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Bodha : ?La réforme sucrière est insoutenable?
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Bodha : ?La réforme sucrière est insoutenable?
Les dés sont jetés. Les pays exportateurs de sucre vers l?Union européenne (UE), menés par Maurice, ont exprimé de vive voix leur refus d?une baisse drastique du prix garanti. Mais l?UE ne bronche pas.
La réduction préconisée par l?UE est de 37 %. Elle sera étalée sur trois ans, démarrant en 2006. Pour aider les pays Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) à anticiper les perturbations socioéconomiques qu?engendrerait la réforme, l?UE leur a proposé un plan d?action, lundi, lors d?une réunion à Bruxelles avec les ministres ACP de l?Agriculture.
A cette rencontre, la commissaire à l?Agriculture, Mariann Fischer Boel a campé sur sa position. ?Sans baisse de prix drastique, il n?y a pas de réforme?, a-t-elle indiqué alors que son homologue au Commerce, Peter Mandelson, a soutenu que ?la réforme ne peut être retardée ni atténuée?.
Force est de constater que les ACP ne sont guère rassurés par ce plan flexible certes, mais sans détails ni chiffres. A une conférence de presse à l?issu de la réunion, le ministre de l?Agriculture, Nando Bodha, porte-parole du bloc ACP, a martelé que ?l?inévitable réforme? de l?UE est ?insoutenable?. ?Nous ne pouvons accepter une réforme qui paralyse notre industrie sucrière?, a-t-il maintenu. Les pays les moins avancés (PMA), quoique disposant d?une régime sans quota ni tarif douanier, sont également touchés par cette réduction.
Le sucre, a fait ressortir Nando Bodha, est un élément de cohésion sociale. La baisse d?une telle ampleur mettrait en péril les économies vulnérables entraînant la perte de centaines de milliers d?emplois au sein des ACP. D?où leur proposition d?une baisse atténuée de même qu?une période transitoire plus longue que les trois années préconisées.
Les exportations sont régies par le Protocole sucre, datant de 1975. Selon ce protocole, l?UE importe des pays ACP 1,3 million de tonnes de sucre à un prix garanti de 523,7 euros. Maurice est le premier exportateur, avec 24 % dudit quota.
Intervenant à la réunion, lundi, Nando Bodha a d?ailleurs rappelé que les ACP ont tenu l?engagement pris dans le Protocole sucre. De fait, l?UE se doit de respecter le sien. ?La réforme, si elle est adoptée dans sa présente forme, détruira cette équation, touchant notre intérêt mutuel. Les ACP porteront, seuls, le prix de la réforme. C?est très injuste?, a-t-il affirmé.
Le texte législatif introduisant la réforme n?est pas encore prêt. ?Nous verrons comment influer sur le texte pour qu?il y ait des changements sur les grandes lignes telles que la baisse de prix. Nous nous battons pour cela. C?est notre priorité.? Le plan d?action, certes ?vital?, n?intervient qu?après.
Entre-temps, une alliance des plus inhabituelles prend forme. Elle regroupera des Etats-membres de l?UE contestant la réforme, les ACP et les PMA. Les dés sont jetés mais les jeux sont loin d?être faits?
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