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Bruneau Petite, victime d?une maladie méconnue à Maurice
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Bruneau Petite, victime d?une maladie méconnue à Maurice
Il a mangé des fraises à Madagascar quasiment tous les jours pendant qu?il s?y trouvait. Il paie aujourd?hui son penchant pour ce fruit au prix fort : celui de sa santé. Bruneau Petite est atteint de cysticercose, une maladie grave pratiquement inconnue à Maurice qui serait liée aux conditions d?hygiène défectueuses. C?est à la Réunion qu?elle a pu être décelée. Maintenant, l?espoir de Bruneau repose sur une éventuelle opération à l?hôpital d?Indraprustha Appollo, à New Delhi, en Inde.
Le quotidien de Bruneau Petite est fait de pertes de mémoire et de pertes de connaissance. Il faut savoir que cette infection est provoquée par les larves d?un ver plat connu comme le ténia, ou ver solitaire. Et une fois ces larves incrustées dans le système nerveux central, elles sont redoutables.
A en croire Bruneau Petite, que nous avons rencontré hier, la maladie n?a pas pu être diagnostiquée à Maurice. Un examen médical réalisé au Centre hospitalier départemental Felix Guyon, à Bellepierre, île de la Réunion, fait état d?un bilan de santé catastrophique. Les médecins font ressortir que l?examen neurologique du patient est «strictement anormal à ce jour» et font état d?une «infection cérébrale».
Ce qu?il a obtenu comme explications jusqu?ici, c?est que ces larves sont transmises par la consommation de viande de porc infectée. Il a d?abord trouvé cela bizarre du fait qu?il ne mange pas de porc. Mais il s?avère que la contamination peut aussi se faire par l?ingestion d??ufs de ténia dans les fruits et légumes.
C?est ainsi qu?il se rappelle sa passion des fraises. «Sak de zour mo ti pe manz sa Madagascar kan mo ti pe pratik Aykido, nepli fer sa spor la aster, pa kapav.» Et du fumier contenant des excréments de porc serait utilisé dans ces cultures de fraises. C?est ce qu?on lui a raconté.
?Le bilan de santé est catastrophique»
De retour de son voyage à Madagascar, il commence à avoir la diarrhée. Mais travail oblige, il doit se rendre aux Seychelles. Là-bas, il perd connaissance et son état de santé s?aggrave. Il ressent alors de fortes douleurs à la tête et aux pieds. Il rentre à Maurice pour un traitement à l?hôpital de Candos. Mais selon lui, les médecins ne sont pas arrivés à un diagnostic précis. Il se rend à la Réunion et subit un examen complet comprenant une scanographie cérébrale et d?autres examens radiologiques. Des ténias sont, en outre, relevés dans ses selles.
«Le bilan de santé du patient est catastrophique et je lui demande par ailleurs de réaliser une intervention chirurgicale», écrit ainsi le Dr Ferrandiz Dominique. Bruneau garde espoir et attend une réponse favorable de New Delhi. Pour le reste, «je m?en remets à Dieu. Mo kroir dan laprier bokou. Bondie pa pou abandonn moi dan sa sitiasion la», dit-il.
Malgré son état de santé, cet homme trouve le temps de s?adonner aux travaux sociaux. Sa modeste demeure à Cotteau Raffin, La Gaulette, sert également d?abri à un centre baptisé «Association amour et espoir». Lorsque nous le rencontrions hier, des enfants était dans la maison. «Atann moi enn ti moman», leur demande Bruneau avant de nous expliquer qu?il a cédé une chambre de sa maison pour aider les plus démunis. «J?aide les enfants défavorisés de la région à s?en sortir.»
Bruneau Petite est séparé de sa femme et vit seul. «Me mo bann kamarad bien ed moi e osi des membres de ma famille.» Il dira avoir beaucoup voyagé de part ses attaches à l?Eglise adventiste. Des séminaires et autres activités l?ont ainsi amené à faire le va-et-vient entre Maurice et Madagascar.
Aujourd?hui, il veut surtout alerter le public. «Si c?est vrai que j?ai été infecté par le fumier de cochon, j?espère que les autorités mauriciennes ne se servent pas de ce fumier.»
QU?EST-CE QUE LA CYSTICERCOSE ?
La cysticercose a fait l?objet d?un article publié dans la rubrique «Médecine tropicale». Le professeur Pierre Aubry fait ressortir qu?il s?agit d?une maladie des pays en développement, où sa fréquence est encore largement sous-estimée. La cysticercose est rapportée en Amérique latine, en Asie, en Australie, en Afrique noire et dans l?océan Indien, en particulier à Madagascar, où le premier cas humain, confirmé par autopsie, a été rapporté en 1910. «C?est un problème de santé publique à Madagascar, la séroprévalence de la cysticercose active variant entre 7 et 21 %, inférieure à 10 % dans les régions côtières (Mahajanga et Toamasina) et plus élevée, jusqu?à 20 %, dans les régions centrales de l?île (Ihosy, Ambositra, Mahasolo), régions rurales avec important élevage de porcs.» La cysticercose peut toucher les sujets de tous les âges. Elle est présente tant en milieu urbain qu?en milieu rural. Madagascar est parmi les pays les plus touchés.
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