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B.P. 247
La contribution d?Air Mauritius
Monsieur le Directeur,
Votre éditorial du dimanche 22 janvier « Le tremplin », passe sous silence la contribution spécifique d?Air Mauritius au tourisme, tandis que nous serions, semble-t-il, un frein à l?essor de l?industrie textile. Cette vision des choses nous paraît nécessiter un éclaircissement. Le succès, dit-on, a plusieurs pères, alors que l?échec est orphelin et les bons résultats de décembre pour les arrivées touristiques tant revendiqués çà et là ne font pas mentir cet adage. Or, la corrélation ? si ce n?est la causalité ? entre la progression des arrivées et les 10 000 sièges supplémentaires mis en service par Air Mauritius pendant les périodes de fêtes sur nos longs et moyens courriers est parlante. Signalons que ces vols, programmés il y a plus de dix mois, répondaient à une demande que nos bureaux à l?étranger avaient suscitée. Certaines destinations, l?Inde, par exemple, sont desservies exclusivement en direct par nous. L?augmentation de la capacité de 40 % s?est traduite par une progression similaire des voyageurs de ce pays. La contribution d?autres transporteurs dans le bilan global de décembre relève de l?anecdote. Il est utile de noter, incidemment, que certains de nos vols supplémentaires ont été exploités avec des sièges vacants ? les clients potentiels n?ayant pu trouver de chambres.
Vous faites état de « privilèges » accordés dans le passé à Air Mauritius pour réclamer en contrepartie, en quelque sorte, la baisse des tarifs de fret et ce pour venir en aide aux exportateurs de textile. La nature de ces « privilèges » nous échappe. En matière de fret aérien, le ciel mauricien est ouvert à tous depuis 1995. L?absence d?opérateur pour exploiter des services de fret de et vers Maurice, a une cause : cette activité, tout simplement, n?est pas rentable. Nous avons contribué, en temps et heures, au succès de l?industrie textile en période faste. Nous sommes tout à fait disposés à chercher avec ses protagonistes toute formule qui concilierait nos intérêts pour autant qu?ils soient réciproques. En filigrane de vos commentaires se pose une question plus fondamentale : Air Mauritius devrait-elle être exploitée à perte ? Plus généralement, faut-il socialiser les pertes et privatiser les profits ?
Laisser agir les forces du marché de façon contrôlée ne serait, pas à notre sens, dans l?intérêt collectif, à terme, car cela impliquerait une gestion d?Air Mauritius qui ferait fi des considérations autres qu?économiques. Les marges dans le transport aérien sont déjà extrêmement faibles. Air Mauritius ne fait pas d?exception. Nos coûts d?exploitation sont trop élevés et le prix à payer pour y remédier le serait également d?un point de vue macro-économique.
Peut-être serait-il temps que l?opinion publique prenne la vraie mesure de la contribution du transporteur national à l?économie mauricienne tout en gardant présent à l?esprit les contraintes de saine gestion qui nous animent.
Veuillez accepter, Monsieur le Directeur, mes salutations distinguées.
R. Alizart Directeur de la communication et conseiller du directeur général d?Air Mauritius.
Note de Jean-Claude de l?Estrac
Air Mauritius n?était pas le sujet de mon éditorial, je n?avais pas en l?occurrence à chanter ses louanges. Mais je suis prêt ? et je l?ai souvent fait ? à reconnaître la contribution et la qualité globale de la compagnie nationale d?aviation.
Le problème soulevé concerne l?industrie du textile-habillement. J?ai souligné combien l?industrie était tributaire des délais de livraison. Le moyen le plus évident pour la rapprocher des marchés est le fret avion. Il est cher. Je dis qu?il faut chercher à résoudre ce problème, et que sans aucun doute, Air Mauritius peut y contribuer.
C?est une vérité de La Palice que d?affirmer que la compagnie nationale d?aviation a bénéficié, sous tous les régimes, de privilèges de toute nature. M. Robert Alizart vient d?arriver, je lui conseille de ne pas trop s?aventurer sur ce terrain.
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