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Bulram Tacouri, quatre décennies sur les planches

20 mars 2006, 00:00

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Son registre ? Des ?rôles sérieux avec des dialogues qui ont du poids.? Le Old Major dans l?adaptation d?Animal Farm de l?Atelier Pierre Poivre, c?était lui. Le roi Duncan dans Macbeth, ce sera lui. Les deus ex machina des pièces à tiroir de l?Academy of Film and Theatre, de Triolet, c?est encore lui.

Derrière la cravate de directeur de marketing dans une société d?informatique, bat un c?ur d?acteur. Celui de Bulram Tacouri. Son nom et celui de sa troupe sont désormais indissociables du Festival de Théâtre de Port-Louis.

Fidèle à cet événement annuel et attendu produit par l?agence Immedia en collaboration avec la mairie de Port-Louis, Bulram Tacouri a su, depuis 2001, année de la création du festival, faire une niche pour son style où le folklore ne ménage pas ses efforts.

Et pour cause, l?acteur est un vieux loup des planches. Cela fait quarante ans, ce mois-çi, depuis qu?il y monte. Quatre décennies à jouer la vie, c?est à vous guérir de vos illusions. ?Le théâtre, c?est comme le volontariat, on donne sans compter, sans rien attendre en retour.? Les débats sur l?impossibilité de vivre de son art, le taux de fréquentation des salles souvent peu encourageant ? hormis pour les pièces comiques ? n?ont pas de prise sur lui.

Il secoue la tête. A 62 ans, Bulram refuse que l?on démonte son moral. ?La culture du théâtre est bien présente à Maurice. L?obstacle, c?est le prix du billet. Les gens sont intéressés par ce qui se joue mais ne veulent pas mettre la main à la poche.? Tant que la passion est là, les questions de rentabilité patienteront en coulisses. Le n?ud de l?intrigue est ailleurs, ses projets aussi.

C?est du côté de l?Afrique du Sud que se situe le nouveau scénario de Bulram Tacouri. Fin février 2005, il participait à un theatre lighting workshop d?une semaine à Johannesburg. Un événement organisé par le South African Theatre Initiative (SATI), réseau d?Afrique australe.

Bulram Tacouri en ressort avec des connaissances améliorées sur comment ?créer une atmosphère, attirer l?attention du public sur un personnage grâce à la lumière, comprendre les différences d?éclairage dépendant du lieu où l?on joue.?

Juste après, c?est par bus qu?il rallie Durban pour ?tâter le terrain pour la présentation de mes pièces?. Homme à saisir toutes les opportunités, Bulram Tacouri a pris contact au préalable avec le Dr Bisraam Rambilass, responsable du mouvement Arya Samaj en Afrique du Sud.

Rencontre fructueuse puisque l?Academy of Film and Theatre est engagée pour plusieurs représentations, du 5 au 10 décembre dernier, à l?occasion des activités marquant le centenaire de l?Arya Samaj en Afrique du Sud.

Parmi les pièces jouées pour l?occasion : Tribulations of Prem Panday, comédie signée Wal Krishna Bapoo. Une pièce jamais encore jouée à Maurice. ?J?espère le faire d?ici juillet?, nous confie Bulram Tacouri. ?C?est Rama Poonoosamy qui m?a donné ce texte-là.?

<B>?L?art des cascades est inconnu ici??

La troupe de Tacouri a aussi repris Sone ka anda ( The golden egg), l?histoire du laitier projeté dans le futur, pièce jouée lors de la dernière édition du Festival de théâtre.

Une quinzaine de comédiens ont fait le déplacement avec Bulram. Parmi, trois membres de l?Atelier Pierre Poivre : Rowin Naraidoo, son épouse Jany Rose Jhugroo et Devanand Kamulsingh. Son collègue de l?Atelier Pierre Poivre a créé le personnage d?Ignace Letourdie dans Tribulations of Prem Panday. ?Notre coopération date de trois à quatre ans? explique Bulram. ?J?ai joué dans sa Trilogie de Molière, dans son Animal Farm. Les répétitions du Macbeth qu?il prépare, débutent à la fin du mois. Avec six des comédiens de l?Academy of Film and Theatre, nous ferons partie de cette aventure.?

<I>?La culture du théâtre est bien présente à Maurice. L?obstacle, c?est le prix du billet. Les gens sont intéressés par ce qui se joue mais ne veulent pas mettre la main à la poche.?

Après l?escapade sud-africaine, Bulram Tacouri a mis le cap sur Delhi en début d?année. Il était invité au festival annuel de la National School of Drama. De ce voyage, il garde un souvenir enthousiaste de son contact avec le directeur de la Stunt School of India (école de cascadeurs), Hassan Raghu. ?Je souhaite pouvoir l?inviter pour un atelier de travail. Ici, l?art des cascades est inconnu. Comment par exemple, rendre les bagarres sur scène le plus réaliste possible ?? Un nouveau défi pour Bulram Tacouri l?infatigable.

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