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Bheenick : «Il faut maintenir le cap sur l?inflation»
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Bheenick : «Il faut maintenir le cap sur l?inflation»
«L?inflation devient plus forte que jamais. Mais il est plus urgent de privilégier la croissance, préserver les emplois et protéger nos marchés d?exportation, à un moment où les menaces de la crise financière internationale sont de plus en plus accentuées.» Le gouverneur de la Bank of Mauritius (BoM) et président du Monetary Policy Committee (MPC), Rundheersing Bheenick, a expliqué hier à la presse, les raisons qui ont motivé le MPC à maintenir le repo rate à 8,25 %. La décision a été prise à cinq voix contre deux lors d?une réunion longue et houleuse, lundi dernier.
Le MPC estime que les risques à la croissance économique sont plus sérieux, compte tenu du contexte international, comparés à la pression inflationniste. Rundheersing Bheenick affirme que de 5,7 % le mois dernier, les estimations de la croissance sont passées à 5,6 % ce mois-ci. «Toutefois dans la conjoncture, un taux de croissance de 5,6% est plus que favorable. Cela prouve que la croissance est encore robuste.»
Le gouverneur de la BoM n?abandonne pas pour autant la lutte contre l?inflation. «On doit toujours maintenir le cap sur l?inflation», a-t-il martelé. De 9,9 % en septembre, l?inflation n?est qu?à un petit doigt des 10 % fatidiques. Déjà, à la réunion du MPC de juillet, il avait attiré l?attention sur l?instabilité des prix. Il avait prédit qu?avant la fin de l?année, l?inflation atteindrait les deux chiffres. Aujourd?hui, tout lui donne raison. «À partir du mois prochain, a-t-il expliqué, l?inflation passerait la barre des 10%. Elle atteindrait 10,1% en novembre et 10,2% en décembre». Elle ne s?estomperait qu?en juin de l?année prochaine où elle serait à 9,4 % et à 5,6 % en juin 2010, dans le meilleur des cas.
Rundhersing Bheenick souhaite qu?en décembre, lors de la prochaine réunion du MPC, des actions appropriées soient envisagées. Mais en attendant, la BoM ne se croise pas les bras. Résolument, elle s?attelle à sa mission première «de maintenir la stabilité des prix dans le contexte d?une économie équilibrée et ordonnée». Ainsi, pour pallier les éventuels problèmes de liquidités dans le circuit monétaire, Rs 2 milliards y ont été injectées.
Mais son optimisme est intact malgré le rejet du plan de sauvetage américain et la chute des actions à la clôture de la Bourse de Maurice, hier. La crise est trop sérieuse pour qu?on la laisse perdurer. «Un plan d?ensemble venant de tous les grands pays permettrait de venir à bout de cette crise. La situation internationale est trop grave, pour que les décisions adéquates ne soient pas prises pour résorber la crise. Nous devons résoudre les problèmes maintenant.»
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