inquiètes de ce que leur réserve l?avenir, mais aussi soucieuses de l?image de marque qu?elles cherchent à projeter, beaucoup d?entreprises ont renoncé à jouer, comme autrefois, au Père Noël.
Les premiers à ressentir ce phénomène sont les importateurs et distributeurs de boisson alcoolisée. Jusqu?ici la bouteille de whisky ou de bon vin a été un cadeau très apprécié, aussi bien par les fonctionnaires que par les cadres du privé. Mais les entreprises songent de moins en moins à en offrir.
Gilles Renaud, responsable marketing d?International Distillers, avoue sans détour « que les chiffres ont baissé d?environ 25 % cette année. » Il confirme « qu?on se serre la ceinture. » International Distillers est le fabricant d?un des rhums les plus populaires du pays et distribue également l?un des whiskys que les Mauriciens apprécient le plus. D?autres distributeurs, moins directs que Gilles Renaud, avouent à demi-mot que leurs chiffres n?ont pas progressé, en évitant de dire qu?en fait, leurs carnets de commandes ont été moins remplis cette année.
Mais les entreprises ne font pas qu?économiser sur leurs budgets cadeaux. En fait, elles offrent utile.
Une bouteille de whisky est vite digérée puis oubliée, tandis qu?un agenda haut de gamme ou un stylo frappé du logo de l?entreprise se conserve. Et retient donc l?attention plus longtemps.
« Ils essaient de joindre l?utile à l?agréable. En fait, la tendance d?offrir des objets utiles au quotidien se confirme.
En même temps on projette sa corporate image et on accentue le branding de la compagnie », explique Jason Gunness, le Marketing Manager d?Unicorn Trading, qui distribue une marque connue de stylo. Dans son business, point de morosité. Comme l?année dernière, ce distributeur a même enregistré quelques commandes de stylos personnalisés de Rs 200 000 pour certaines entreprises.
Chez Précigraph, un fabricant d?agendas, les affaires continuent de plus belle. « Nous avons noté que beaucoup de commandes sont arrivées en retard. C?est le seul changement qu?on peut constater. Sinon, nos chiffres de ventes sont comparables à l?année dernière », note Vincent Chevreau. Il estime que le phénomène « serre ceinture » concerne principalement l?achat d?alcools et de spiritueux.
« Sacrifier sur mes marges pour rester compétitif »
Et qu?en pensent les patrons ? Ceux qui avouent avoir coupé leur budget de fin d?année, refusent qu?on les nomme. « Il ne faudrait pas non plus que mes clients pensent que nous sommes radins », lance, en guise de boutade, le directeur d?une entreprise de distribution agroalimentaire. Avant de redevenir sérieux.
« Cela me pose un vrai problème. Je me retrouve à faire de beaux cadeaux à mes très bons clients, tout en me contentant de faire un petit geste pour les autres. L?année n?a pas été extraordinaire. J?ai dû sacrifier un peu sur mes marges pour rester compétitif. Je compense un peu en étant moins généreux en fin d?année », explique-t-il.
D?autres ne songent même pas à se serrer la ceinture. C?est le cas des assurances. Felix Maurel, le directeur général de La Prudence mauricienne, explique ainsi que son entreprise n?a nullement revu son budget de fin d?année. « Bien évidemment, quand la situation est difficile pour nos clients, cela rejaillit sur nos activités. Mais nous n?avons pas modifié notre budget. Je me vois mal, par exemple, ne plus offrir la traditionnelle boîte de chocolat à nos employés en cette fin d?année. »
En effet, beaucoup d?entreprises rechignent à sacrifier les budgets cadeaux de leurs employés, quand il y en a. Cela concerne également les sommes allouées pour les fêtes de fin d?année. Ainsi le responsable de l?organisation des fêtes d?entreprise du Domaine Anna explique que ses clients dépensent davantage cette année. « Auparavant, on prenait des formules entre Rs 500 à Rs 600 par personne. Cette année, la fourchette est plutôt de Rs 600 à monter », explique Kevin Hitié. Ailleurs, on confirme que les entreprises ne se montrent pas radines envers leurs employés. Tandis que certaines se serrent la ceinture, d?autres trouvent quand même le moyen de continuer à faire plaisir à leurs collaborateurs et clients.
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En tête de liste des cadeaux de valeur pour récompenser des personnes que l?on estime ou dont on aura besoin du « coup de pouce » l?an prochain : le whisky. Là aussi, « l?importance » que l?on accorde à celui ou celle à qui est destiné le cadeau se manifeste par le type de whisky offert : un Red Label « récompensera » le destinataire « valorisé » alors qu?un whisky embouteillé à Maurice ira à quelqu?un dont l?estime est plus modeste. Celui qui recevra trois ou plus de bouteilles de whisky d?une entreprise doit « décoder », comme nous le dit le comptable d?une importante firme de la capitale, qu?il est « au firmament de l?échelle d?estime » de la compagnie. « Et qu?on attend ainsi beaucoup de lui », ajoute-t-il. Au niveau vin, les bons crus sont aussi de mise pour « chouchouter » un bon client.
Le cadeau le plus offert ? Les calendriers et agendas. L?avantage de ces deux articles ? Leur prix relativement bas ainsi que la possibilité de « personnaliser » le cadeau avec le logo et les couleurs de l?entreprise. Certains poussent même l?élégance d?avoir les initiales de la personne à qui l?on offre l?agenda gravées là-dessus. Là aussi, cette attention particulière a du prix et traduit l?importance que l?on accorde à cette personne.
Autre type de cadeau qui commence à entrer dans les m?urs de certaines entreprises mauriciennes : les bons de réduction. « C?est le dernier ?craze? : l?on vous offre un bon pour une ristourne de 15 ou 25 % sur vos achats d?un produit que vend la firme qui vous l?envoie », raconte un commercial d?un importateur de produits de soins. Gros désavantage : le bénéficiaire a l?impression que l?entreprise est « radine » et qu?on le force à acheter un produit.
Dernière catégorie de produits offerts : les accessoires de bureau comme les stylos, les cendriers, les presse-papiers, t-shirts? Ils sont à bon marché et facilement repérables, avec le logo de l?entreprise bien visible. Ce type de cadeaux est offert non seulement aux personnes externes aux entreprises, mais aux employés de la firme elle-même. « Ce qui permet de grosses économies liées à la quantité », explique le directeur financier d?une entreprise de construction.
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