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Budget : de nouvelles recettes pour réduire le déficit

28 mai 2007, 00:00

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Les recommandations du Fonds monétaire international (FMI) sont au menu du budget. L?institution internationale préconise l?abolition du transport gratuit, l?introduction des frais pour les études universitaires et dans les hôpitaux, l?élargissement de l?assiette de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et l?élimination des subventions sur le riz et la farine, entre autres, en vue d?accélérer le processus d?assainissement des caisses de l?état. Le grand argentier devra trouver le menu mix qui convient le mieux à la conjoncture lorsqu?il présentera son budget le 15 juin à l?Assemblée nationale.

Le ministre des Finances, Rama Sithanen, a animé samedi un point de presse pour présenter l?état de l?économie à quelques semaines du prochain exercice budgétaire. Le déficit fiscal et la dette publique sont toujours préoccupants. ?Je ne suis pas un magicien?, lâche le ministre pour bien faire comprendre que la marge du gouvernement est très limitée.

Le FMI a fait plusieurs suggestions dans le dernier Article IV consultations pour contenir les dépenses, trouver de nouvelles recettes et améliorer la collecte de la taxe. Une trentaine de recommandations ont été émises. ?C?est au gouvernement de choisir le mix. J?ai demandé plus de flexibilité par rapport à ces mesures. Toutefois, nous sommes d?accord qu?il faut réduire le déficit budgétaire et le niveau de la dette publique. L?analyse du FMI est prise en compte par les bailleurs de fonds vers lesquels nous sommes en train de demander de l?aide.?

Le FMI suggère aussi des initiatives pour le long terme. Il insiste pour accélérer la réforme des pensions amorcée l?an dernier. L?institution de Bretton Woods est d?avis que l?objectif de prolonger l?âge de la retraite à 65 ans devrait être réalisé dans deux ans et demi au lieu de dix ans comme c?était prévu initialement. Les fonctionnaires seront, d?autre part, appelés à contribuer partiellement à leurs pensions de retraite. Actuellement, c?est l?état qui s?en charge entièrement.

<B>Retraite ciblée</B>

La couverture universelle de la retraite devra, elle, céder la place à une application ciblée.

La taille de l?administration publique fait aussi l?objet de commentaires du FMI. Ce dernier estime qu?il faut remplacer seulement un fonctionnaire sur quatre qui partent à la retraite.

Le service de la dette continue à peser lourd dans les comptes de l?état. Le remboursement des emprunts absorbe près d?un quart des revenus totaux du gouvernement. La capacité de celui-ci à déployer des ressources additionnelles dans de nouveaux services sociaux et de nouvelles infrastructures est très compromise compte tenu du fait que les salaires et gages de l?administration publique et les transferts et subsides occupent respectivement 30 % et 37 % de l?argent disponible.

Le déficit budgétaire, de l?ordre de 5,3 % en 2005-06, devrait descendre sous la barre des 5% pour l?année en cours, dit le ministre. ?Le déficit ne baissera toutefois pas comme nous l?avons prévu. La tendance est bonne malgré le fait que nous avons dû payer les squelettes dans les placards légués par l?ancien régime.? Rama Sithanen fait références aux ardoises de certains corps parapublics dont Business Parks of Mauritius Ltd, l?ex Development Works Corporation et la Mauritius Post.

<B>Le chômage régresse</B>

?Nous allons essayer de contenir les dépenses tout en assurant le maintien d?un bon niveau de services publics dans la santé et l?éducation notamment. Nous allons poursuivre l?amélioration de la collecte fiscale. Mais il nous faudra tout mettre en ?uvre pour générer plus de croissance. Une croissance élevée fera rentrer plus d?argent dans les caisses de l?état?, soutient le grand argentier. ?Il nous faudra des moyens pour financer le déficit fiscal avec le moins d?impact négatif possible sur les groupes défavorisés et les classes moyennes.?

Si l?état des finances publiques reste toujours inquiétant, les perspectives de l?activité économique s?améliorent, par contre. ?Nous avons pu arrêter la tendance à la baisse de la croissance économique. Nous avons aussi pu renverser le déclin de l?investissement?, se réjouit Rama Sithanen. Il attribue cette performance aux réformes économiques enclenchées depuis le dernier budget.

Le pays s?attend à des investissements étrangers de l?ordre de Rs 10 milliards cette année, soit le montant le plus élevé depuis plusieurs années. L?emploi repart et le chômage régresse, même si le rythme est encore faible, concède Rama Sithanen.

Néanmoins des faiblesses structurelles et conjoncturelles perdurent. L?inflation reste élevée. Le déficit chronique de la balance extérieure est le reflet de l?effritement de la compétitivité de l?économie avec le démantèlement des préférences.

Les grands moyens sont déployés pour combattre ces maux notamment avec la poursuite des efforts de restructuration. La réforme du marché du travail est presque complétée, affirme le ministre sur ce chapitre.

CHIFFRES

<B>L?investissement en hausse </B>

■ La reprise de l?économie est marquée par une croissance de 5 % projetée pour l?année en cours. L?investissement repart avec un taux de 24 % (montants investis par rapport au produit intérieur brut ? PIB) en 2006, contre 21,3 % l?année précédente.

La part des capitaux mobilisés par les entreprises progresse. Le taux d?investissement privé se chiffre à 16,2 % contre 15 % en 2005. L?Investissement direct extérieur (IDE) est également sur la pente ascendante avec un montant de Rs 7,2 milliards l?an dernier et une projection de Rs 10 milliards pour 2007.

Cette reprise de la croissance et de l?investissement a eu une légère répercussion sur l?emploi. 8 800 nouveaux emplois ont été créés l?année dernière qui a aussi vu le taux de chômage passer de 9,6 % à 9,1 %. ?L?équation est simple : sans investissements, pas de croissance. Sans croissance, il n?y a pas de création d?emplois?, souligne le ministre des Finances, Rama Sithanen.

Les réserves en devises du pays s?améliorent avec les IDE et la progression dans les recettes d?exportation. Les réserves nettes s?élèvent à Rs 80,8 milliards (représentant 38,6 semaines d?importation) à fin mars 2007 contre Rs 56,6 milliards (29,1 semaines d?importation) à fin décembre 2005.

Le budget ne tire pas un gros bénéfice, cependant, de la reprise de l?activité. Le déficit budgétaire chiffré à 5,3 % en 2005-06 ne devrait pas afficher une amélioration notable pour la présente année fiscale. Les dettes publiques (les emprunts du gouvernement central et ceux des corps parapublics) représentent 69,4 % du PIB, une légère amélioration comparée au chiffre de 2005-06 (71,3 % du PIB).

Un taux d?inflation à 10,7 % inquiète le grand argentier à quelques semaines de son prochain budget. Il prévoit toutefois une accalmie dans les hausses de prix durant le second semestre.

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