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Bérenger : Le retour de la sérénité

28 février 2004, 20:00

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Le Premier ministre fait désormais attention à ses sourcils. Il ne les fronce plus devant les médias, confie-t-il. C?est notable : son visage est redevenu serein et son ton doucereux, résolument à l?apaisement.

Paul Bérenger projette cette image pour mieux lancer son appel au calme. « Le pays doit retrouver sa sérénité. » Son leitmotiv d?hier, lors de son tour d?horizon de l?actualité. Une actualité tourmentée : saccage à Ere Lingerie, dérapages sur les langues orientales, cafouillage autour d?une invitation à Grand-Bassin.

Sur tous ces sujets enflammés, Paul Bérenger a plaidé pour le retour au raisonnement : « Faire attention bane dérapages ki capave mettre en péril notre nation arc-en-ciel. » Il a demandé à la presse, surtout aux radios privées, de rester vigilantes face à certains propos qui peuvent nuire au climat social.

Evoquant les relations entre le MSM et le MMM, le Premier ministre a une fois de plus sorti son expression fétiche : « politique-fiction». Selon lui, les rapports au sommet de l?Etat sont on ne peut plus harmonieux, quoi qu?en disent « certains hebdomadaires ». « Les deux partenaires iront ensemble aux législatives de 2005, peu importe la forme finale de la réforme électorale. » Et si possible avec l?Electronic Voting Machine, technologie indienne présentée vendredi aux parlementaires, qui l?a fortement « impressionnée», assure-t-il.

En revanche, Paul Bérenger concède que les deux partis au pouvoir sont « à la recherche d?un consensus » sur deux dossiers: l?introduction de la réprésentation proportionnelle et la réintroduction de la Muslim Personal Law. Ce qui implique logiquement qu?ils ne sont pas encore arrivés à un accord, comme nous l?avons écrit dimanche dernier. Mais Bérenger n?aime pas le terme « divergences », il préfère dire « discussion ongoing entre MMM et MSM». Il n?y a pas plus consensuel que lui. Sauf qu?on est en droit de ne pas partager son analyse, qu?on peut avoir un regard autre...

Autre sujet que le Premier ministre a tenu à clarifier, celui que lui-même appelle « l?affaire Grand-Bassin ». S?il n?était pas au lac sacré à l?occasion de la Maha Shivaratree, contrairement au vice-Premier ministre et à d?autres ministres, cela est dû à un «regrettable cafouillage au niveau du gouvernement ».

« 2004 ou 2006 »

Interrogé sur les relations du MMM avec les travaillistes ? ces derniers se vantent d?être très courtisés politiquement ? Paul Bérenger a été sommaire : « Nous ne sommes absolument pas intéressés. »

Au chapitre flou des prochaines municipales, le Premier ministre a levé quelque peu le voile : « Nous amenderons le Local Government Act en ajoutant que les élections peuvent être tenues en 2004 ou en 2006. » Il pense que ce sera « difficile » d?organiser les municipales cette année en raison de travaux de délimitation des nouvelles municipalités qui sont toujours en cours. Difficile, a-t-il dit, mais pas impossible. Cette déclaration premierministérielle tend davantage vers la tenue des municipales après les législatives de 2005. Mais Bérenger ne l?a pas annoncé clairement. En revanche, il a rappelé que la loi ne prévoit pas l?introduction d?une taxe rurale ? mesure somme toute impopulaire ? et que cette décision revient respectivement à chaque municipalité.

Paul Bérenger se montre aussi rassurant et compréhensif. Il est content du changement d?attitude des représentants des boutiques Ralph Lauren à son encontre. « Ils étaient au départ négatifs et agressifs vis-à-vis de moi. » Il leur a assuré que le gouvernement fera tout pour les soutenir dans leurs négociations avec les Américains.

Sur les accusations de brutalités policières, il a soufflé le chaud et le froid : d?une part, il ne tolérera aucun autre cas d?agression de la part de policiers trop zélés, de l?autre, il a dit sa satisfaction du travail de la police dans son ensemble. Une habile déclaration, où chacun y trouve son compte.

L?exercice de communication de Paul Bérenger a aussi touché les dossiers qui peuvent paraître « dormant », tels que le métro léger et la réforme des pensions de retraite. « Nu pé travaille sa banne dossiers. Nu pé faire coustiques pou d?autres projets tels ki achats hélicoptères. Li difficile parse ki déficit budgétaire bien serré. »

Avec son sourire, son calme, Paul Bérenger a pris 75 minutes hier pour renouer avec la communication, essentielle aujourd?hui pour éteindre certains foyers de mécontentement allumés ça et là et pour corriger certaines perceptions, relatives surtout à son Primeministership.

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