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Boodhoo réclame le transport gratuit pour les vieux
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Boodhoo réclame le transport gratuit pour les vieux
On nous a appris à rendre à César ce qui lui appartient afin de rendre à Boodhoo ce qui lui appartient, à savoir la paternité, peut-être, de la proposition de permettre aux personnes du 3e âge de voyager par autobus aux frais, non de nos ministres politiciens, mais des contribuables et des consommateurs. Le leader alors du PSM, le futur vice-Premier ministre de Maurice, choisit d?inclure sa requête en faveur du transport à l??il des vieux et des vieilles, parmi les 13 amendements qu?il propose au dernier discours du trône de Ramgoolam. L?express précise que sa motion suscite l?enthousiasme des parlementaires et même des discours de Kailash Purryag, Lutchmeeparsad Badry et Lloyd Baligadoo. Elle est néanmoins rejetée par une majorité travailliste peu encline à approuver une suggestion aussi populiste
Kailash Purryag, alors ministre de la Sécurité sociale, conteste ceux qui accusent le gouvernement Ramgoolam de considérer les vieux et les vieilles comme des citoyens de 2e classe. Ce sont d?ailleurs des électeurs et des électrices et les croix qu?ils mettent sur certains politiciens-candidat sont dûment comptabilisées. Il prédit toutefois que le transport gratuit des personnes du 3e âge est d?une grande complexité. Nous le croyons sur parole. Il assure que les négociations du gouvernement Ramgoolam avec ce qui reste de nos compagnies d?autobus, après les grèves générales d?août 1979, sont en bonne voie. La vérité est que les négociations tarifaires entre gouvernement et compagnies d?autobus débouchent sur une voie de garage On voit mal, en effet, des propriétaires d?autobus, se prêtant de bonnes grâces à des générosités politiciennes mais casquées par consommateurs et contribuables, alors qu?ils n?arrivent pas à convaincre des ministres du bien-fondé de leurs revendications tarifaires. Le transport ?gratuit? pour certaines sections de la population peut fragiliser, dans une certaine mesure, la position du gouvernement par rapport aux propriétaires d?autobus.
Les affaires ne sont pas si mauvaises que cela pour certains d?entre eux, à en juger par la décision de M. Pillay de racheter, pour Rs 4 m, les avoirs de la défunte Moka-Flacq Transport, ayant profité des grèves générales d?août 1979 pour mettre la clef sous le paillasson, après avoir été adroitement conseillée. La CNT naissante n?est pas peu fière d?annoncer Rs 3 millions de profits après seulement 10 mois d?opération. Elle est dirigée, il est vrai, par le Pr Sarathi et Mervyn North-Coombes, l?ex-ami de Paul Bérenger.
Du transport routier passons à celui maritime. On pourrait, par exemple, parler du porte-conteneurs Vidafjord de la Scandinavian East-African Line (SEAL). Jaugeant 28 000 tonnes, il est tellement gros que nos pilotes préfèrent le faire entrer dans la rade par la poupe. La presse parle aussi du caboteur Idefjord de la même compagnie, comme l?indique son nom, et qui pourrait battre pavillon mauricien. Il est aussi question d?un navire indien dont la cargaison de riz et de bombli est infestée d?insectes. Mais parlons plutôt d?une grève de la faim déclenchée par des marins chômeurs afin d?alerter la population sur la précarité de leurs conditions de vie et de travail. Le scénario classique de la grève de la faim est suivi à la lettre : conférence de presse ?cum? ultimatum adressé à qui de droit mais pas pris en considération et c?est l?installation de fortune, la tente-prélart, au Jardin de la Compagnie. Mais c?est oublier le flair inégalable de nos pandores. Ils décident dans la nuit du 4 mai 1981 de mettre prématurément fin à cette grève de la faim. Ils interpellent les grévistes et les conduisent au poste de police de la rue Pope-Hennessy. Sermon politique pour leur rappeler que le gouvernement Ramgoolam est allergique à toute manifestation syndicale aux abords de l?Hôtel du Gouvernement. La commission administrative de Port-Louis, nommée par le régime travailliste, planche de son côté, sur une motion visant à interdire la tenue de toute manifestation syndicale au Jardin de la Compagnie, placé sous la juridiction de la municipalité de Port-Louis. Quelques heures après cette intervention policière manu militari, le monde entier apprend avec tristesse la mort du gréviste de la faim irlandais, Bobby Sands, après 65 jours de refus obstiné de prendre toute nourriture et de recevoir tout soin médicale. Pendant sa grève de la faim, il est élu à la Chambre des Communes. Il n?y aura pas de flambée de violence, à Maurice comme en Irlande du Nord, après le démantèlement policier de la grève de la faim de huit marins-chômeurs. Henri Souchon leur offre alors l?hospitalité du parvis de l?église de l?Immaculée-Conception. C?est donc à l?ombre du cénotaphe, érigé à la mémoire du R. P. Dufay, C.S.Sp. et des autres naufragés de La Cigale, capitaine Bérenger, que se poursuit la grève de la faim de nos marins-chômeurs.
Il se passe plein de choses, en ce début de mai. Le Turf Club annonce, par exemple et par la voix de son président, Edgard Adolphe, qu?il abandonne les stones et les livres en faveur des kilos pour jauger le poids plume des jockeys. De même, les centaines et les milliers de mètres remplaceront les furlongs et les yards, prenant au dépourvu corrompus et corrupteurs, accrochés, comme on le sait, aux furlongs pouvant être courus ou quémandés pour, bien sûr, des développements sociaux en faveur des ?ti-dimoune?. Honni soit qui pense autrement.
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