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Bérenger, le sens du devoir accompli
«We are dissolved ». C?est par ces mots et un sourire que le Premier ministre, Paul Bérenger, a annoncé hier la dissolution du Parlement et la fin du mandat du gouvernement MSM-MMM.
L?identité parlementaire des élus de septembre 2000 est effectivement dissoute depuis hier. Il n?y a plus qu?un gouvernement intérimaire pour gérer le quotidien jusqu?aux élections législatives.
L?hémicycle arborait des airs de présentation du budget ou de discours du président. Les ambassadeurs, les hauts officiels de l?Etat, les proches collaborateurs du gouvernement, les épouses de certains ministres et bien sûr, Marie-Claire Lagesse, s?ur de Paul Bérenger, avaient fait le déplacement. Kobita Jugnauth et Arline Bérenger n?étaient toutefois pas parmi l?assistance élégante.
L?ambiance était assez solennelle et même un brin mélancolique dans l?hémicycle. Les quelques boutades échangées avant que le Premier ministre ne débute son discours-bilan n?ont pas beaucoup aidé à dérider l?atmosphère. Plus d?un avaient l?air de s?être réfugiés à l?intérieur d?eux-mêmes, histoire de prendre la pleine mesure de ce qui les attend dans les mois à venir : une campagne électorale rude.
Plus tard, dans la Salle du trône, autour d?une coupe de champagne ou d?un verre de whisky et d?amuses gueules offerts par le Speaker, les vétérans se la jouent blasés. Ils sont habitués au rituel. L?idée de sentir de nouveau monter l?adrénaline particulière des campagnes électorales ne leur déplaît pas.
D?autres, moins certains d?obtenir une nouvelle investiture de leur parti, affectent la jovialité. Quelques proches des partis se mêlent à la petite foule de hauts fonctionnaires, de diplomates, de journalistes et autres présidents d?organisations étatiques. Les dirigeants de l?alliance affichent parfois une mine quelque peu préoccupée, qui contraste avec le charme et les sourires exhibés lors des échanges avec ceux présents.
On sent que la machinerie politique est déjà en branle dans ce camp. La première escale sera la fête du Travail, dans une semaine. On double les efforts pour marquer des points psychologiques sur l?adversaire en réussissant la meilleure mobilisation de partisans.
Le Premier ministre a fait un résumé de ce qu?il clame déjà dans les meetings de ralliement pour le 1er mai. Bien entendu, le langage à l?égard de l?opposition, absente de l?hémicycle, était plus aseptisé. Paul Bérenger a néanmoins rappelé, en guise de mise en contexte, ce qu?il qualifie de l?échec du gouvernement précédent, sur tous les plans.
« Nous sommes fiers d?avoir assuré le leadership d?un pays qui s?était égaré. Nous avons donné le meilleur de nous-mêmes pour redresser notre pays. En vrais démocrates, nous retournons auprès du peuple pour solliciter un nouveau mandat pour continuer (?) » a déclaré le leader de l?alliance MMM-MSM en remettant au speaker le décret présidentiel proclamant la dissolution. Ce décret porte la signature du chef juge, Ariranga Pillay, suppléant le président de la République.
Paul Bérenger estime que les engagements pris envers la nation dans le discours présidentiel ont été honorés. Le gouvernement sortant s?était proposé, entre autres, de promouvoir l?unité et la solidarité nationale, renforcer la démocratie et instaurer la bonne gouvernance dans le service public. Il s?était aussi engagé à améliorer l?ordre public, à renforcer la confiance du public et de la communauté des affaires et à protéger les plus vulnérables.
C?est avec un sens du devoir accompli que Paul Bérenger retourne le pouvoir au peuple. « Nous avons apporté un nouvel espoir là où il y avait désespoir. Nous avons instauré la cohésion sociale là où il y avait acrimonie et division. Nous avons introduit la discipline fiscale dans les finances publiques qui étaient en ruine. Nous avons réformé en profondeur et investi massivement dans des secteurs clés de l?économie. Mais, par-dessus tout, nous avons tracé le chemin qui mènera le pays à faire partie de la ligue des pays ayant des revenus par tête d?habitant élevé », a soutenu le chef du gouvernement sortant. Il s?est dit reconnaissant de la contribution de Sir Anerood Jugnauth, président de la République, avec qui il a partagé la direction du gouvernement.
Au moment des remerciements, Paul Bérenger n?a pas manqué de féliciter le Speaker Dev Ramnah pour « l?impartialité» et « l?équité » avec lesquelles il a arbitré les débats. « Les discussions ont parfois été très épicées, mais les propos tenus, de part et d?autre, n?ont jamais été personnels. En général, le décorum a été respecté » a dit Paul Bérenger en souriant sous cap.
Quelque 215 projets de loi ont été présentés durant la session qui a pris fin hier. Les députés ont répondu à 4 500 questions. Elles incluent les 131 posées au Premier ministre.
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