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Bata se retire sur la pointe des pieds

12 décembre 2007, 00:00

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Bata. Un nom qui évoque pour des milliers de femmes leurs premières chaussures «lekol», les légendaires «Bataflex» qu?elles portaient alors avec des socquettes blanches et leurs uniformes. Bata, cette enseigne internationale si familière dont on pensait qu?elle ferait toujours partie du paysage mauricien. Et pourtant, il y a quelques mois, le rideau de fer est tombé sur Bata.

Près d?une centaine d?employés qui, pour la plupart, avaient fait carrière au sein de Bata Shoes Co. Ltd., se retrouvent sur le carreau. Une à une, les boutiques ont fermé. Samedi dernier à l?usine, à Coromandel, c?était la «grande liquidation». Les équipements et les machines pour la fabrication des chaussures, les matières premières (cuir, peau, ?illets, fils de couture), les véhicules (voitures, vans, motos), les ordinateurs, le mobilier de bureau ainsi que le stock de chaussures pour enfants et adultes ont été mis en vente. Fermant ainsi la parenthèse mauricienne de cette entreprise suisse présente dans plus de 50 pays.

Retour sur un pan de l?histoire de la chaussure made in Mauritius? L?enseigne est tellement ancrée dans la mémoire collective que l?on ne se souvient plus trop de la date de son implantation. «Peut-être le début des années 60», proposent des anciens. Ces hommes et ces femmes qui ont usé leurs semelles dans l?usine, les bureaux et les boutiques de Bata pendant des décennies.

Au début, ce n?était qu?un petit «store» à Rose-Hill. Les chaussures mises en vente étaient importées. Des «tanga» et des «tip top»? Ce n?est que vers 1975, lorsque le siège déménage de Bell-Village à Coromandel que débute la fabrication de chaussures. Parce que la taxe est élevée sur les chaussures importées et qu?en conséquence, les prix auxquels sont vendues ses chaussures sont loin d?être compétitifs, Bata décide de se lancer dans la production. Les parties supérieures sont importées, certaines semelles également. L?assemblage se fait alors à l?usine de Coromandel.

Bon an mal an, l?entreprise prospère jusqu?à avoir dix boutiques (une à Rose-Hill, Mahébourg, Vacoas, Quatre-Bornes, Curepipe, quatre à Port-Louis et une à Rodrigues. Lorsque, vers la fin des années 80, l?entreprise se retrouve dans une situation difficile, la maison mère dépêche Nirmal Rudra. Il a pour mission de jauger la situation.

Il a deux choix. Relever le défi et tenter de faire de Bata une entreprise rentable ou mettre la clef sous le paillasson. L?homme reprend l?entreprise sous franchise. Il aurait déjà pu, à ce moment, il y a près de 20 ans, choisir l?option fermeture. Il n?en fera rien. Un de ses proches collaborateurs de l?époque raconte : «Il croyait au potentiel de Bata. Il y a cru jusqu?à la fin. Nous savions l?entreprise dans une mauvaise posture mais jamais nous n?avions pensé qu?elle fermerait un jour. Jamais.»

A la force du poignet et grâce au soutien d?une main-d??uvre formée, Nirmal Rudra réussit à faire de Bata une entreprise florissante. Chaque année, l?entreprise écoule alors quelque 38 000 paires de chaussures industrielles et 70 000 paires de chaussures de sport. «Sa mem ti pe tini Bata», explique un ex-employé. Les chaussures pour dames ne rencontrent pas le succès escompté. Afin d?écouler le stock, elles doivent souvent être soldées. Pourtant, l?entreprise «pa ti pe travaye lor enn marge eleve». Un ancien se souvient : « Nu ti pe care pou la masse. Aster, kot zot pu ale pu gaigne soulie bon marche ?» Pas tant pour le prix, c?était plutôt à cause des modèles proposés qu?elles étaient boudées...

Le début des années 2000 est synonyme de difficultés. Les chaussures importées de Chine lui causent beaucoup de tort. Fin 2002, une trentaine d?employés sont licenciés. Fin 2006, une vingtaine. Puis, en avril de cette année, un jeudi matin, sur le tableau d?affichage, un communiqué adressé aux employés. Bata a été placée sous administration judiciaire en raison de difficultés financières. L?enseigne change de nom pour s?appeler Fit-in. 75 employés étaient encore en poste. Quelques-uns s?en vont. D?autres restent. Les Tsang Mang Kin et Tamak Textile Ltd. qui ont repris l?affaire, font appel à eux. Aujourd?hui, s?ils ont tourné la page de cette histoire, ils attendent toujours que leur dû leur soit payé?

<B>Bata à l?international</B>

La société des Chaussures Bata est le plus grand fabricant de chaussures dans le monde. Elle a été fondée en 1894. Selon l?encyclopédie en ligne Wikipedia, il s?agit également de la plus grande entreprise au monde possédée par une famille. Le siège social est basé à Lausanne, en Suisse. Bata est présente dans quelque 50 pays et satisfait plus d?un million de clients par jour dans ses magasins. Bata a été fondée par Thomas Bata (de son vrai nom Tomás Bat?a) issu d?une famille de cordonniers depuis trois cents ans.

Source : Wikipedia

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