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B the nxt star

6 août 2005, 00:00

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Des larmes ont coulé. Les auditeurs ont été servis. Le lever de rideau du concours de chant national B the nxt star, a tenu toutes ses promesses hier soir sur les ondes de Kool FM. Six premiers sélectionnés, Angela Bactora, Aldo Gungaram, Laëticia Massé en duo avec Mélanie Mohunlall, Marie-Estelle Lebon, Karen Carpin et Fabien Grenouille, âgés de seize à vingt-trois ans, sont la preuve que l?île Maurice abrite de nombreux talents.

Pour eux, la chanson n?est pas qu?affaire d?interprétation. C?est un mode de vie, un moyen d?expression et surtout, de l?émotion, par-delà les notes et les rythmes. C?est la raison pour laquelle, ils font le pari audacieux, de se présenter devant un jury de professionnels chevronnés, composé de Véronique Forget, Thierry Béchard et Bruno Raya. Ces derniers privilégient l?émotion, voire l?authenticité. «Chanter, c?est d?abord faire passer une émotion, un feeling, » explique Thierry Béchard, l?éternel Johnny Rockfort de Starmania.

Et pendant que le studio de la MBC est pris d?assaut par des notes de musique parfois disco, parfois rock ou carrément soft, le sol tremble, la température monte. Venue de ses tripes, une voix frappe ceux présents en plein c?ur. C?est celle, toute en douceur et en nuance de Marie-Estelle Lebon. La voix soudain prend corps. Entre nous de Chimène Badi, devient sa chanson, son rythme, sa mélodie.

Longue repetition

Odile Halbwachs, cheville ouvrière du concours B the nxt star, suit son envolée, le corps porté par le rythme, les mains en avant. Un exercice qu?elle répète avec chaque participant, pendant cette longue session de répétition, indispensable, pour que l?émission radio se déroule dans les meilleures conditions possibles. «Amusez-vous, éclatez-vous,» insiste Odile Halbwachs.

On est donc à la MBC, dans le studio de diffusion de Kool FM, devenu salle de spectacle. Armand Landinaff, affecté au son, encadré par les techniciens de la MBC, est au four et au moulin. Les retours de son doivent être au point, les micros raccordés, pour éviter les effets Larsen.

C?est l?heure de vérité pour les six sélectionnés. Installés sur des sièges, ils cachent tant bien que mal le mal de ventre qui les saisit à l?approche de leur tour de chant. Karen Carpin, ancienne voix de la chorale Mary Ward du Collège de lorette de Curepipe, a choisi Zombie des Cranberries.

Aldo Gangaram, étudiant au collège du Saint Esprit, a jeté son dévolu sur Daniel Bedingfield. Habitué aux fêtes familiales et aux kermesses, le jeune homme est à la fois puissant et touchant. Laëticia Massé et Mélanie Mohunlall, amies de classe, trouvent leur compte sur Mama Mia du groupe Abba. Une chanson de filles, une chanson à voix, sur laquelle, l?une et l?autre, cherchent à charmer le jury.

Puis, vient Fabien Grenouille, étonnant dans son interprétation de Parce qu?on vient de loin de Corneille. Fabien se prête au jeu de l?interprétation, sous la lumière des projecteurs, pendant que les applaudissements du public s?emballent.

A gauche du studio, assise sur une chaise derrière son micro, Miselaine Soobraydoo, dont c?est ici la première prestation radio, se meut en maîtresse de cérémonie attentive et tellement drôle. «Elle dit que la musique donne un sens à sa vie. Angéla, peux-tu m?expliquer,» lance-t-elle à l?encontre d?Angela Bactora avant son interprétation de Téléphone-moi de Nicole Croisille.

Miseliane a l?essai

Avec son enthousiasme débordant, la fondatrice de Komiko a trouvé une autre corde à ajouter à son art. «Pas riye moi mo pe seye ! » Miselaine n?a pas laissé beaucoup de place à l?improvisation, hormis ses grands éclats de rire. Elle a préparé consciencieusement chacune de ses fiches, élaborant sur les candidats ou les chansons que ceux-ci ont choisi d?interpréter.

