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Bientôt un jubilé d?argent pour les Ecoles Ménagères
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Bientôt un jubilé d?argent pour les Ecoles Ménagères
Les Ecoles Ménagères publient à la fin de 1980 leur rapport annuel dans lequel elles relatent leurs activités multiples mais aussi leurs difficultés financières. L?objectif est toujours d?encourager la Mauricienne à prendre conscience de son rôle prépondérant dans la société. Les Ecoles Ménagères ont formé pendant leur premier quart de siècle des milliers de Mauriciennes, habitant dans les différents villages de l?île. Elles éprouvent les difficultés de plus en plus grandes pour répondre aux attentes des régions rurales.
Elles animent, en 1980, 39 centres de formation dans les différents districts. Elles comptent une trentaine de formatrices et une dizaine de stagiaires. Ces dernières se font de plus en plus rares car elles sont rapidement débauchées par les usines textiles et par les hôtels qui leur offrent des rémunérations plus avantageuses.
Deux annexes travaillent sous leur contrôle. Il s?agit de la Crèche de Bethléem et de l?Ecole de Puériculture. La crèche fonctionne avec 25 bébés et cinq employées. L?Ecole compte une vingtaine de stagiaires. Elles prendront part à un examen et recevront un diplôme.
Des organisations internationales comme l?ONU, la FAO, l?Unesco, l?OMS, l?Unicef connaissent et reconnaissent les différentes activités des Ecoles Ménagères. Celles-ci sont membres à part entière de l?Union Mondiale des Organisations Féminines Catholiques. Elles sont représentées au sein de la Commission des Droits de la Personne Humaine et de la Commission Pontificale Justice et Paix. Elles sont membres de l?International Alliance of Women.
Au niveau national, elles apportent leur contribution appréciable à de multiples activités. Elles participent ainsi à des forums dans les centres ruraux à la requête des ?Village Development Officers?, à des séminaires des Jeunes Fermiers et de la Youth House, une Maison des Jeunes accaparée à Belle-Rose, de nos jours, par le Conseil Mauricien des Sports (Mauritius Sports Council). Elles contribuent à la campagne du film pour enfants, organisée par la Mauritius Alliance of Women. Elles participent à la campagne ?Achetez mauricien?, en apposant affiches et slogans dans les différents villages. Elles privilégient la promotion de l?artisanat mauricien. Elles ont à leur actif la création d?un Service de Bricolage pour la production d?articles décoratifs et des jouets à partir des matériaux de récupération.
Elles ont apporté leur quote-part au Bring and Buy organisé par la Mauritius Alliance of Women au Réduit afin de lever des fonds pour venir en aide aux sinistrés des cyclones de l?été 1979/80. Cette activité rapporte une somme de Rs 10 756.
Une autre activité des Ecoles Ménagères consiste dans la promotion d?un potager familial. Elles distribuent des semences de légumes et encouragent ses membres à cultiver les légumes qu?ils consomment. Cette activité coïncidera avec le 25e anniversaire, en 1981, de la fondation des Ecoles Ménagères. L?audiovisuel joue un grand rôle dans les activités des Ecoles Ménagères. En 1979/80, elles assurent une trentaine de séances de projection de films documentaires attirant des milliers de spectateurs. Les films sont prêtés par l?UNDP, le British Council, la Commission européenne, les services culturels de l?ambassade de France.
Toutes ces activités ne simplifient en rien les problèmes financiers des Ecoles Ménagères. Au contraire, elles les augmentent considérablement. Ainsi la facture ?carburant? de l?année financière 1979/80 s?élève à Rs 28 415. Le diocèse de Port-Louis assure le salaire des employés permanents et les frais des séminaires et des journées de formation. Les municipalités remboursent parfois les frais occasionnés par les activités ayant lieu dans des bâtiments municipaux. Le Sugar Industry Labour Welfare Fund accepte de subventionner certaines activités dans les régions rurales. Récemment, il a diminué de moitié ses subventions, contraignant les Ecoles Ménagères à réduire d?autant leurs activités villageoises.
La cheville ouvrière des Ecoles Ménagères demeure France Boyer de la Giroday. Elle consacre toute sa vie aux autres et plus particulièrement à la promotion de la femme mauricienne. Très tôt elle s?engage à fond dans l?action communautaire. Elle prend contact avec l?Association Féminine Internationale Catholique et fait connaître autour d?elle de nouvelles possibilités de vie engagée au service des autres. Pendant 23 ans, elle dirige La Vie Catholique avec l?abbé Eugène Dethise. Elle fonde, à Maurice, la Jeunesse Ouvrière Chrétienne Féminine (JOCF) et les Ecoles Ménagères, cette ?institution magnifique? dira Mgr Jean Margéot, lors de ses funérailles, à la mi-juin 1984. l?Express fait d?elle sa Mauricienne de l?Année 1973. Elle est la Mauricienne par excellence et pas seulement de l?année 1973. Mais de la seconde moitié du XXe siècle.
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