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Braquage à la MCB :sur les traces du magot

7 octobre 2006, 20:00

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La participation de Jiawed Ruhomatally dans la séquestration de Christophe Antoinette a mis la puce à l?oreille de la Major Crimes Investigation Team (MCIT). Christophe Antoinette allègue en effet avoir été enlevé et torturé par trois individus qui exigeaient qu?il rembourse une somme que Jiawed lui aurait prêtée quelques mois auparavant.

Les enquêteurs sont ainsi persuadés que cette somme proviendrait du butin de Rs 51,8 millions qui ont été volées le 11 février 2005 au quartier général de la Mauritius Commercial Bank (MCB) à Port-Louis.

Pour rappel, Daniel Désiré Steve Monvoisin, Satroojeetsingh Sotrooghan et Mohamad Jiawed Ruhomatally, avaient pénétré à l?intérieur du quartier général de la MCB à Port-Louis pour y commettre un braquage. Gérald Lagesse, Customer Care Supervisor, avait été assassiné lors du délit, et son corps découvert par un planton, Ashad Boodhoo, un des sept employés ayant accès au coffre.

La victime avait été bâillonnée à l?aide d?une chemise, les pieds et les mains liés par une bande adhésive. Les braqueurs avaient dissimulé son cadavre sous des sacs contenant des pièces de monnaie. Les malfaiteurs ont immédiatement pris la fuite en emportant leur butin. L?audit de la MCB établira plus tard que la somme emportée est de Rs 51,8 millions. Seule une infime partie de cet argent sera retrouvée par la police.

<B>Séquestré durant trois jours</B>

Mais cette nouvelle affaire, affirment des policiers proches du dossier, pourrait donc relancer l?enquête. Dans sa déposition, Christophe Antoinette dit avoir été enlevé le 26 septembre et séquestré durant trois jours. Il circulait à bord de sa voiture lorsque trois individus lui ont fait signe d?arrêter. Ils le forcent à les conduire dans une ferme située à La Chaumière, sous prétexte qu?ils doivent y effectuer une livraison de drogue. Mais sur place, les ravisseurs entraînent Christophe Antoinette à l?intérieur de ladite ferme et le passent à tabac. Munis d?un marteau, de barres de fer et d?une arme à feu, les trois suspects lui assènent de violents coups sur tout le corps, en exigeant la restitution des Rs 33 000 que lui aurait prêtées Jiawed Ruhomatally. Puis, les malfrats le ligotent avant de l?abandonner sur place pour la nuit.

Ils reviennent le lendemain et l?emmènent, cette fois, dans un hangar où ils le battent à nouveau. Pour « rembourser » une partie de sa dette, Chris-tophe se voit même contraint de leur céder sa voiture. Mais cela n?arrange en rien sa situation. Blessé et à bout de forces, il est jeté dans une fosse creusée non loin du bâtiment principal. Ses ravisseurs attachent un rottweiler à proximité pour dissuader de toute tentative de fuite.

Christophe attend plusieurs heures, et parvient finalement à prendre la fuite à la nuit tombée. Il se rend le lendemain à la police pour raconter son calvaire. L?enquête, lancée immédiatement, permet alors d?identifier ses tortionnaires.

Une opération, montée conjointement par plusieurs unités de la police ? la MCIT, la Special Mobile Force et la Special Supporting Unit (SSU) ? lundi conduit à l?arrestation de six suspects à Corps-de-Garde et dans la ferme de La Chaumière. Lors des perquisitions, les enquêteurs découvrent un véritable arsenal : quatre katanas (sabres de samouraï), d?autres sabres, un poignard, un pistolet à air comprimé, un revolver, ainsi qu?un appareil délivrant des chocs électriques.

Intrigués par la présence de toutes ces armes, les enquêteurs tentent maintenant de savoir à quelles fins cet arsenal a été constitué. La possibilité que le groupe préparait de nouveaux braquages n?est pas écartée. Équipés de détecteurs de métaux, les policiers ont fouillé la ferme de fond en comble à la recherche d?autres caches d?armes où de l?argent aurait également été dissimulé.

La participation de Ruhomatally, impliqué dans le braquage de la MCB en février 2005, a attiré tout de suite l?attention des policiers. Ces derniers soupçonnent que la somme qu?il aurait prêtée à Christophe Antoinette proviendrait du butin emporté ce jour-là par les braqueurs. D?autant plus que Christophe Antoinette avait déjà été arrêté dans le cadre de cette affaire pour avoir hébergé l?un des braqueurs à son domicile.

Les enquêteurs se montrent toutefois sceptiques sur le montant du prêt ? Rs 33 000 ? et pensent qu?il pourrait s?agir d?une somme plus importante. Une piste « crédible », jugent certains limiers, d?autant plus que l?un des braqueurs, Laval Sambacaille, avait déclaré aux policiers en charge de l?enquête qu?une importante partie du butin avait été remise à plusieurs individus. Christophe Antoinette serait donc l?un d?eux.

<B>L?interrogatoire se poursuivra</B>

La fameuse ferme dans laquelle a été retenu Christophe, laissent entendre des habitants de la région, est à l?abandon depuis plusieurs années déjà. « Personn ne pli vinn la depi longtan. Personn pa ti pe doute ki sa bann kitsoz la ti pe deroule ici », explique un agriculteur du coin. Comme la fer-me est située dans une zone isolée, les malfaiteurs ont pu aller et venir sans se faire remarquer. Et nul non plus n?a entendu les aboiements féroces du rottweiler qui « surveillait » Christophe alors qu?il était retenu à la ferme.

« Ici abitie enn landroi bien trankil, li pa posib ki enn zafer osi grav ki sa kapav arive », explique une autre habitante de la localité. Lors de leur descente des lieux, aux petites heures du matin lundi, les policiers ont retrouvé le rottweiler qui errait « tranquillement » dans la ferme.

L?interrogatoire des suspects, qui se poursuivra cette semaine devrait permettre aux enquêteurs de la MCIT de savoir si la somme remise à Christophe Antoinette provient bien du butin de la MCB.

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