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Benoît XVI, le premier pape du XXIe siècle
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Benoît XVI, le premier pape du XXIe siècle
Le cardinal allemand Josef Rat-zinger, 78 ans, a été élu pape, le 19 avril. Il régnera sous le nom de Benoît XVI. Préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi depuis 1981, il était devenu la figure du conservatisme doctrinal pendant le pontificat de Jean- Paul II.
Apparu en souriant sur le balcon de la basilique Saint-Pierre, le pape a été chaudement applaudi et acclamé par une foule de quelque 100 000 fidèles en liesse, qu?il a remerciés en les saluant avec les mains jointes levées au-dessus de la tête, avant de donner la bénédiction urbi et orbi (à la ville et au monde). La messe d?inauguration de son pontificat aura lieu aujourd?hui.
L?élection de Ratzinger s?est faite au deuxième jour du conclave, par les 115 cardinaux réunis dans la chapelle Sixtine au Vatican. Son élection a été d?abord annoncée par une fumée blanche sortie de la cheminée de la Sixtine, puis confirmée par les cloches du Vatican.
Confronté à des enjeux redoutables
La forte personnalité du doyen des cardinaux avait dominé la période préparatoire précédant le conclave, marquée par 12 congrégations générales. Dernier prélat à prendre la parole en public avant l?ouverture du conclave, lundi matin lors de la messe pour « l?élection du pontife romain », Mgr Ratzinger avait prononcé un vigoureux plaidoyer en faveur d?un pape défenseur des valeurs traditionnelles de l?Eglise. Dénonçant la « dictature du relativisme », celui qui fut le gardien de l?orthodoxie pendant vingt-quatre années n?a pas évoqué les thèmes présentés par d?autres « princes de l?Église » comme les grands défis que devra relever le successeur de Jean Paul II : la morale sexuelle, les relations avec l?islam, les rapports à la science ou la réforme de l?Église.
Il était présenté comme le mieux placé pour remplacer Jean-Paul II, dont il était proche, et pour succéder au Polonais Karol Wojtyla, il a dû recueillir au moins les deux tiers des voix des 115 cardinaux électeurs venus de 52 pays.
Il aura la lourde tâche de prendre le relais de Jean-Paul II, le premier pape dont les obsèques, le 8 avril, ont fait accourir au Vatican la plupart des dirigeants de la planète, des représentants de toutes les grandes religions, ainsi que des centaines de milliers de fidèles.
L?extraordinaire charisme de Jean-Paul II a masqué la fragilité de l?Église catholique dans un monde en mutation. Son successeur sera confronté à des enjeux redoutables liés à la chute des vocations, à la concurrence des autres religions et à l?évolution des m?urs.
Malgré les apparences, l?Église catholique est aujourd?hui plus faible qu?au début du pontificat de Jean- Paul II il y a vingt-six ans : 17 % de la population mondiale se réclame du catholicisme (17,75 % en 1978), et le nombre de baptisés croît désormais moins vite que celui des naissances.
Aujourd?hui, les trois quarts des catholiques se trouvent hors d?Europe, continent de son expansion initiale, où son influence est en perte de vitesse. La vitalité du catholicisme en Asie et en Afrique ne permet plus de compenser la chute des vocations dans le Vieux Continent autrefois missionnaire : on comptait 416 329 prêtres en 1978, ils n?étaient plus que 405 450 en 2003.
Dans le domaine du dialogue avec les autres confessions chrétiennes (?cuménisme), le nouveau pape hérite aussi d?un dossier embourbé : depuis le retour à la liberté religieuse dans l?ancien empire soviétique, les catholiques ont souvent été accusés de prosélytisme par les Églises orthodoxes d?Europe centrale. Avec les protestants, l?opposition demeure sur la question de la primauté du pape.
Par ailleurs, l?Église n?échappe pas aux durcissements identitaires que connaissent toutes les religions. Une bonne partie du clergé et de nombreux fidèles, notamment dans les continents confrontés à la concurrence religieuse, restent attachés à ce qui fait sa spécificité : rigueur sur le plan des m?urs, prêtrise réservée aux hommes célibataires, importance donnée aux rituels.
Le nouveau pape pourrait décider d?engager rapidement la procédure de béatification de son prédécesseur, répondant à une demande qui s?est manifestée dès le jour des obsèques parmi certains courants de l?Église.
@ 2 005 Le Monde ?AFP et REUTERS Distribué par The New York Times Syndicate
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