« L?animation m?a toujours intéressée. Comme je crois au projet et comme je fais confiance à Odile Halbwachs, j?ose espérer que tout se passera en douceur,» nous disait-elle plus tôt. A la voir si pétillante, si proche des candidats, gageons que sa carrière d?animatrice est promise à un bel avenir.

Et si, entre-temps, le jury ne laisse rien transparaître, c?est que leur tâche n?est guère facile. «Tou pe alle serye, zot tou bon,» déclare Bruno Raya. L?authentique leader des OSB ne croit pas si bien dire. «Nous les jugerons principalement sur la technique et l?interprétation, sur leurs capacités de chanteur, sur la manière dont ils placent leurs voix,» précise Véronique Forget, en transit sur sa terre natale de Dubayy, où elle a élu domicile.

Pas de précipitation. Le jury prend le temps de délibérer avant de donner son verdict : Marie-Estelle Lebon et Fabien Grenouille, parce qu?ils ont tout donné. Si l?une est restée figée sur son siège, les larmes aux yeux, l?autre n?a pas vraiment bondi de joie. Surpris sans doute par le choc de cette révélation, Fabien Grenouille semble toutefois retenir sa respiration, jusqu?au tour des demi-finales qui seront cette fois télévisées.

FABIEN GRENOUILLE : SURPRIS D?ÊTRE DEMI-FINALISTE

Il avoue se retrouver dans les paroles et les mélodies de Corneille. « Enn la mizik ki sort depi leker ». Sensible certainement, ce garçon de dix-sept ans, étudiant en forme V au Medco Trinity, à Plaine-Verte, habite Sainte-Croix. C?est en accompagnant son ami Arnaud Maca, pour le casting, qu?il lui prend l?envie de s?inscrire à son tour. « Mo ti pou akompagne li a la batterie, finalement mone tente mo chans moi-aussi, » explique-t-il.

Ce coup de chance qui lui permet aujourd?hui d?être l?un des premiers demi-finalistes de b the nxt star, le rend plus qu?heureux. «Letan mone tane resilta mone extra soke. Mo pa ti atane pars ki zot tou ki bon. Zordi mo mari kontan. » Fabien croise neanmoins les doigts pour son ami Arnaud. «Li pa enkor auditionne mo espere li passe li aussi. » D?ici là, il va continuer à pousser la voix, en attendant de pouvoir à nouveau, subjuguer le jury du concours.

MARIE-ESTELLE LEBON : L?ÉMOTION BRUTE

Elle n?a que seize ans. Marie-Estelle Lebon est une jeune fille pétrie de timidité. Il lui a donc fallu une sacrée dose d?audace, mêlée de courage, pour s?inscrire au concours, passer sa première audition et se présenter enfin face au jury.

Ce passage à l?acte a payé, puisque Marie-Estelle, étudiante en forme V au Queen Elizabeth College, a su taper dans l?oreille du jury. «Ma famille nous a toujours encouragés, mon frère et moi, à chanter. Et quand ce concours est arrivé, on s?est dit qu?il fallait le faire.»

Epaulée par son frère Stéphane qui s?est lui aussi inscrit au concours, Marie-Estelle Lebon est encore sur son petit nuage. «J?aurais du mal à redescendre sur terre !» Et ce ne sont pas, les larmes qu?elle a versées à l?annonce des résultats qui diront le contraire.

«J?étais extrêmement tendue parce que j?avais réalisé que le niveau était assez bon. A l?annonce des résultats, j?ai relâché et je n?ai pas pu m?empêcher de pleurer !» Du haut de ses seize ans, Marie-Estelle Lebon a l?âge des possibles, l?âge de voir se réaliser son rêve d?enfant. «Je suis satisfaite, et même si je ne vais pas plus loin, mon rêve s?est déjà réalisé !» Et le rêve ne fait que commencer !

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