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Bras de fer autour d?un site

18 août 2003, 20:00

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Ils protestent contre la décision de les caser ailleurs. Le président du conseil de district, Prakash Bunshee, explique que les maraîchers ont signé un contrat temporaire.

Une partie de bras de fer s?est engagée entre le conseil de district et les quelque 1200 maraîchers opérant à la foire de Centre-de-Flacq. Ces derniers, par le truchement de leurs hommes de loi, ont logé une injonction en Cour suprême contre la décision de les transférer sur un autre site. Le 29 août, le président de Moka-Flacq, Prakash Bunshee, aura à s?expliquer devant le juge en chambre.

Ainsi, pendant les jours de foire dans le village, toutes les conversations entre les maraîchers tournent autour de leur déplacement. Maintenant que les travaux de la première phase du traffic centre touchent à leur fin, leur évacuation pèse comme une épée de Damoclès sur leurs têtes. Ils affichent une très grande colère et refusent de bouger d?un endroit qu?ils occupent depuis une dizaine d?années.

La Fair Merchants Association (FMA), qui les représente, menace de déclencher une grève de la faim et une manifestation dans les rues du village. Son vice-président, Goinsamy Permal, estime que non seulement les maraîchers seront pénalisés, mais aussi les quelque 10 000 consommateurs qui y viennent les mercredis et les dimanches. ?Nous ne sommes pas contre le développement, mais le site proposé est à quinze minutes de marche du centre du village. C?est une trop longue distance à parcourir pour les gens qui doivent transporter de lourds sacs de légumes?, dit-il.

Echoppes difficiles à enlever

Goinsamy Permal rappelle que les marchands opéraient autrefois aux abords de la magistrature. Depuis 1993, le conseil de district les avait transférés temporairement sur le site actuel. ?Nous avons dépensé Rs 15 000 pour chaque échoppe de cinq pieds carrés. Les échoppes sont fixées avec du béton et reliées l?une à l?autre. Il est extrêmement difficile de les enlever?, affirme-t-il.

Le vice-président de la FMA reproche au conseil de district de n?avoir rien fait pendant ces dix dernières années pour construire un complexe pour abriter la foire. ?Pendant cette période, nous avons contribué Rs 30 millions sous forme de trade licence et autres frais. Le conseil a utilisé notre argent pour construire des complexes pour abriter les foires de Saint-Pierre et Montagne-Blanche, mais rien n?a été fait dans notre cas?, soutient-il.

Père de trois enfants, Goinsamy Permal exerce comme maraîcher depuis 1982. ?Si nous changeons de site, nous allons perdre nos clients. Il faut construire la foire maraîchère à l?endroit actuel. Par exemple, on peut aménager le parking projeté au rez-de-chaussée et installer les maraîchers au premier étage. Ce sera dans l?intérêt des consommateurs?, ajoute-t-il.

Sachudah Veerasamy, autre maraîcher, déplore l?absence d?un parking sur le site temporaire proposé. ?C?est un endroit trop éloigné où la sécurité des membres du public serait menacée. Il y a non seulement des risques d?accident, mais aussi des risques de se faire détrousser par des voleurs?, dit-il.

Ces maraîchers sont aussi contre la construction de la foire sur le terrain acheté à l?arrière du nouveau traffic centre. ?C?est un terrain marécageux qui est même traversé par un cours d?eau?, précise Sachudah Veerasamy.

Arvind Seetul, marchand de toileries, craint une invasion de marchands illégaux sur le nouveau site qui sera une open fair. ?Le travail dans un nouvel endroit sera rendu encore plus difficile par la compétition déloyale. En dépit de l?absence de places, de nouvelles patentes sont toujours délivrées, ce qui nous pénalisera davantage?, fait-il remarquer.

Nitish Gopaul, commerçant d?articles divers, estime que le transfert de site causera des préjudices énormes aux maraîchers et autres marchands. ?Certains marchands ont déjà prévu des stocks pour les fêtes de fin d?année. C?est la seule période où nous faisons de bonnes affaires. On veut aménager un parking à cet endroit, mais il faut que les autorités réalisent que nous avons besoin de cet endroit pour gagner notre vie?, dit-il.

Ramen Mauree, secrétaire de l?association et marchand de toileries depuis quinze ans, déplore que le conseil de district n?ait pas consulté les maraîchers sur le choix du site. ?En février 2003, le conseil de district nous a informés que nous devrions évacuer le site en marge de la deuxième phase des travaux du traffic centre. Il nous avait été promis alors que nous allions être consultés pour choisir le site. Mais cela n?a pas été fait?, dit-il.

Après un deuxième ordre d?éviction au début du mois d?août, une délégation de la MFA rencontre le président de Moka-Flacq, Prakash Bunshee et les trois députés de la circonscription No 9, Flacq-Bon-Accueil, Anil Baichoo, Sangeet Fowdar et Prem Koonjoo. Les discussions sont dans l?impasse. Les maraîchers campent sur leur position et refusent de changer de site.

En Cour suprême

L?association décide alors de retenir les services de Mes Radha Nunkoo et Ravi Ramdewar, respectivement avocat et avoué, pour entrer une action en Cour suprême. Elle attend la décision du juge en chambre pour décider de la marche à suivre.

Le président du conseil de district, Prakash Bunshee, est catégorique : les maraîchers doivent bouger parce que le terrain appartient au ministère des Infrastructures publiques (MPI). ?Ces maraîchers ont signé un contrat pour l?occupation temporaire du terrain en attendant l?acquisition d?un autre site pour une open fair?, indique-t-il.

Prakash Bunshee révèle qu?il va officiellement retourner le terrain au MPI cette semaine pour le début des travaux de la deuxième phase du traffic centre. ?Le conseil n?y peut rien. Si les maraîchers ne bougent pas, le MPI fera enlever les échoppes d?ici une semaine?, précise-t-il.

Le président de l?Est reproche à 50 % des maraîchers de n?être pas en règle avec la caisse du conseil. ?Nous avons dû avoir recours à notre conseil légal pour récupérer les arrérages. Certains marchands doivent Rs 10 000 à Rs 15 000?, affirme-t-il.

Prakash Bunshee estime que la construction du traffic centre est dans l?intérêt du public. ?En raison du manque d?espace auprès de la foire, il y a toujours des embouteillages. Dans un passé récent, trois personnes essayant de se faufiler entre des autobus pour se rendre à la foire ont trouvé la mort. Il faut absolument y mettre de l?ordre. Je dois d?abord songer aux habitants?, ajoute-t-il.

Le président du conseil de district explique encore que la construction d?un complexe pour abriter la foire maraîchère de Centre-de-Flacq ne pouvait se faire dans le passé parce qu?il n?y avait aucun terrain approprié disponible. ?Mais depuis juillet 2003, le conseil a pu trouver une solution. Nous avons acheté de la sucrerie Constance un terrain de trois arpents, situé juste à l?arrière du traffic centre. Avant, on nous avait proposé un terrain à Argy, mais nous avons refusé parce que c?est trop loin du centre?, dit-il.

Le président du conseil se propose de contracter un emprunt de Rs 50 millions pour la construction d?un complexe moderne destiné à abriter non seulement la foire, mais aussi le marché et un centre commercial. ?Nous travaillons déjà sur le plan. Centre-de-Flacq étant la capitale de l?Est, qui compte quelque 300 000 habitants, on ne peut doter le village d?une

petite foire de Rs 5 à Rs 6 millions. Nous envisageons d?y introduire même le late night shopping, explique-t-il.

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