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Bizlall revient à la charge contre le n° 1 de l?Icac

16 avril 2004, 20:00

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Jack Bizlall n?a pas l?intention de lâcher le n° 1 de l?Independent Commission against Corruption (Icac), Navin Beekarry. Dans une déposition à la police, hier, le syndicaliste a fait de nouvelles allégations sur le chef commissaire de l?Icac. Il alerte les autorités policières sur une deuxième histoire de voitures. Il a également confirmé aux enquêteurs le contenu de sa lettre adressée au commissaire de police et aux autorités du pays, mercredi. La vente de sa voiture personnelle à un pilote d?Air Mauritius avait fait l?objet des premières allégations de Jack Bizlall.

Dans sa déposition, il relate que l?Icac a acheté six véhicules à la compagnie Iframac pour environ Rs 10 millions. La flotte consiste de deux Mercedes E220 pour les deux commissaires adjoints, trois Peugeot 406 et un van. Le commissaire décide d?acheter personnellement une Mercedes E 200 neuve. «Selon les informations, il ne paie que Rs 1, 6 million alors que la valeur de sa voiture est de Rs 1, 663 m. D?ailleurs, l?Icac a payé cette somme pour les Mercedes des commissaires adjoints. Il a obtenu un rabais, considéré comme une récompense (gratification), ce qui constitue un délit vu le poste qu?il occupe», soutient le syndicaliste.

De plus, Jack Bizlall est d?avis qu?il «n?est pas normal que Navin Beekarry négocie directement avec la compagnie pour les achats de véhicules pour l?Icac sans passer par un exercice d?appel d?offres. C?est Navin Beekarry lui-même qui l?a confirmé au comité parlementaire.»

Dans les milieux proches de l?Icac, on affirme que le commissaire est rentré au pays, hier. Sollicité par l?express, le responsable de presse de l?institution, Suresh Ram, a soutenu que Navin Beekarry est toujours à l?étranger et qu?il ne rentrera que dimanche. Ce n?est donc que lundi, à son retour au bureau, que le commissaire «décidera de la marche à suivre».

PROUVER SON INNOCENCE

Le rabais obtenu sur la voiture ne serait pas un délit si l?acheteur n?était pas un «haut officiel» et compte tenu aussi de ses responsabilités à la tête de l?Icac. Ainsi, gratification dans le Prevention of Corruption Act se définit comme : «un cadeau, une récompense, un discount ou tout autre avantage, qui ne s'apparente pas à une rémunération légale». L?article 7 de la loi prévoit aussi que tout «officiel qui utilise sa fonction ou sa position pour obtenir une récompense pour lui-même ou pour quelqu?un d?autre se rend coupable d?une offense». Cette personne risque une peine de prison ne dépassant pas dix ans.

De plus, cette loi stipule que, dans un tel délit de corruption, l?accusé doit prouver son innocence. L?article 83 du POCA stipule à cet effet que : «au cours du procès d?une personne accusée de corruption, il sera présumé qu?au moment où elle a touché la récompense, le bénéficiaire savait que cette récompense était faite avec une intention corruptrice.»

Dans sa première lettre, Jack Bizlall, allègue que Navin Beekarry serait associé à une transaction liée à un blanchiment d?argent. Il aurait vendu sa Mercedes pour Rs 1,6 m alors que la voiture est évaluée à Rs 1,1m. De plus, il aurait vendu la voiture à un prête-nom alors que le véritable propriétaire est Poiniven Somoo, un pilote d?Air Mauritius. Ce dernier aurait confirmé au syndicaliste qu?il a effectué des paiements par chèques de banque. (Voir hors-texte).

Comme le pilote était dans le collimateur du département des impôts, Jack Bizlall est d?avis que ce dernier a essayé de blanchir son argent. Ce que nie catégoriquement l?avoué de Poiniven Somoo, Me Pazhany Rengasamy. Air Mauritius n?est pas resté indifférente à ces allégations. Elle a institué une enquête interne. Entre-temps, elle a interdit à son employé de piloter jusqu?à la fin de l?enquête. Le pilote, qui est à Hongkong actuellement, est attendu mardi prochain.

Le syndicaliste va écrire ce week-end à Moussa Taujoo, un des commissaires adjoints. Il prépare également pour Navin Ramgoolam un résumé qu?il lui soumettra jeudi. Sa rencontre avec le leader de l?opposition, hier, lui a permis de lui faire part des grandes lignes de cette affaire.

Pas plus de Rs 350 000 en cash ou en chèque au porteur

Le Financial and Intelligence and Anti Money Laundering Act limite la somme des paiements qui peuvent être faits en cash. L?article 5 de cette loi (Limitation of payment in cash) stipule que toute personne qui reçoit ou accepte des paiements en espèces de plus de Rs 350 000 ou un montant équivalent en devises étrangères, commet un délit. Selon cette loi, «cash» veut aussi dire «tout chèque au porteur qui n?est pas barré ou payable à l?ordre d?un individu que ce soit en roupies ou en devises étrangères.»

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