Publicité
Boodhoo pointe du doigt un conseiller
Par
Partager cet article
Boodhoo pointe du doigt un conseiller
Un conseiller du gouvernement et ancien ministre est dans le collimateur d?Harish Boodhoo dans le dossier des ventes à la barre. Il aurait emprunté quelque Rs 28 millions auprès de la défunte Mauritius Cooperative Commercial Bank (MCCB), mais n?aurait pas remboursé ses dettes. C?est ce que le journaliste politicien a révélé lors d?une rencontre avec la presse hier.
En 2002, la banque aurait initié des procédures pour saisir les terrains qui ont été hypothéqués pour garantir ce prêt. Toutefois, en l?absence d?offres plus élevées, les terres auraient été vendues aux proches du conseiller.
Dans l?un des cas, la compagnie du conseiller devait à la MCCB Rs 15 683 338,558 au 15 décembre 1999. Les proches du conseiller auraient récupéré les biens pour la somme modique de Rs 1,7 million.
Dans un deuxième cas, le conseiller n?aurait pu honorer ses dettes, s?élevant cette fois à Rs 13 388 667,83. Là encore, la saisie n?aurait pu se faire. N?étant pas en présence d?offre plus élevée, les proches seraient parvenus à racheter les biens pour Rs 4 510 000. «Pu ti dimoune, zot sezi san pitye alor ki pu bann gran palto, zot ena moyin pu sorti zot,» soutient une des victimes de la vente à la barre, Sheila Padaiachy.
Harish Boodhoo, lui, crie à une «justice à deux vitesses».Le conseiller et ancien ministre est actuellement en mission à l?étranger. Les tentatives de l?express pour obtenir sa version, hier soir, ont été vaines.
Harish Boodhoo a perdu confiance dans la commission anti-corruption (Icac). En ce moment, elle aurait déjà dû avoir interpellé au moins cinq avoués et un avocat. «Mo pa kompran ki pe ariv zot», dit-il sur un ton déçu. Il a soumis d?autres dossiers antérieurs à 2002 cette semaine à la police. Il espère que celle-ci va agir promptement.
Harish Boodhoo a par ailleurs poursuivi ses dénonciations sur le système entourant la vente à la barre. Il n?admet pas que les procédures soient toujours en cours alors que la commission d?enquête va bientôt démarrer ses travaux. Les premières auditions sont prévues pour le 15 août.
Une délégation ? qui a rendu visite au Premier ministre, il y a deux semaines ? avait également demandé que les procédures soient annulées. Harish Boodhoo a fait la même requête auprès du chef juge, Ariranga Pillay, dans une lettre envoyée mercredi dernier. Il demande aux autorités d?amender la loi, si nécessaire, pour faire avancer ce dossier.
Il remarque que dans les cas entendus en cour, hier, les renvois sont longs. De plus à chaque report de procédure, les avoués réclameraient de l?argent, allègue-t-il.
Harish Boodhoo dénonce que des biens de grande valeur soient vendus à des prix assez dérisoires : «Les débiteurs sont dépouillés davantage avec ce système et bien pénalisés».
Il a fait circuler un document démontrant que le prix de vente ne reflète pas la valeur réelle des biens. Il a dit avoir eu le soutien des Valuation Officers pour mener à bien cet exercice.
Le rassemblement qu?il prévoyait vendredi prochain devant la Cour suprême a été annulé. Il est en effet satisfait de la déclaration du président de la commission d?enquête sur les ventes à la barre, Sir Victor Glover. Ce dernier a soutenu qu?il n?hésitera pas à référer les cas à l?Icac ou à la police s?il le juge nécessaire.
Harish Boodhoo et quelques autres victimes de la vente à la barre ont lancé un appel pour que les abusés de ce système viennent déposer devant la commission d?enquête.
Publicité
Publicité
Les plus récents