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BPO : Maurice va à la pêche au gros

23 mai 2004, 20:00

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Le Salon européen des centres d?appels démarre demain à Paris. Le pays y envoie une importante délégation afin de séduire les investisseurs et de trouver des clients pour l?externalisation.

L?opération ?grande séduction? démarre demain avec le Salon européen des centres d?appels qui démarre demain à Paris. Et Maurice se parera de ses plus beaux vêtements. Histoire de séduire les investisseurs et de trouver des clients pour le secteur de l?externalisation (Business Process Outsourcing).

?Nous ciblons plus particulièrement le marché français. Nous sentons que la France est prête pour l?externalisation?, déclare Pradeep Jeeha, ministre des Technologies de l?information et des télécommunications. Ce dernier sera au devant des négociations avec trois compagnies : Barclays, qui pourrait louer un étage de la cybertour, France Télécom, qui pourrait sous-traiter un service et IBM France qui est intéressée dans un partenariat avec State Informatics Ltd.

?Comme l?Inde est devenue le backoffice de l?Angleterre, Maurice peut devenir le backoffice du secteur corporatif français?, ambitionne le ministre.

Maurice, armée d?une grande délégation, aura le plus grand pavillon de cette grand-messe annuel qui prend fin jeudi. Pour illustrer l?importance du salon, le Board of Investment, la Business Parks of Mauritius Ltd, le National Computer Board, le Mauritius Telecom et sept opérateurs de centres d?appels se rendent à Paris. Outre la promotion de la cybertour d?Ebène, il s?agit de conscientiser le marché européen sur les compétences et le potentiel de Maurice au niveau de l?externalisation.

?Maurice a des atouts que d?autres n?ont pas. Lorsque nous recrutions, 90 % des 1 200 candidats avaient une connaissance de base en informatique. Mon expérience m?apprend qu?en France le chiffre de 40 % ne serait même pas atteint?, explique Jordan Beauclaire, responsable plateau, formation et recrutement du centre d?appels V Lines.

Pour Gilles Guerre, fondateur de Prophony, l?atout majeur du pays est son bilinguisme. ?Ce n?est pas quelque chose que l?on trouve facilement ailleurs. Un autre avantage est l?amabilité des Mauriciens lorsqu?ils communiquent au téléphone avec leurs interlocuteurs.?

L?ambition de Maurice va cependant plus loin que le simple centre d?appels. ?Nous voulons placer le pays au milieu de l?échelle. Je ne veux pas répéter la même expérience que le textile?, dit le ministre Jeeha. Le business des centres d?appels est en effet considéré comme le bas de gamme du domaine.

Il y a cependant encore du pain sur la planche au niveau de la vulgarisation. Une enquête réalisée au Salon de l?éducation qui s?est tenue du 13 au 14 mai par l?opérateur de centre d?appels V Lines, révèle que 55 % des 300 jeunes sondés ne connaissent pas les activités qui font le quotidien d?un centre d?appels. Cependant, 81 % de ceux qui connaissent les métiers des centres d?appels se disent prêts à y prendre de l?emploi après leurs études.

Rude concurrence

Jordan Beauclaire, l?auteur de cette étude, estime qu?il faut être positif face à ces résultats. ?Force est de constater que ce sondage rend compte de l?attirance des jeunes pour des métiers des Technologies de l?information et de la communication.?

Mais au niveau de la concurrence, Maurice a fort à faire. Le Maroc, la Tunisie et le Sénégal sont dans la même division et ils ont, eux aussi, des atouts. ?Il y a le facteur de proximité. Il ne faut pas oublier que pour les Français, Maurice est à l?autre bout du monde. Je dirai que nous sommes à égalité avec eux?, laisse entendre Gilles Guerre.

Autre réalité implacable : ces trois pays progressent plus rapidement que nous. Il y a trois ans, le Sénégal et la Tunisie étaient au même stade que Maurice. C?est à dire au niveau zéro.

Aujourd?hui, ces pays sont arrivés plus loin que nous. Pour ce qui est du Maroc, il est à des encablures de Maurice. Dans le seul domaine des centres d?appels, il emploie quatre à cinq fois plus de personnes.

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