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Bérenger met le cap sur Haïti

27 janvier 2006, 00:00

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C?est dans un pays étranglé par l?anarchie, la violence et la corruption, que se rend le leader de l?opposition, Paul Bérenger. Il s?envole aujourd?hui pour Haïti, où il dirigera une équipe de 20 observateurs de l?Organisation internationale de la Francophonie lors des élections présidentielle et législatives du 7 février. Il explique que les conditions dans lesquelles le scrutin se déroulera sont ?loin d?être idéales?.

La date des élections a été reportée à pas moins de quatre reprises par le gouvernement par intérim. Si celui-ci a attribué ces renvois répétés à des problèmes de logistique, la véritable raison serait, selon des observateurs, qu?il n?a pas de contrôle véritable sur le pays. Surtout les bidonvilles, comme cité Soleil, qui abritent une importante partie de la population.

La présence de 9 000 Casques bleus n?a rien fait pour décanter une situation qui ?reste tendue?, selon les mots de Paul Bérenger. A ce jour, neuf Casques bleus ont étés tués et le commandant brésilien de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti, s?est suicidé récemment. Il a toutefois été remplacé par un de ses compatriotes que Paul Bérenger qualifie de ?bien solide?.

Côté chiffres : environ 80 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, l?espérance de vie moyenne est de 53 ans et le taux d?alphabétisation ne dépasse pas 62 %.

Le leader de l?opposition explique que parmi les 40 candidats en lice, quatre se démarquent : René Préval, est un proche de l?ancien président, Jean-Bertrand Aristide qui a démissionné début 2004 pour ?éviter un massacre?. Il est donné favori par les sondages ; l?homme d?affaires Dumarsais Simeus ? malgré une décision favorable de la cour, il ne pourra pas participer aux élections en raison de sa double nationalité ? ; Serge Gilles du centre-gauche et Leslie Manigat du centre-droit.

Paul Bérenger semble nourrir une affection particulière pour ce pays qui partage l?île d?Hispaniola avec la République dominicaine. ?Les Haïtiens et les Mauriciens parlent le même créole. La révolte des esclaves haïtiens a eu un grand impact sur Maurice?, explique-t-il.

Cependant, il ne se leurre pas sur l?avenir de ce ?pays malheureux?, cette ?nation maudite?. ?Le mieux qu?on puisse espérer c?est que les élections soient aussi libres et justes que possibles. On devra juger si elles ont étés acceptables.? Ces élections, affirme-t-il, sont importantes non seulement pour Haïti et les Caraïbes, mais pour l?Afrique aussi.

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