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Cadeau de Noël? avec un léger retard
« Cher Père Noël, je ne te demande ni train, ni jeux vidéo, mais je veux retrouver ma mère. » Ce n?était pas en larmes à la maison que j?écrivais cette lettre au Père Noël, mais à l?hôpital. Cette petite chambre qui sentait le chloroforme et dont les murs tristes et blancs me faisaient songer à mon propre avenir et était devenue ma prison, ma cellule, mon univers depuis plus de deux semaines.
Si seulement on retrouvait ma mère ! Elle avait quitté le pays après son divorce d?avec mon père quand j?avais cinq ans et on n?avait plus eu de ses nouvelles. Si seulement on la retrouvait, elle pourrait, à condition que son sang soit compatible, me donner un peu de sa moelle osseuse ! Alors je pourrais vaincre cette maladie qui m?abîmait le sang et me rendait amor-phe? et je vivrais, oh oui je vivrais ! J?aurais droit à la vie, à un avenir ! Ne dit-on pas qu?un v?u de Noël où on met tout son c?ur, toute l?intensité de son âme, sera exaucé ?
Ce Noël-là, je le passais à l?hôpital, entouré de mes proches dont le désespoir se lisait dans leurs yeux. Désespoir de se savoir incapables de me donner la moëlle osseuse pour cause d?incompatibilité, impuissants de me redonner la vie. Désespoir de me voir là, petit garçon de huit ans naguère si vif, si joyeux, gisant sur mon lit de métal, mourant à petit feu, des tubes entrant ici ou sortant de là. Et moi, les voyant souffrir à cause de moi, où tous les jours faire non de la tête, un petit non dans un visage rempli de larmes quand je leur demandais si on avait retrouvé ma mère, je souffrais aussi. Tous mes espoirs reposaient sur elle maintenant, mais ils diminuaient peu à peu, tout comme mes forces face à la maladie débilitante. J?avais mal partout, et mes veines étaient douloureuses à force d?avoir été piquées pour des perfusions, des transfusions et des injections. Mais j?essayais de me montrer brave pour mon père et mes grands-parents, pour ne pas les voir pleurer d?impuissance. Oh, mon Dieu, j?ai huit ans et je ne veux pas mourir ! Je n?ai pas encore vécu ! Il me reste des milliers de jeux à essayer, des milliers d?endroits à visiter ! Je veux VIVRE ! Je veux manger, boire, courir, sauter, même tomber ! Oh Père Noël, s?il te plaît? Mais non, cela n?a pas dû te plaire car nous sommes déjà à la Saint Sylvestre et ma mère ne sait toujours pas que le petit garçon qu?elle a laissé derrière elle à Maurice a besoin d?elle pour vivre? Bientôt, toute la famille viendra pour passer le réveillon à mon chevet. Savent-ils que ce sera le dernier où nous serons ensemble ? Que je ne suis pas sûr que je verrai la nouvelle année arriver ?
La porte s?ouvrit soudain et j?essuyais mes larmes pour montrer un visage de brave petit soldat à mon père? et je m?arrêtais net. Ce n?était pas mon père. C?était ma mère ! La femme qui venait vers moi, qui m?embrassait sur le front, qui me prenait les mains, c?était elle ! J?en jurerais. On lui fit faire des tests et, oh bonheur, on avait enfin ce qu?on cherchait depuis si longtemps ! On allait pouvoir me faire la transplantation ! J?allais vivre ! J?allais pouvoir manger, boire, courir, sauter, même tomber ! Oh Père Noël pardonne-moi d?avoir douté de toi ! J?aurais dû être plus patient et plus confiant. Mon petit Père Noël, tu m?as rapporté mon cadeau de Noël pour la nouvelle année? et grâce à toi, je verrai la nouvelle année venir et s?épanouir. Une année magique, qui se remplira de bonheur et de paix. Merci, merci !
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