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Bérenger déplore le «manque de lucidité» de Sithanen

13 octobre 2008, 00:00

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Dire que «le pays n?a rien à craindre» est une «sous-estimation dangereuse». C?est ce que fait valoir Paul Bérenger, le leader de l?opposition, qui critique par là le ministre des Finances, Rama Sithanen. Il a longuement commenté la question lors de sa conférence de presse, samedi. Et a estimé que le ministre Sithanen a «mal appréhendé» l?impact de la crise financière économique internationale sur Maurice.

Paul Bérenger fait remarquer que lui et son porte-parole économique, Vishnu Lutchmeenaraidoo, ont «malheureusement raison sur toute la ligne». Même si, dit-il, certains «commentateurs indépendants» leur ont reproché leur pessimisme.

Dans la même lignée, Vishnu Lutchmeenaraidoo a maintenu, samedi, que le «pire reste à venir». Une appréhension partagée par les autorités en Inde également. Le ministre des Finances de ce pays, rappelle-t-il, a préféré ne pas participer à la réunion du G-20, où il devait être un des principaux intervenants. Pour Paul Bérenger, «c?est la plus grande crise financière après la grande récession de 1929».

Le leader du MMM, Paul Bérenger, met en avant les arguments du secteur privé, répercutés par le Joint Economic Council (JEC). Cette instance a fait ressortir que la crise financière a déjà des répercussions sur le tourisme, le textile, l?investissement direct de l?étranger et la bourse de Port-Louis. L?impact sur les petites et moyennes entreprises sera encore plus désastreux, prévient-il.

Ce dernier constate qu?un des indicateurs importants qui démontre la santé de l?économie, le compte courant ? et non la balance des paiements ? est en baisse depuis trois mois et a même atteint un niveau déficitaire.

De plus, Paul Bérenger, note que pour la première fois, les institutions bancaires des Etats-Unis, d?Europe et de Chine ont coordonné leurs démarches pour baisser les taux d?intérêts. Face à cela, il dénonce les «tiraillements» entre le gouverneur de la Banque centrale, Rundheersingh Bheenick et le ministère des Finances. Sans compter que le gouverneur, dit-il, s?est mis à dos le Monetary Policy Committee car il insistait pour une augmentation du taux d?intérêt. Ce qui amène le leader mauve à trouver que le gouverneur de la Banque de Maurice est «out of this world».

En Inde, les autorités ont baissé en deux fois le cash reserve ratio pour faire face à la récession. Il y a deux mois, à Maurice, la banque centrale, a augmenté le cash reserve ratio de 4 % à 6 %.

De plus, le leader de l?opposition s?inquiète de la baisse des réserves en devises étrangères. Si elles couvraient 36 semaines d?importation en juin, soit Rs 88 milliards, elles ont connu une baisse - 34 semaines ?, soit Rs 84 milliards en juin. En juillet, ces réserves ont encore baissé, souligne Paul Bérenger ; elles sont passées à Rs 81 milliards, soit pour 33 semaines.

Ces différentes situations poussent Paul Bérenger à déclarer que «pe badinn ar dife». Il dit aussi chercher une assurance des autorités, ayant été informé que «l?argent sacré des retraités, le NPF, est utilisé pour soutenir la Bourse de Port-Louis. Apportez un démenti pour assurer au public que cela est faux. Et si c?est vrai, il faut qu?ils donnent des détails».

CONSOMMATION

<B>Le leader du MMM dénonce la confusion sur le lait chinois</B>

■ Paul Bérenger a qualifié les ministres Jeetah et Tang de deux «dangereux amateurs». Les premières informations sur la contamination du lait «Happy Cow» avaient fait comprendre que ce lait était vendu à Maurice. Or, note Paul Bérenger, ce lait n?est pas importé depuis dix ans. Une autre confusion porte sur les saisies de lait «Four Cow» alors que les résultats d?analyse sur ce lait ne sont pas encore connus.

Le leader mauve trouve aussi inacceptable qu?alors que l?Organisation mondiale du commerce a émis une liste de produits testés positifs de mélamine, certains de ces produits sont encore en vente.

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