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Ban ki-moon ne condamne pas l?exécution de Saddam
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Ban ki-moon ne condamne pas l?exécution de Saddam
Le nouveau secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a causé un début de controverse avant-hier par des propos ambigus sur l?exécution de Saddam Hussein qu?il n?a pas condamnée, semblant ainsi en rupture avec l?opposition traditionnelle de l?Onu à la peine de mort.
Arrivant au siège new-yorkais de l?Onu pour sa première journée de travail à l?aube d?un mandat de cinq ans, Ban a évité de répondre par oui ou non à la question d?un journaliste qui lui demandait si l?exécution samedi de l?ex-dictateur irakien était appropriée. Il s?est contenté de rappeler que Saddam Hussein avait commis ?des crimes odieux et des atrocités innommables contre le peuple irakien?, invitant à ?ne pas oublier ses victimes?.
Estimant que la question de la peine de mort était du ressort des Etats membres, il a émis l?espoir que ceux-ci respectent ?tous les aspects du droit international?. Par cette réponse, il a paru se dissocier d?une déclaration faite samedi, après la pendaison de Saddam Hussein, par le représentant spécial de l?Onu en Irak, le Pakistanais Ashraf Qazi.
Désir de justice
Dans un communiqué, ce dernier a déclaré que les Nations unies ?sont fermement opposées à l?impunité et comprennent le désir de justice ressenti par de nombreux Irakiens?. Mais il a aussitôt ajouté : ?Toutefois, se basant sur le principe du respect du droit à la vie, les Nations unies demeurent opposées à la peine capitale, même dans les cas de crimes de guerre, contre l?humanité ou de génocide.?
Interrogée à son tour sur ce sujet lors de son premier point de presse, la porte-parole de Ban, Michèle Montas, a assuré que les propos de l?ancien ministre des Affaires étrangères sud-coréen ne reflétaient pas un changement de position de l?Onu sur la peine de mort.
?La position de l?Onu demeure, elle n?est pas en faveur de la peine capitale?, a-t-elle affirmé. ?M. Ban?, a-t-elle ajouté, ?a simplement voulu laisser aux Etats membres le soin de décider de leurs propres lois? en la matière.
Pressée de questions sur la compatibilité entre les propos de M. Ban et la position officielle de l?ONU, la porte-parole a dû se résoudre à promettre de demander des clarifications au secrétariat de cet organisme.
PENDAISON DE SADDAM HUSSEIN
Baghdad ordonne une enquête
■ Quelques jours après sa mort, l?ancien dictateur Saddam Hussein continue d?alimenter les tensions en Irak et la colère au Yémen. Embarrassé par les circonstances de la pendaison de l?ancien président, le gouvernement irakien a ordonné hier l?ouverture d?une enquête. A Sanaa, capitale du Yemen, des centaines de personnes ont protesté contre l?exécution du président irakien déchu. Les autorités yéménites avaient demandé en vain à Washington et Bagdad d?épargner sa vie. A Aoudja, en Irak, ils étaient également des centaines hier à rendre hommage à l?ancien maître de Bagdad. C?est là que Saddam Hussein a été enterré après avoir été pendu pour crimes contre l?humanité. Une pendaison mal orchestrée qui met mal à l?aise le gouvernement irakien. D?abord parce qu?elle a coincidé avec la fête de l?Aïd-el-Adha, moment fort du calendrier musulman. Et aussi en raison des cris et des insultes proférés pendant l?exécution et dévoilés dans une vidéo pirate. Les autorités irakiennes veulent savoir qui en est l?auteur.
ENTRÉE EN FONCTION
Ban Ki-Moon fixe ses priorités à la tête de l?Onu
■ Ban Ki-moon a officiellement débuté, avant-hier, son mandat de secrétaire général de l?Onu. Le successeur de Kofi Annan a promis de se saisir de la crise au Darfour et a annoncé qu?il se rendrait au sommet de l?Union africaine, prévu fin janvier à Addis-Abeba, pour évoquer le conflit avec le président soudanais, Omar Al-Bachir. ?En m?engageant dans le processus diplomatique, j?espère que nous serons en mesure de résoudre pacifiquement et aussi vite que possible ces graves questions?, a-t-il indiqué. Outre le cas du Darfour, Ban Ki-moon a fait du dossier nucléaire nord-coréen l?autre priorité de son début de mandat. ?En tant que secrétaire général, je vais d?abord m?efforcer de faciliter les progrès dans les négociations à six et j?évoquerai le sujet en profondeur avec les six parties (les deux Corées, les Etats-Unis, la Russie, la Chine et le Japon) ainsi qu?avec les membres du Conseil de sécurité, pour être en mesure de jouer mon propre rôle?, a-t-il déclaré.
Interrogé sur l?exécution de Saddam Hussein, l?ancien chef de la diplomatie sud-coréenne a estimé que ce dernier s?était rendu coupable de ?crimes odieux et d?atrocités innommables?, ajoutant, conformément au droit international, que ?la question de la peine capitale relève de chaque Etat membre?.
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