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BP 247

10 mai 2008, 20:00

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NOUVELLE BAISSE DU « REPO RATE » : UNE DECISION VENUE A POINT

Il n?y a que les exportateurs eux-mêmes qui savent à quel point l?appréciation rapide de la roupie fait trembler l?édifice sur lequel repose l?existence de leur entreprise. Qui, parmi toutes les entreprises exportatrices de biens et de services peut se permettre de dire que cette appréciation de la roupie n?aura aucune incidence sur l?emploi et leur plan d?investissement ? Elle est bien trop soudaine et bien trop spectaculaire par son ampleur pour un petit pays comme Maurice dont l?histoire du décollage industriel et des services ne date que d?une vingtaine d?années.

L?ironie de cette appréciation se situe dans le fait qu?elle intervient à un moment où les pays les plus riches sont en pleine crise et sur lesquels Maurice dépend pour sa survie économique. C?est à ce moment précis que notre propre marché monétaire trouve le moyen de faire apprécier notre monnaie. C?est se tirer dans les pattes. L?ironie est d?autant plus grande que ce sont les dollars internationaux à la recherche de gains rapides qui se sont aussi mis de la partie pour tirer avantage de cette appréciation et du taux rémunérateur de la roupie. Ce faisant, ces dollars ont contribué à faire flamber davantage la roupie.

C?est là qu?il faut bien situer l?action de la Banque centrale. Elle a l?obligation de garder au loin ces dollars spéculatifs qui n?apportent pas grand-chose au pays, mais qui au contraire déstabilisent la roupie avec toutes ses conséquences néfastes pour notre compétitivité. En réduisant le « repo rate » à trois reprises en quelques mois, notre Banque centrale ne fait que son devoir. Ne pas l?accomplir relèverait du déni de responsabilité.

Est-ce à dire que les entreprises exportatrices ne peuvent que dépendre sans vergogne de la dépréciation de la roupie d?où leur levée de boucliers contre l?appréciation, comme l?affirment certains ? Il ne faut pas se laisser induire en erreur. C?est vrai que les entreprises doivent constamment innover et se remettre en question de manière permanente. Mais seuls les exportateurs savent combien leurs activités relèvent d?un véritable parcours du combattant. Un seul exemple : sait-on que Maurice n?est classée qu?à la 132e place dans le hit-parade des pays les plus productifs du point de vue de ses infrastructures. Elle est même battue par ses voisins Africains et Malgaches sur ce plan-là ?

Aussi, a pris naissance ces derniers temps une école de pensée selon laquelle les entreprises de l?exportation à travers la dépréciation de la roupie, se font subventionner par la population et qu?en conséquence ce jeu doit cesser. Cette école escamote trop vite un point essentiel de l?histoire du textile. Il aura fallu, en effet, deux dévaluations de la roupie totalisant 50 % en deux ans pour que le textile puisse faire décoller l?économie de Maurice pour ensuite atteindre le plein-emploi en quelques années seulement en 1989. Tant que la roupie était trop forte, on ne pouvait pas résorber les 100 000 chômeurs de l?époque. Vous dites subventionner le textile ? Il ne peut y avoir de doute. Le miracle mauricien le doit bien au textile rendu compétitif par la dévaluation de 1979 et celle de 1981.

Enfin, il apparaît clair que tant que les infrastructures ne sont pas modernisées et que la productivité de tous les facteurs de production de l?appareil économique de Maurice ne s?améliorent pas pour atteindre le niveau de nos concurrents, l?appréciation de la roupie serait absolument malvenue. La loi de gravité de Newton est implacable à ce sujet.

Georges Chung tick Kan

FIGHT FOR A TRULY STABLE RUPEE?

We are left dwindling with a not-so-true reflection of reality with the rejoinder of Georges Chung Tick Kan, an economist turned corporatist. Is it true that the Chinese are not willing to let the yuan (CNY) appreciate ? In nominal terms, the CNY has appreciated by about 15 % against the US dollar over the last three years. China-bashing can indeed be so convenient when one runs short of a convincing rationale.

True, France is struggling with the strong euro. Why are German exports booming then ? Because German governments have been wise enough to create the conditions to enhance productivity and to rely on premium quality manufacturing without betting on a weak currency to stay competitive.

The same reasoning can also answer the call of Peter Craig, a Marxist turned Heaven knows what, when he laments about the truly high borrowing costs. We cannot have competitive interests rates simply because the market pays a premium for its lack of confidence in a yo-yoing rupee with a general sliding bias that, ironically, Peter Craig himself advocates.

Granted that the current steep appreciation can affect earnings. Persistent depreciation also ends up hurting everybody. Instead we must all fight for a truly stable rupee as competitiveness is not a zero-sum game. The whole country must become efficient and productive if we are to keep an edge over our competitors. For that to happen policies must address issues with a holistic manner.

Kevin Ng

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