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Bérenger : Duval fait davantage peur que le MMM-PSM
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Bérenger : Duval fait davantage peur que le MMM-PSM
Ces réminiscences d?il y a un quart de siècle nous permettent de retrouver l?état d?esprit de Paul Bérenger en mars 1982. Il estime meilleures les chances de victoire électorale du MMM et de son allié, le PSM d?Harish Boodhoo, car la lutte se fera alors à deux et non pas à trois blocs, comme en 1976. A trois mois du 11 juin 1982, il estime que le MMM-PSM est déjà assuré d?au moins 50 % des voix.
Il n?est pas tendre pour Seewoosagur Ramgoolam contraint de s?agenouiller devant un Gaëtan Duval voulant ?réunioniser? Maurice, autrement dit de nous coloniser de nouveau et menaçant de démembrer notre territoire pour faire de Rodrigues un Etat indépendant de Maurice. Il déplore l?appel à des étrangers pour sauver ce qui peut l?être de la dernière campagne électorale de Seewoosagur Ramgoolam. Il stigmatise le pitoyable recours de ce dernier à un communalisme déshonorant. La déviation du PTr vers la droite le peine. Il espère toujours un retour du PTr au socialisme de ses pères fondateurs. Le MMM a multiplié les offres d?un rapprochement avec un PTr, tournant enfin le dos aux dérives droitières pour retrouver un socialisme authentique. Chaque fois, la tendance conservatrice, menée, entre autres, par Satcam Boolell et encouragée par Gaëtan Duval, a contrecarré ses tentatives. Les efforts d?un Harish Boodhoo, de réformer de l?intérieur le PTr, s?embourgeoisant chaque jour davantage, n?ont pas eu davantage de succès. En décembre 1976, le MMM a vainement encouragé le PTr de former seul un gouvernement socialiste minoritaire avec son soutien conditionnel. L?aide boolelliste a été plus forte et l?a jeté dans les bras du PMSD.
Bérenger confesse avoir mis de l?eau dans son vin et consent à accepter une incontournable étape électorale plutôt que d?imposer tout de go une démocratie directe. Il veut démocratiser davantage le système politique mauricien, notamment en rétablissant les élections partielles, en rendant obligatoires des élections législatives tous les cinq ans et en interdisant le transfugisme. Il est particulièrement critique à l?égard de l?abusive annulation des élections législatives prévues normalement en 1972. Auraient-elles été maintenues que le MMM aurait été peut-être plus intéressé en 1971 à préparer cet important rendez-vous avec l?électorat et moins enclin à soutenir, comme il l?a fait, des revendications syndicales ayant fortement perturbé les activités économiques de l?époque.
Bérenger pense toujours à un possible mode de révocation de certains députés par l?électorat. Il souhaite non seulement un parlementarisme plus fort que l?exécutif mais encore un électorat plus fort que le parlementarisme. Il se déclare pour un socialisme moderne à visage humain, garantissant davantage les libertés fondamentales, les approfondissant mêmes. Il estime qu?une alliance MMM-PSM comptant en son sein des démocrates comme Anerood Jugnauth, Harish Boodhoo, Ramduth Jaddoo, Kader Bhayat ne saurait constituer la moindre menace pour la démocratie et les libertés à Maurice. Le hic c?est que ces politiciens ne sont plus aujourd?hui avec Paul Bérenger et l?on peut et l?on doit même s?interroger sur les raisons entourant ces cassures, départs rarement suivis de réconciliation sincères ni même de tentative de rassemblement et de nouvelle fraternisation. La prochaine célébration du 25^e anniversaire de la victoire électorale du 11 juin 1982 est peut-être l?occasion d?un fructueux retour en arrière pour examiner les causes et les méfaits de toutes ces déchirures militantes. En revanche, un PTr privé de SSR pourra-t-il encore freiner un Gaëtan Duval se prévalant de son droit aux excès ? demande à juste titre Bérenger.
Interrogé au sujet de l?alliance du MMM avec le PSM, Paul Bérenger confirme que son parti n?a aucune intention de ?bouffer? celui d?Harish Boodhoo. Anerood Jugnauth et lui ont une confiance totale en ce dernier et ses amis. Pour eux comme pour les dirigeants du MMM, la parole donnée est une parole sacrée. La confiance règne totalement. Peut-être pas à la base mais certainement au sommet. Ce point de vue est intéressant car souvent la base quelle qu?elle soit (politique, religieuse, culturelle) pense qu?elle s?entend fort bien avec la diversité quelle qu?elle soit, que la cohabitation est non seulement possible mais déjà réelle et que ce sont les hiérarchies et autres dirigeants qui refusent systématiquement, pour des raisons connues d?eux seuls, de ratifier officiellement une entente existant déjà à la base. Si un premier pas dans la bonne direction doit être fait ici, toute hiérarchie est structurellement mieux placée qu?une base essentiellement inorganisée et informe pour le faire. L?absence de tout premier pas condamne d?abord toute hiérarchie en dépit de ses craintes que la base pourrait ne pas la suivre sur la voie d?un plus grand rassemblement, d?une unité encore plus fraternelle.
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