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Bertyco Berthelot, patriote à distance

25 juillet 2006, 00:00

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Il a quitté Maurice il y a 12 ans pour agir comme haut fonctionnaire international spécialisé dans la problématique du développement. Mais le c?ur de Bertyco Berthelot n?a jamais quitté le pays. Même si, lui, se trouve à Bruxelles où il s?est mis à son compte comme consultant sur les questions liées au commerce.

Bertyco Berthelot aurait de quoi pavoiser. Surtout quand on sait qu?il a évolué au sein d?instances économiques de renom comme l?Organisation de coopération et de développements économiques (OCDE), la Banque africaine de développement (BAD) ou le Commonwealth Secretariat (CS).

S?il a pu avoir un tel parcours, analyse-t-il, c?est en raison de ses compétences d?économiste et du réseau de contacts qu?il a établi au gré de ses attributions. Mais il reconnaît aussi que sa façon de simplifier oralement et par écrit les concepts et notions économiques les plus hermétiques, y est aussi pour beaucoup. ?J?ai eu de la chance car j?ai eu d?excellents enseignants au Collège Royal de Port-Louis?, ajoute-t-il encore.

Et comment perçoit-il l?île Maurice d?aujourd?hui ? Bertyco n?a aucune crainte pour l?avenir économique de Maurice. ?Tous les dix ans, on dit que Maurice est à la croisée des chemins. Je crois que le pays arrive toujours à choisir la bonne voie.? Evoquant le budget, il estime réducteur l?argument que le ministre des Finances n?a fait que suivre les diktats des institutions financières de Bretton Woods. ?A part s?ouvrir à l?étranger, quelle autre alternative ? Il faut développer le secteur des services en analysant la demande des marchés extérieurs et en voyant nos capacités d?offres dans ledit secteur.?

S?il est bien de développer le secteur des technologies de l?information et de la communication, ce secteur pêche par manque d?experts. ?Cela prendra quelques années pour les former. Or, nous avons développé un savoir-faire dans l?industrie sucrière et nous pouvons nous positionner en pourvoyeurs de services à l?égard d?autres producteurs sucriers moindres qui pourront exporter leurs productions sur le marché européen sous l?initiative Everything but Arms dès 2009. Il en va de même pour le textile où nous avons des spécificités en design. Il ne faut pas craindre cette initiative mais voir quelles sont les opportunités à saisir.?

De même, la vie de Bertycot est une série d?opportunités qu?il a saisie ou qu?il a créée. C?est d?abord en tant que journaliste qu?il s?exerce. A la fin de sa formation en économie avec spécialisation en problématique du développement à l?université de Sussex, il ne conçoit pas ne pas rentrer au pays. Et fait acte de candidature à l?express. Il passe l?interview avec le Dr Philippe Forget, rédacteur en chef d?alors. Celui-ci le recrute presque immédiatement.

Mais craignant de perdre sa formation technique, il met le cap sur la Banque de Développement de Maurice où il évalue les projets financés par les lignes de crédit de la Banque européenne d?investissement et de la BAD.

A Bruxelles en Belgique d?où sa première épouse est originaire, il travaille d?abord pour le compte d?une organisation non gouvernementale et au bout de deux ans, il obtient le poste de chef de cabinet pour le centre de développement de l?OCDE. Muté à Paris, il y demeure deux ans. Il prend ensuite un poste à la BAD en Côte-d?Ivoire. Bertyco finit par regagner la Belgique en raison de problèmes de santé des siens, notamment de ses deux enfants, Carole, aujourd?hui âgée de 25 ans et Bertrand, 19 ans. De là, il rejoint les rangs du Secrétariat du Commonwealth à Londres.

Après tant d?années passées à travailler pour d?autres, Bertyco s?est mis à son compte, créant son entreprise de consultant sur les questions liées au commerce, la ?TradeMaur?, dont le principal client à ce jour est la firme Deloitte and Touche. Il est aussi en mesure de travailler sur plusieurs projets de développement aux côtés de l?Overseas Development Institute.

Songe-t-il à un éventuel retour au bercail ? Bertyco n?en écarte pas la possibilité mais, ?je n?ai quitté Maurice que depuis 12 ans?, proteste-t-il gentiment. ?C?est tout récent. En fait, je n?ai jamais vraiment quitté l?île.? C?est ce qu?on appelle un patriote à distance?

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