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Bonnie Tyler retrouve les fastes du temps présent

6 février 2004, 20:00

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Sans prétention. Sous le halo de ses cheveux blonds, Bonnie Tyler a un sourire vrai. Celui de l?icône des années 80 qui a bien vieilli. Qui assume son parcours, son âge, ses échecs. Consciente de ses atouts, la chanteuse sait aussi qu?elle peut compter sur une alliée de choix. Sa voix. Un organe éraillé par le bistouri d?un chirurgien en 1976. L?irrégularité de la science créait ainsi un phénomène.

La critique devait lui coller une étiquette : «Version féminine de Rod Stewart.» L?interprète de Total eclipse of the heart sera jusqu?à demain à l?hôtel Paradis au Morne. Séjour studieux pour mettre en boîte des images du making of du DVD de sa prochaine tournée. Faire le plein de photos qui seront ? comme le souligne la directrice artistique, la bouche en coeur ? «diffusées en France et à l?international.»

Une escale mauricienne pour faire la promotion de Si demain... turn around, reprise franco-britannique de Total eclipse of the heart, instrument de ses retrouvailles avec les fastes du temps présent.

A ses côtés sur le canapé en rotin du Paradis, Kareen Antonn, la voix française de Si demain... turn around. A voir comment Bonnie Tyler dévie quasi systématiquement les questions en direction de la jeune Française, une image persistante s?impose à l?esprit. «Are you Kareen Antonn?s fairy godmother ?»

Grand éclat de rires qui fait l?effet d?un alcool consommé on the rocks. La rocaille intacte de sa voix réchauffe l?atmosphère. Moulée dans son jean militaire et son haut vert foncé, Bonnie Tyler, impeccablement maquillée dans des tons de rose, s?installe un peu plus confortablement dans les coussins. «Oh no ! Kareen is my lucky number.» Un numéro porte-bonheur pas complètement tiré au hasard.

Sollicitée par l?entourage professionnel de la Française, Bonnie Tyler a quelques réserves. Elle ? mariée et sans enfants ? est comblée par ses «16 neveux et nièces et huit petites nièces. They all call me Auntie Gaynor.» Gaynor, c?est son vrai prénom. Celui choisi par ses parents, Elsie et Glyn Hopkins quand elle a vu le jour près de Swansea au Pays de Galles, le 8 juin 1951.

L?âge, n?est pas un tabou pour la chanteuse. Citant elle-même les vingt-neuf ans d?écart entre elle et Kareen Antonn, elle se contente de pousser un soupir satisfait et légèrement mélancolique quand on lui rappelle qu?elle a participé à un concours de chant, qui fut remporté par Cissy Houston, la mère de Whitney. «It was so long ago. C?était en 1976, au Japon, j?ai pris part au Yamaha World Most Popular Song Contest. Après ma prestation, Whitney qui avait 12 ans, m?a demandé un autographe. Just imagine.»

Nous avons visiblement touché une corde sensible. Le robinet des souvenirs est ouvert. «J?ai chanté pendant sept ans avant d?être découverte. Ma carrière est le fruit du hasard. C?est l?histoire d?un chasseur de tête, venu voir un groupe qui se produisait à l?étage du club. Il s?est trompé de porte et il est tombé sur moi.» Le reste est un long chapelet de hits dont It?s a heartache. Un titre qui figurera sur son nouvel album, qui est en préparation. Point d?orgue de cet opus, un duo avec Bryan Adams. «Cross fingers.»

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