Publicité
BPML : des irrégularités montrées du doigt
Par
Partager cet article
BPML : des irrégularités montrées du doigt
«On ne peut pas laisser passer de tels cas de maldonne. Nous allons prendre plus ample connaissance des recommandations du comité et engager des poursuites si besoin est. » Cette déclaration du ministre de la Justice, Rama Valayden, illustre l?implication des conclusions du Fact Finding Committee institué en début d?année pour se pencher sur la délicate situation financière de Business Parks of Mauritius Ltd (BPML), qui affiche presque Rs 2 milliards de dettes à ce jour.
Les observations, et une partie des conclusions du Fact Finding Committee, ont été rendues publiques, hier, par le comité ministériel fraîchement constitué lors de la dernière séance du Conseil des ministres. Avec James Burty David, Vasant Bunwaree et Rama Valayden à ses côtés, c?est le ministre Étienne Sinatambou qui a parcouru un résumé du rapport devant la presse, accompagné d?un discours teinté de piques politiques.
Les manquements et irrégularités notés par le Fact Finding Committee s?étalent sur quatre volets, notamment au niveau de l?allocation des terres, la décentralisation vers le Rose-Belle Business Park (RBBP), l?allocation des contrats pour la construction du cyber- village et les finances de BPML et de sa filiale, Cyber Properties Investment Ltd. (CPIL).
Des pratiques « irrationnelles » selon le Fact Finding Committee ont été recensées dans la rédaction des contrats de baux des terres, de même que leur montant. Ainsi, selon les résultats du comité, le loyer annuel évalué à Rs 400 000 par l?officier du gouvernement a été de Rs 200 000 à Rs 250 000, de même que les clauses du contrat trop favorables aux locataires. Le comité avance aussi que la direction aurait été au courant de la sous-exploitation des terres, mais que rien n?a été fait.
Sous le chapitre du RBBP, les membres du comité remettent en question l?idée de décentralisation, alors que la cybercité d?Ébène n?avait toujours pas atteint sa vitesse de croisière. Ils notent aussi le fait que Rs 135 millions ont été dépensées pour des travaux au RBBP, alors que moins d?un an auparavant, BPML, déjà endettée, avait demandé une avance de Rs 100 millions au gouvernement.
Les conclusions du rapport
Les conclusions du rapport montrent aussi du doigt l?allocation des contrats pour la construction du cybervillage. Le comité a, au cours de son enquête, relevé plusieurs irrégularités allant à l?encontre du Central Tender Board Act. Il remet aussi en question la décision d?avoir construit le cybervillage à la base, pour héberger les athlètes pour les Jeux des îles 2003.
Jouant la carte de la prudence, Pravind Jugnauth s?est prononcé en ces termes : « Tout ce que je sais, c?est que le rapport du Fact Finding Committee a été rendu. J?aurais aimé savoir ce qu?on me reproche. Certains journaux ont parlé de conclusions accablantes, j?aurais aussi aimé les connaître. Il faut que je voie ce qu?on me reproche avant de me prononcer. »
Devant les bribes d?informations qui ont filtré sur les recommandations du rapport, Pravind Jugnauth s?est dit « surpris qu?on m?associe à ce rapport, sachant que le comité chargé de le rédiger ne m?a jamais convoqué ». En conclusion, il a simplement déclaré qu?il a tout fait selon les procédures et légalement. « Il n?y a eu aucune maldonne. »
Paul Bérenger s?est, quant à lui, montré plus virulent dans sa réplique : « C?est de la manipulation infecte. Je mets le gouvernement au défi de soumettre le dossier à l?Independent Commission against Corruption. » Il a tenu ces propos lors de la conférence de presse du Mouvement militant mauricien hier.
Toutefois, contrairement à Pravind Jugnauth, Paul Bérenger a associé celui-ci à ses propos : « Pravind et moi n?avons rien à cacher. C?est choquant d?attaquer l?administration de BPML et le Tender Board. Tout a été fait dans la transparence la plus complète. De toute façon, nous avons toujours mis en doute l?impartialité du Fact Finding Committee. »
Publicité
Publicité
Les plus récents