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Bonne chasse au dodo
C?est inouï. ?Les fouilles ont été si fructueuses que la quantité de matériaux trouvés dépasse les capacités que nous avons pour les gérer de manière appropriée. C?est pour cela que les fouilles ont été stoppées plus tôt que prévues.? L?enthousiasme des scientifiques, dont le Dr Kenneth Rijsdijk du National Institute of Natural History of Netherlands est communicatif. Il est partagé par l?équipe de Mon Trésor Mon Désert ( MTMD), sur les terres duquel se trouve Mare-aux-Songes.
Car là-bas à Plaine Magnien, les songes se sont transformés en réalité. Deux squelettes presque entiers de dodo ont été déterrés. Au total, 150 os de l?oiseau emblématique de Maurice retrouvés en moins de deux semaines. Sans compter les restes presque entiers de deux tortues géantes.
Ces trouvailles font partie des 4000 os trouvés sur le site désormais qualifié par MTMD de ?mass grave?. Mais Mare-aux-Songes n?est pas qu?un cimetière de dodo et autres fossiles. Il est désormais considéré comme un site archéologique exceptionnel, avec une datation de 5000 ans, selon les analyses des chercheurs du Dodo Research Programme (DRP). Parmi le nombre impressionnant d?ossements retrouvés, figurent les restes de perroquet géant, de scinque géant et de poule rouge.
Ce résultat des plus probants est attribué à la technique utilisée pour cette deuxième campagne de fouilles. Grâce aux moyens mis à leur disposition, les chercheurs ont pu ?laver? la gangue de terre qui emprisonne les ossements, tous en les laissant sur place. Ce qui permet d?archiver toutes les données scientifiques dans le contexte géologique où elles ont été trouvées. Ainsi, les informations recueillies serviront à recréer le monde du dodo, son Maurice à lui, avec la végétation qui croissait à l?époque et les autres espèces qui partageaient l?île avec lui.
A terme ( car une nouvelle campagne de fouille est déjà envisagée), cette masse de données ? et d?ossements ? devrait se retrouver au Dodo gallery, qu?abritera le musée de Port-Louis. Toute une salle du musée d?histoire naturelle consacrée au dodo et à son histoire dans sa globalité.
Le DRP a débuté en juin de l?année dernière. Le déclic, des ossements retrouvés ?par hasard? par des chercheurs hollandais en vacances à Maurice, fin 2005. Ces ossements avaient alors fait l?objet d?une exposition, avant de donner corps au DRP, lancé en juin 2006, avec le concours d?une série d?institutions locales et étrangères. Les fouilles sont financées (outre MTMD), notamment par WWF Netherlands, l?université d?Amsterdam-IBED, le British Royal Society, le Geological Survey of the Netherlands entre autres.
Moteur de ces fouilles, une question : comment le dodo a-t-il disparu ? Les théories étant nombreuses, la plus répandue étant celle qui pointe du doigt les Hollandais.
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