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Bilinguisme en question

24 mars 2008, 00:00

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Développer chez l?enfant le bilinguisme fonctionnel. Inclure «sa» langue dans son processus d?apprentissage. Pour son potentiel en tant que moyen de communication et d?expression aussi bien que comme instrument de structuration de la pensée et de la personnalité.

Une problématique qui a occupé les journées d?animation régionale du réseau Observation du français et des langues nationales tenues à l?université de Maurice en janvier 2007. Les actes de ces journées sont parus cette semaine. Regroupant les communications autour du thème «Appropriation du français et pédagogie convergente dans l?océan Indien : interrogations, applications, propositions?»

Placé sous la direction d?Arnaud Carpooran, ce colloque a bénéficié de la collaboration de Robert Chaudenson, professeur émérite université de Provence. Il y dresse un portait sans complaisance de quelques projets pédagogiques liés tant au domaine du «Français langue étrangère» qu?à celui des langues apparentées. Il y définit l?objectif de ces réflexions comme étant de «mettre en place une réelle stratégie d?adaptation de la didactique du français au milieu créolophone qui elle-même déterminera des tactiques (?) cette démarche implique une totale refonte des progressions dans les acquisitions linguistiques».

Parmi les intervenants figurait aussi Bruno Maurer directeur du bureau océan Indien de l?Agence universitaire de la Francophonie. Lui, dit s?étonner de «l?emprise du courant appelée pédagogie convergente sur [le] champ didactique qui nous intéresse ici et se donne comme mission d?entreprendre, à partir de l?examen d?un cas concret ( l?expérience tentée au mali), le travail critique qui, selon lui, n?a pas encore été fait à ce sujet».

Méconnaissance des aptitudes de l?élève

Tirant profit de son expérience au ministère de l?Education au Mali en matière de bilinguisme scolaire, il s?insurge, exemple à l?appui sur «comment peut-on proposer à des élèves si jeunes, mal préparés du fait de leur environnement quotidien, un texte de cette difficulté et de cette longueur ?» Ses réponses : «Une totale méconnaissance des aptitudes d?un élève de deuxième année de primaire. Une confiance aveugle dans le simple fait que, les cours ayant lieu en langue nationale, tous les problèmes de compréhension seraient miraculeusement levés, comme si les compétences linguistiques étaient déjà toutes en place, comme si les compétences textuelles ne restaient pas encore pour la plus grande part à construire.» Voilà de quoi interpeller les pédagogues locaux.

Pour sa part, Arnaud Carpooran du département de français de l?université de Maurice, dans Diglossie et pédagogie convergente à Maurice : une cohabitation difficile ? Il est d?avis que «pour peu que nous soyons d?accord avec le principe d?une ouverture en direction de la langue de l?enfant, dans l?idée de mieux accompagner l?intégration de celui-ci à l?école, la question des modalités de la mise en place de ce programme d?ouverture va nécessairement devoir être abordée dans une logique de concertation avec tous les partenaires concernés, quitte à procéder par paliers, en fonction des réactions du terrain, plutôt que de vouloir imposer par avance des pédagogies préfabriquées qui sont souvent aussi d?ailleurs des produits importés.»

PAUL VERGES, «DU REVE A L?ACTION»

Une série de discours. Ceux prononcés par Paul Vergès dans le cadre de ses fonctions de président de la Région Réunion. Parcours d?une réflexion. Saisi par Brigitte Croisier. Cet ouvrage publié en novembre 2007 sera lancé chez nous mercredi. Un livre politique. Un livre d?homme politique. Mais pas seulement.

L?ouvrage nous propose également de suivre la pensée d?un homme sur l?histoire et la politique de l?île de La Réunion, la culture, le développement durable, les jeunes, les femmes, l?ouverture de La Réunion sur le monde. Il y rend aussi hommage à des personnalités disparues.

«Car chez lui l?action est aussi dans la parole. Une parole portée par la conviction que le verbe politique n?a pas pour principale fonction de séduire l?électorat, mais qu?il vise à semer les idées, à nourrir la réflexion et le débat», commente Brigitte Croisier dans un article de presse. Elle ajoute que l'âge de Paul Vergès «lui donne sans doute le recul d?un homme qui en a beaucoup vu, mais, plus surprenant, il a le souci de l?avenir, et pas seulement parce qu?il songe à ses petits et arrière-petits-enfants».

Dès lors, anticiper en devient presque une obsession, «qu?il cultive dans le but de nous réveiller : le chaos est annoncé si tout continue comme aujourd?hui» dit encore l'auteur. Selon elle, en bon marxiste, Paul Vergès pense que la contradiction reste un moteur de l?histoire.

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