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Bel Air : un cadre Enchanteur
Le miracle de la nature à l?état brut. Des falaises à flanc de coteau se dressent majestueuses comme sculptées par une main divine. Nous sommes à l?extrême sud de l?île, à Bel Air, non loin de St. Aubin et de St. Félix. Nous avons emprunté l?allée Coco, la bien nommée, traversé la propriété de Bel Air Sugar Estate avant que ne surgissent des visions grandioses. Les plus intrépides longeront la mer.
Quel calme, quelle quiétude si ce n?est le roulis des vagues qui dansent en contrebas. Et quelle splendeur lorsque le ciel et la mer sont accouplés aux merveilles d?une luxuriante végétation. Les palmistes multipliants foisonnent. Les filaos agitent leurs feuilles épineuses au rythme d?une légère brise. Les arbustes communément appelés «feuilles tortues» s?étalent lourdement pendant que les Morinda Citrifolia tendent leurs fruits, les fameux nonis aux passants. Curieuse impression : les vacoas se dressent fièrement sur leurs racines apparentes comme s?ils voulaient se mettre sur la pointe des pieds pour mieux contempler le spectacle qui s?offre à eux plus bas.
«Quand la mer est calme, du haut de la falaise, nous pouvons apercevoir bien distinctement des bancs de poissons, des cateaux entre autres. Et même quand elle ne l?est pas, j?ai pu voir des dauphins dans de somptueux ballets aquatiques. Quelquefois, ce sont des marsouins ou des tortues de mer», relate notre guide Laval. Sur les falaises rocheuses ou autres promontoires se niche une population d?oiseaux de rivage. Les pailles-en-queue en sont de fidèles locataires. «Ils viennent faire leur nid sur ces escarpements et les gens n?ont pas le droit de venir troubler leur tranquillité», renchérit Laval.
<B>Une mer câline et rugissante</B>
Inutile de chercher un banc de sable blanc et fin. Ici, la roche noire volcanique règne en maître. Des pierres de toutes les dimensions et de toutes les formes modelées par les vagues. L?eau se décline en différentes teintes. Par endroits, elle est profonde, noire et émeraude. À d?autres, elle se fait quartz. Mais la mer est changeante. Tantôt, elle se fait câline et une vaguelette d?un bleu transparent, voire turquoise, se perd sur les écueils. Tantôt, elle se fait rugissante et s?écrase de tout son poids sur les parois rocheuses en y laissant longtemps une écume neigeuse. Au loin, un immense rocher plat posé tel un écrin est léché par les flots.
Revenons sur terre. Au détour d?un chemin, nous apercevons deux canards qui s?ébattent gaiement dans un étang parsemé de plantes de lotus. «Vous verrez des oies plus loin,» nous prévient Laval, «il y a plusieurs points d?eau ici. Ce sont toutes des sources naturelles à l?exception des trois bassins à l?entrée creusés par la main de l?homme où vous avez pu voir des ?tilapias? et des ?bérys rouges?.» À deux encablures du rivage, le bruissement d?une petite cascade se mêle à celui des vagues dans une perpétuelle symphonie. Soudain, une pluie battante nous lacère le corps. Qu?importe ! La nature demain en sera encore plus belle.
«Si vous aimez la marche et si vous prenez ce sentier, vous rejoindrez la Rivière-des-Anguilles derrière la falaise. Quand les promeneurs découvrent ce site à couper le souffle, ils disent qu?ils n?auraient jamais imaginé qu?il pût exister une nature aussi prodigieuse.» Une randonnée s?impose dans cette parcelle de terre, ce sanctuaire de beauté abritant mille tableaux. Surtout, ouvrez grands vos yeux avant que la réalité et les urgences économiques ne prennent les Pas? géométriques.
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