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B.P 247
La Citadelle, le Plaza, même combat !
Que notre ministre du Tourisme réalise si vite que la Citadelle dépend de son ministère est une bien agréable surprise. (...) Afficher la volonté de faire de ce site historique un pôle pluriel d?attraction, pour les Mauriciens et nos visiteurs, est très estimable? et, depuis si longtemps, espéré !
(...) Reste à pallier les fatalités du terrain. Si la Citadelle n?a pas atteint le degré de délabrement (coupablement entretenu) du Plaza, la simple sécurité des lieux nécessite, déjà, d?importants travaux. Ceux-ci achevés, l?implantation des projets annoncés implique des aménagements spécifiques onéreux. L?ensemble se traduit par un investissement financier considérable que le seul ministère du Tourisme ne saurait assumer.
La résolution ?rapide? de cet impératif préalable aura valeur d?exemple pour tous les projets, à vocation culturelle et touristique, laissés en jachère faute d?ambition, de pragmatisme économique ou de pertinence budgétaire. Au premier rang desquels, le Plaza dont l?agonie et l?hypothétique rénovation offrent un lugubre panégyrique d?errements, d?incompétences et de mauvaise foi.
Au-delà des personnes, l?administration municipale s?est, de tout temps, avérée inapte à la gestion professionnelle d?une entreprise culturelle, à Rose-Hill comme à Port-Louis. Dès lors, il est dérisoire de mêler le Plaza à de glauques joutes électorales. Comme la Citadelle, le Plaza a connu au pouvoir, municipal et gouvernemental, toutes les obédiences politiques, alliées dans toutes les combinaisons possibles. Aucune d?entre elles, n?a ?fait? le Plaza. Sa réputation et son rang ont été patiemment érigés par des générations d?artistes, de techniciens et de spectateurs. La fondamentale erreur de ces trois forces vives est d?avoir accepté que ce théâtre soit miné par un système totalement obtus aux enjeux culturels, sociaux, économiques et citoyens d?un site patrimonial ?vivant?.
?Pour convaincre un politicien de l?absolue nécessité de l?action culturelle, il faut d?abord le civiliser?, affirmait l?un d?entre eux, depuis reconverti? et en réserve de la République. Afin de tester les velléités démocratiques des élus, artistes, techniciens et spectateurs doivent faire résonner leurs voix. Non pas par le biais d?associations stériles et redondantes mais, peut-être, par celui d?actions inédites. Des initiatives où la solidarité alimenterait de subites ?grèves de l?art?, de constants ?refus de collaborer aux média?, et autres récurrents ?boycotts des fameux shows culturels officiels?.
(...)Mais ne serait-il pas plus utopique de croire que le Plaza, rénové en un temps record (et totalement !) évitera, à terme, le sort actuel du Théâtre de Port Louis ? Or, comme, en l?état, celui-ci accueille encore un festival de théâtre, préférerons-nous être attentifs au devenir de la Citadelle. Qu?il soit exemplaire afin que la créativité mauricienne reprenne espoir et que les décideurs s?en montrent dignes. Car les faits ne cessent pas d?exister parce qu?on les ignore.
Philippe LABONTÉ [email protected]
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